Plus de la moitié de l’humanité est en confinement suite à la pandémie actuelle, qui fait suite à des épidémies de moindre importance mais néanmoins mortelles telles que le virus Zika en Amérique latine (2016), Ebola en Afrique de l’Ouest en 2013, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers) depuis 2012 ou encore le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) en 2002-2003. Aujourd’hui, le monde entier se pose cette angoissante question : faut-il nous préparer à de nouvelles pandémies ?

‘‘Le risque de pandémie mondiale s’accroît de plus en plus et le monde n’est pas prêt’’, prévenait l’Organisation Mondiale de la Santé en septembre 2019. L’OMS se basait sur l’expérience de la ‘‘grippe espagnole’’ de 1918 et affirmait que les éléments nécessaires à l’apparition d’une pandémie mondiale étaient réunis :

  • une souche virale extrêmement contagieuse, variable et virulente;
  • des déplacements de masse dans le monde entier de la même manière qu’à la suite de la première guerre mondiale ;
  • un contexte hygiénique, nutritionnel et médical médiocre favorisant la mort par complications induites par l’infection.

Mais à l’image des rapports de scientifiques sur le climat, cette étude et ses conclusions pratiques (notamment des investissements massifs dans les soins de santé) ont été ignorés.

Un risque en constante augmentation

Le Covid-19 est une maladie ‘‘zoonose’’, transmise de l’animal à l’humain. C’est le cas de la tuberculose, de la rage, de la toxoplasmose, du paludisme,… Selon le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), 60 % des maladies infectieuses humaines ont cette origine. Mais ce chiffre grimpe à 75 % pour les maladies ‘‘émergentes’’ : Ebola, VIH, grippes aviaires, SRAS, Zika,… Cela s’explique notamment par la destruction de la biodiversité et des écosystèmes, comme le faisait remarquer le PNUE en 2016. C’est tout particulièrement le cas dans les zones tropicales détruites pour faire place à des monocultures intensives industrielles ou à de l’élevage industriel intensif. A cela, il faut ajouter la fonte du Permafrost en raison du changement climatique, qui pose la question inquiétante de la réactivation de virus et bactéries fossiles actuellement prisonniers dans le sous-sol gelé.

Tout porte donc à croire que la fréquence de l’émergence de nouveaux agents infectieux va augmenter, avec le risque de pandémies récurrentes. D’autre part, la pollution atmosphérique est un facteur aggravant pour les pathologies respiratoires. La propagation du Covid-19 aurait ainsi été grandement favorisée par la pollution de l’air et plus précisément par certaines particules fines très présentes dans les zones polluées de Wuhan, mais également au nord de l’Italie.

Le constat qui s’impose est que pour faire face à ces dangers, nous devons totalement revoir le fonctionnement de nos soins de santé, de la recherche scientifique, de la coopération internationale et plus fondamentalement de notre mode de production économique. Cela exige de renverser le système capitaliste.