« Le cliché le plus trompeur sur le coronavirus est qu’il nous affecte tous de la même manière. Ce n’est pas le cas, ni médicalement, ni économiquement, ni socialement, ni psychologiquement. Le Covid-19 renforce partout les inégalités préexistantes. Cela provoquera bientôt des troubles sociaux, allant jusqu’à des soulèvements et des révolutions ».

Non, cette citation ne provient pas de la rédaction de Lutte Socialiste et de socialisme.be. Elle provient d’un article rédigé par un rédacteur du site d’information financière Bloomberg. Son auteur, Andreas Kluth, affirme que l’effet immédiat de la crise sanitaire est que la plupart des formes de troubles sociaux disparaissent sous la surface, mais que la colère demeure bel et bien et qu’elle va éclater, prévient-il à destination des capitalistes.

La crise sanitaire s’accompagne d’un effondrement économique. La Banque nationale et le Bureau du Plan estiment que le PIB belge diminuera de 8% en 2020. La banque KBC avait précédemment prédit une baisse de 9,8 % et dans un scénario plus pessimiste, où le virus n’est pas sous contrôle, il était même question d’une baisse de 13,2 %. En comparaison, la récession mondiale de 2008 n’avait entraîné qu’une baisse de 2 % du PIB en 2009.

Un recul de 8% ne peut être comparé qu’à la Grande Dépression. En Belgique, l’activité économique a chuté de 9,5 % entre 1931 et 1934. Les conséquences ont été immenses : chômage, faim, mais aussi révolte des travailleurs, notamment des mineurs, pour ne pas subir les conséquences de la crise. Si les conséquences sociales ne sont pas pour l’instant pires en Belgique, c’est uniquement grâce à la sécurité sociale. Le mouvement ouvrier s’est battu avec acharnement pour l’obtenir, notamment suite à l’expérience de la Grande Dépression. De là sont nées les allocations de chômage, l’assurance maladie et les mesures de sécurité sur le lieu de travail.

Avec une protection sociale plus limitée, les conséquences sont carrément dramatiques. Au cours des trois premières semaines de la crise, 17 millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées au chômage aux États-Unis. Ce nombre pourrait atteindre 50 millions. Aux États-Unis, perdre son emploi signifie aussi de perdre son assurance maladie. L’inaccessibilité des soins et les problèmes financiers menacent de provoquer non seulement une catastrophe médicale, mais aussi une catastrophe sociale. Dans le monde néocolonial, la situation est encore pire. La « distanciation sociale » est généralement le privilège des plus riches. Les masses ne sont pas seulement à la merci du virus, mais se retrouvent aussi dans une misère encore plus profonde. A travers le monde, 2,7 milliards de travailleurs ont été touchés par les mesures de confinement.

Les économistes osent parler d’une nouvelle croissance rapide après une forte récession. La Banque nationale et le Bureau du plan espèrent une croissance de 8,6% en 2021. Les économistes avertissent toutefois qu’il s’agit d’un scénario optimiste et que le problème de la dette publique va s’aggraver. De plus, la banque JP Morgan part du principe que même avec une reprise de la croissance, les chiffres du chômage à la fin de 2021 seront beaucoup plus élevés qu’avant le début de la récession. L’Organisation internationale du travail a averti que jusqu’à 195 millions d’emplois pourraient disparaître dans le monde et que le revenu de 1,25 milliard de personnes pourrait chuter de manière dramatique en raison de cette crise.

Le capitalisme mène non seulement à la crise sanitaire, mais aussi à une crise économique douloureuse. Et les patrons voudront nous en faire payer le prix. Nous n’aurons pas d’autre choix que de nous organiser et de lutter pour une alternative socialiste au capitalisme.

‘‘La crise du coronavirus renforce toutes les contradictions et les faiblesses du capitalisme.’’

Le 12 avril, Alternative Socialiste Internationale (ASI) a organisé une réunion en ligne intitulée : ‘‘Une nouvelle grande dépression ? A cette occasion, Eric Byl, Per-Ake Westerlund et Claire Laker-Mansfield ont répondu à diverses questions sur la crise. Voici un résumé de ce débat.

Le ralentissement économique est lié au fait que de nombreuses personnes ne peuvent pas travailler en raison du confinement, mais leur emploi est maintenu. Cela signifie-t-il qu’une fois le virus sous contrôle, l’économie se redressera ?

Eric : ‘‘Le lourd tribut de cette crise sur de nombreuses vies signifie que la question de la reprise économique n’est malheureusement plus pertinente pour beaucoup. La crise du coronavirus est causée par le capitalisme, qui est incapable d’organiser la société d’une manière socialement et écologiquement harmonieuse. Sous le capitalisme, les préoccupations relatives aux exigences sociales, à l’environnement ou à la protection au travail sont balayées au bénéfice de la cupidité. Les conséquences de la crise du coronavirus n’auraient pas été aussi dévastatrices si le budget du secteur des soins n’avait pas été réduit, si des stocks avaient été prévus et si les avertissements n’avaient pas été ignorés.

