Assainissements : le gouvernement veut toujours aller plus loin

La ‘‘réforme’’ des pensions a vite été soutenue par le parlement en décembre. Si ces mesures ne sont pas annulées, les vieux travailleurs finiront épuisés pendant que les jeunes n’auront pas de boulot. Les travailleurs sont beaucoup plus productifs, travaillent plus intensément et de manière plus ‘‘flexible’’ qu’il y a 30 ans. Mais le gouvernement veut toujours nous faire travailler plus longtemps ! Entretemps, l’économie européenne se dirige à nouveau vers une crise qui pourrait être plus grave que celle de 2008 : les instruments avec lesquels la classe dirigeante essaye de limiter les dégâts commencent à être épuisés.

Par Peter Delsing

Selon un sondage interne de la FEB (organisation patronale), 70% des secteurs économiques dans notre pays s’attendent à une détérioration de leur rentabilité au cours des six prochains mois. Le pessimisme est aussi un élément dominant lors des investissements et des ventes d’entreprises. L’économie Belge est donc depuis fin 2011 en récession ou en scénario de contraction. Les pertes d’emplois suivent toujours quelques mois plus tard. Sans investissements, le nombre d’offres d’emploi va également tomber.

La crise dans la zone euro peut aggraver la situation sur le court terme. Une crise profonde peut mener à une nouvelle série ‘‘d’aides aux banques’’, ce qui risque d’être possible dans une telle crise – avec une pression sur les dettes des Etats. Ces dettes sont pour l’instant à 97,2% du PIB (fin 2011, chiffre de la Banque Nationale) mais, avec de nouvelles opérations ‘‘sauver les banques’’, les dettes seront de nouveau bien au-dessus de 100%. Vu les diktats des ‘‘marchés’’, cela impliquerait des taux d’intérêts plus élevés sur les obligations d’Etat.

Les médias essaient de présenter les jeunes comme étant opposés aux grèves ; ils tentent même de présenter les jeunes et les travailleurs plus âgés comme engagés dans un ‘‘un conflit entre générations’’. Les jeunes doivent prendre conscience des conséquences d’une nouvelle crise dont ils seront les premières victimes, même si, pendant ce temps, les médias traditionnels essaient de nouveau de les opposer à la génération baby-boom ‘‘privilégiée’’, ou aux syndicats. Un jeune qui prolonge ses études de quelques années ‘‘à cause de la crise’’ ou qui a besoin de quelques années en plus pour trouver l’étude appropriée, ou – pourquoi pas ? – qui prend une année sabbatique pour aller ‘‘découvrir le monde’’, devra travailler 40 ans au lieu de 35 dans le secteur privé.

Ce ne sont pas seulement les années de travail qui comptent, mais aussi les périodes de chômage. Les jeunes qui commencent à bosser à 25 ans ne pourront arrêter de travailler avant 65 ans. Vu le niveau d’éducation plus élevé et le marché du travail peu attractif, de nombreux jeunes seront confrontés à une telle situation. Du moins si on laisse faire ce gouvernement de droite…

Selon une étude commandée par la Commission Européenne, les travailleurs belges pensent qu’ils travailleront jusqu’à 58,1 ans (ouvriers) et 60 ans (employés). Avec les nouvelles mesures, le gouvernement ne veut plus comptabiliser certains périodes de chômage, prépension, crédit-temps,… des 40 ans de carrière nécessaires pour une pension complète. D’après la FGTB, une carrière dure en moyenne 42 ans pour les hommes et 31 pour les femmes, dont environ 1/3 de ‘‘périodes assimilées’’ (chômage, congé parental, crédit- temps). Nous allons travailler plus longtemps pour une petite pension, et les femmes seront particulièrement touchées alors qu’il y a déjà 20% des pensionnées qui vivent dans la pauvreté en Belgique !

Pour nous : prix plus élevés, chasse aux chômeurs,… Pour les super-riches et les banquiers : cadeaux !

Pour une famille de quatre personnes, les prix de l’électricité et du gaz ont augmenté de 12% et 20% en 2011. Le gouvernement prévoit d’augmenter les droits d’accises sur les spiritueux, la bière et le tabac ; l’impôt sera augmenté sur la télévision numérique et le prix des billets de train, tram et bus seront plus chers à partir du premier février; les transports en commun continueront à être peu attrayant car ils recevront encore moins d’argent public ; les services bancontact et accès aux comptes en banque sur internet seront facturés par les banques, les mesures d’économie d’énergie seront beaucoup plus coûteuses. Alors qu’arrive cette nouvelle période de hausse générale des prix, certains patrons osent encore proposer d’attaquer l’indexation automatique des salaires !

Un gouvernement qui défend les intérêts des travailleurs, des jeunes et des pensionnés mettrait les entreprises énergétiques aux mains du public au lieu de les laisser faire des grands profits. Idem pour les banques qui font leurs profits sur base de notre argent, avec des frais fictifs et des prêts coûteux – après avoir été sauvées avec notre argent ! Ces secteurs doivent être mis sous contrôle de la communauté, des travailleurs et des comités de consommateurs démocratiquement élus.

Le gouvernement Di Rupo a terminé l’année 2011 avec un déficit budgétaire de 4% du PIB. Il veut réduire ce déficit à 2,8% en 2012 avec des assainissements supplémentaires. Les gouvernements flamand, wallon et bruxellois mais aussi les communes se voient obligés d’augmenter les assainissements.

En Grèce, au Portugal, en Irlande,… nous avons vu qu’une politique d’austérité n’est pas une solution. Cette politique sape la croissance et mine les revenus. Le gouvernement veut plus de contrôleurs contre la fraude fiscale et sociale, mais entretemps les cadeaux des milliards d’euros pour les grandes entreprises ne sont pas remis en question. Avec les réductions des impôts et la déduction des intérêts notionnels, ces cadeaux sont de vrais transferts d’argent des pauvres aux riches. Les victimes de la crise – les jeunes qui doivent attendre plus longtemps pour une allocation, les chômeurs qui perdent rapidement une quantité importante de leur allocation – doivent payer de nouveau. Et, ce, alors que la richesse dans ce pays a encore plus que doublé au cours des 30 dernières années… L’austérité n’est pa s temporaire, la crise est structurelle.

Battons-nous pour un gouvernement ouvrier !

Les politiciens bourgeois réduisent leur salaire brut de 5%. Avec leur salaire – encore très généreux – et alors que beaucoup d’entres eux ont encore d’autres revenus (des conseils d’administration qu’ils fréquentent par exemple), ils essaient de donner la fausse impression que ‘‘tout le monde’’ doit assainir ‘‘un peu’’. Il s’agit quand même du paquet d’austérité le plus important depuis des décennies, et ce n’est qu’un début. L’année prochaine (ou même plus tôt) le gouvernement alourdira de nouveau les mesures d’austérité.

Les patrons et le gouvernement attaquent tout le monde, mais pas forcément en même temps. Ils commencent avec les plus vieux, les jeunes, les chômeurs,… mais les autres suivront lorsqu’on passera aux attaques sur les salaires. Cette spirale négative, nous la subissons depuis déjà 30 ans. La grève et la lutte de masse peuvent et doivent empêcher qu’elle ne continue ! Pour cela, nous devons mener des actions correctement organisées, apporter une réponse politique avec un nouveau parti de masse pour les travailleurs et les jeunes, et un programme socialiste qui nous permette de réaliser un vrai changement. TEXT

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