Photo : La Santé en Lutte

Au déconfinement : grande manifestation de la santé !

Le désastre sanitaire actuel n’est pas tombé du ciel. En 2017 le secteur des soins de santé a subi des coupes budgétaires de 900 millions d’euros et de 7 millions d’euros dans les maisons médicales. En même temps la sécurité sociale perdait 5,8 milliards par an en raison des cadeaux fiscaux. Chacun peut constater que l’austérité tue.

Par Luna (Bruxelles)

Les coupes budgétaires dans les soins de santé ont signifié la perte de 200 à 250 équivalents temps plein rien qu’à Bruxelles ! Les bas salaires, les horaires décalés et une intense pression au travail sont devenus la norme dans les soins de santé. Déjà avant la pandémie, le métier était très peu attractif en raison de la pénurie dans tous les domaines. De plus, le nombre de cadres intermédiaires a augmenté ces dernières années alors que celui du personnel soignant a diminué. Le taux de patients par infirmière est de 9,4 alors qu’il devrait être de 8. En temps ‘‘normal’’, on travaillait déjà de plus en plus à la chaîne.

L’arrivée du Covid-19 n’a fait que révéler la faiblesse du système de soins et aggraver des conditions de travail déjà très dures. La pénurie de matériel de protection essentiel et le manque de tests met en danger les professionnels, leurs proches et le reste des patients. Pour l’instant, environ 4% du personnel est officiellement infecté, mais la réalité est bien plus dramatique.

Le gouvernement a tardivement pris des mesures insuffisantes et qui ne protègent pas les travailleurs mais les intérêts du capital. Les directions des hôpitaux ont fait de même en annulant les réunions des Conseils d’entreprises et des Comités pour la Prévention et la protection au travail (CPPT), en mettant des centaines de professionnels au chômage technique alors que ceux qui travaillent font parfois des journées de 12 heures ! L’idée d’obliger les gens à travailler même en étant malade et la possibilité de restériliser les masques sont sur la table. On parle des professionnels de la santé comme de ‘‘héros’’, mais ils ont été déconsidérés pendant des années et ils souffrent du manque de moyens même en pleine crise ! Voilà ce qui se passe quand les soins de santé deviennent une marchandise!

Dans les situations de crise, on fait toujours appel à la solidarité, mais cette solidarité vient toujours d’en bas et pas d’en haut. Quand la crise du coronavirus sera finie, on sera toujours dans la crise du capitalisme, une crise encore plus profonde. Ça n’échappe à personne : ils vont essayer de nous faire payer la note encore une fois et il y aura de grosses économies budgétaires.

Tous les droits que nous avons ont été arrachés par la lutte. En ce moment, c’est difficile de mener des actions dans les soins de santé. Mais nous devons penser sur le long terme et commencer à organiser la riposte face aux coupes budgétaires à venir et la lutte pour arracher un refinancement public massif de la santé. C’est pour cela que le groupe d’action militant La Santé en Lutte appelle déjà à l’organisation d’une grande manifestation quand la situation sanitaire le permettra. Le potentiel est présent pour que cette manifestation soit un rassemblement de masse !

Parmi les patrons et leur personnel politique, on entendra que ce n’est pas le moment de revendiquer, mais de se serrer la ceinture. On nous dira qu’il faut attendre que la crise économique et sanitaire soit passée. Mais nous savons très bien que quand tout va bien économiquement, les profits ne sont jamais redistribués aux travailleurs, sauf si l’on se bat pour ça. Nous devrons nous organiser, par des assemblées générales sur les lieux de travail dès que ce sera possible, et passer à l’offensive pour défendre un programme clair, qui défende les soins de santé comme un bien de la collectivité et pas comme une marchandise dans des mains privées. Ce changement ne sera jamais possible sous le capitalisme. Un changement de système s’impose, pour une société socialiste démocratique !

Plus d’infos :
Facebook ‘‘La Santé en lutte’’
• Facebook ‘‘Grande manifestation de la santé’’ Pour des raisons évidentes, le jour et l’heure de cette manifestation ne sont pas encore connus.