‘‘Le rapide ralentissement économique que nous connaissons aujourd’hui portera à jamais le nom du Covid-19. Pour la classe dirigeante, le virus sera le méchant : l’imprévisible catastrophe naturelle. En réalité, tous les éléments d’une nouvelle récession étaient en place depuis la précédente récession de 2008. Le tournant décisif avait alors été la faillite de Lehman Brothers, provoquée par les subprimes. Le coronavirus d’aujourd’hui représente ce qu’était Lehman Brothers pour la précédente récession.

‘‘Après 2008, la croissance a été systématiquement plus faible qu’auparavant. La croissance de la productivité a continué de diminuer. Des bulles spéculatives ont remplacé les bulles qui avaient éclaté. Malgré les faibles taux d’intérêt et l’injection massive de capitaux ans l’économie, il n’y a pas eu de véritable croissance des investissements productifs. Les salaires sont restés bas, les prix des logements élevés et ce que payent les travailleurs pour l’enseignement ou la santé a continué d’augmenter. Les bénéfices de la reprise limitée sont massivement allés dans les poches de l’élite capitaliste. L’injection massive de capitaux dans l’économie est allée en grande partie vers la spéculation plutôt que vers l’investissement productif.

‘‘En fait, la politique des pays capitalistes développés a été de retarder la crise en injectant de plus en plus d’argent dans l’économie. Cela a conduit à un niveau record de dette publique. Cela aurait pu en soi déclencher une nouvelle récession, plus importante. La lutte pour les profits a accru les tensions au sein des blocs commerciaux et entre ceux-ci. Cela a entraîné des mesures protectionnistes, un nationalisme politique croissant et un renversement partiel de la mondialisation. Tout cela constitue la base de la crise actuelle. Le coronavirus et le confinement ont joué un rôle important en tant que déclencheur, mais même sans cette pandémie, d’autres causes auraient conduit à la crise.’’

Claire : ‘‘Le coronavirus a exposé et renforcé toutes les contradictions et les faiblesses existantes du capitalisme. C’est important de garder en tête dans le débat sur la nature de la récession. Certains économistes espèrent qu’après un effondrement brutal et rapide, il y aura une croissance solide une fois levées les mesures de confinement. Cependant, la plupart des économistes capitalistes sérieux commencent à remettre en question ce scénario optimiste d’une crise en forme de ‘‘V’’. Ils se rendent compte qu’il s’agit de la crise bien la plus grave de leur système. Des processus économiques déjà à l’œuvre, comme la démondialisation, sont accélérés par cette crise.

‘‘Peu à peu, les optimistes parmi les économistes se dirigent vers un modèle en ‘‘U’’ : une crise qui exigera un certain temps pour que les effets de la récession soient conjurés. L’économiste Nouriel Roubini, en revanche, qui avait prédit la récession de 2008, parle d’une crise en forme de ‘‘I’’ : un déclin sans fin, une ligne verticale qui représente l’effondrement abyssal des marchés financiers et de l’économie réelle. De plus en plus, la seule comparaison historique possible est celle de la Grande Dépression au début des années 1930.’’

Per-Ake : ‘‘Bien entendu, nous ne savons pas combien de temps durera le confinement. Les tentatives désespérées pour relancer l’économie portent le risque d’une nouvelle vague rapide d’infections. Même avec une relance rapide de l’activité, tout commencera à un niveau inférieur. Les exportations chinoises ont chuté de 20 % en janvier et février et elles continuent à baisser. La diminution des importations est encore plus importante. Il n’est pas surprenant que le magazine The Economist écrive que la sortie du confinement sera très difficile avec des consommateurs incertains, de nouvelles réglementations sanitaires et peut-être une vague de fusions et d’acquisitions après les faillites.

‘‘Même avant la pandémie, le nationalisme connaissait un essor. Trump, Bolsonaro, Orban,… Cette tendance s’est maintenant intensifiée : en Europe, presque tous les États membres disent que leur pays passe en premier et qu’il n’est pas question de solidarité entre eux. Des frontières ouvertes depuis des décennies se ferment. Une des grandes contradictions du capitalisme est que les capitalistes eux-mêmes sont attachés à leurs pays, alors que la production est devenue de plus en plus internationale. Cependant, les mesures protectionnistes et nationalistes n’offriront pas d’issue : lors de la grande dépression des années 1930, elles n’ont fait qu’aggraver la crise.

‘‘Les tensions géopolitiques mondiales, en particulier entre la Chine et les États-Unis, représentent un facteur de complication pour l’économie mondiale et rendent le cours de la crise imprévisible. Une nouvelle croissance rapide est très peu probable en raison de tous ces éléments.’’

Cette crise peut-elle être comparée à celle de 2008 ? La crise est-elle due à une demande insuffisante?

Claire : ‘‘Il y a autant des problèmes d’offre, en raison de la fermeture d’usines et d’ateliers, que des problèmes de demande, en raison du confinement et des conséquences directes de l’augmentation du chômage ou des réductions de salaires. Toutefois, les facteurs sous-jacents sont les mêmes qu’en 2008. Les contradictions qui ont conduit à la récession de 2008 n’ont jamais été résolues et n’en ressortent aujourd’hui que plus fortes. La reprise économique après 2008 reposait sur des taux d’intérêt historiquement bas et l’accès à l’argent bon marché. Cependant, les investissements productifs ne se sont pas matérialisés et la croissance de la productivité a continué à stagner. Cela a conduit à de nouvelles bulles spéculatives, y compris sur la dette. La nouvelle récession frappe une économie déjà affaiblie. En outre, une réponse plus globalement coordonnée, comme ce fut le cas après 2008, est beaucoup plus difficile.

‘‘Aujourd’hui, les familles des travailleurs subissent déjà la crise avec des salaires plus bas, des pertes d’emplois et une vie confinée dans cette crise sanitaire. Après 2008, nous avons connu une vague d’austérité. Mais les capitalistes vont maintenant réfléchir à deux fois avant de faire la même chose. En 2019, une vague de soulèvements de masse a déjà eu lieu. De nouvelles économies, en particulier sur les soins et la protection sociale, pourraient conduire à des troubles sociaux et même à une insurrection.’’

Per-Ake : ‘‘Une des causes de la crise capitaliste est la surproduction : les capitalistes ne peuvent pas vendre tout ce qui est produit. Les travailleurs et les pauvres n’ont souvent pas les moyens de s’offrir les biens les plus élémentaires, même dans les pays capitalistes développés. Dans sa brochure de 1939 intitulée ‘‘Le marxisme et notre époque’’, Trotsky fait référence à Marx: ‘‘Accumulation de la richesse à un pôle, signifie donc en même temps accumulation de misère, de souffrance, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité, de dégradation mentale au pôle opposé, c’est-à-dire du côté de la classe dont le produit prend la forme de capital.’’ Pour les capitalistes, peu importe ce qu’ils produisent : ils veulent de la valeur ajoutée, ils veulent du profit.

‘‘Les salaires n’ont pas vraiment augmenté ces dernières années, ils ont plutôt stagné. La part des salaires dans l’économie a diminué. Cette situation a été compensée par le crédit et la dette. La consommation joue un rôle important dans le PIB. Aux États-Unis, elle représente 68 % du PIB. Actuellement, 1,25 milliard de travailleurs dans le monde perdent leur salaire ou une partie importante de celui-ci, et nous ne savons pas pour combien de temps cela va durer. Ils auront un accès plus difficile au crédit. Même si les gouvernements adoptent l’argent dit ‘‘hélicoptère’’ (de l’argent donné directement aux consommateurs), cela ne compensera pas les pertes. La demande va diminuer et, par conséquent, les investissements aussi. The Economist prédit qu’il y aura jusqu’à 50 % de demande en moins dans certains secteurs, le seul moteur pour stimuler la demande dans les deux prochaines années étant le gouvernement.

‘‘En ce qui concerne l’approvisionnement, il y a aussi un problème. Par exemple, la production de voitures est en grande partie paralysée. De nombreuses entreprises voient des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement et n’ont pas de plan B. Les prix des denrées alimentaires peuvent augmenter fortement. Le cynisme du capitalisme est que des entreprises qui fabriquent des armes et des produits de luxe qui ne sont pas fermées alors qu’en même temps il y a une grande pénurie de matériel médical. Le capitalisme montre ainsi sa véritable nature et cela aura un effet sur la conscience des masses.

‘‘Les socialistes y répondent par leur programme pour axer l’économie sur les besoins de la majorité de la population, y compris le respect de l’environnement. Au lieu de simplement rouvrir des usines polluantes, il faut un contrôle démocratique pour réorganiser la production de façon planifiée au niveau national et international.’’

Éric : ‘‘Les marxistes ne se sont jamais fait d’illusions sur un ‘‘capitalisme malin’’ qui trouve un moyen de surmonter les crises récurrentes. Après tout, le capitalisme comporte des contradictions : la production est socialisée, mais l’appropriation des profits reste individuelle. Les travailleurs font partie d’une chaîne de production collective avec une division du travail, mais sans avoir leur mot à dire sur ce qui est produit et comment on le produit, et encore moins sur ce qu’il advient des bénéfices. De plus, la division du travail est internationale, alors que les capitalistes sont dépendants des États nationaux. Cela crée des tensions non seulement avec la classe ouvrière, mais aussi avec les classes capitalistes des pays concurrents.

‘‘Les capitalistes tirent profit du travail non rémunéré des travailleurs. Cela conduit à une lutte des classes pour les salaires contre les profits et crée une tendance à la surproduction. Le plus grand problème du capitalisme aujourd’hui est le développement de la science et de la technologie. Une concurrence féroce exige que la recherche et le développement donnent des résultats de plus en plus rapides. Cela nuit à la productivité et limite l’accès aux connaissances sous forme de brevets. Aujourd’hui, les entreprises versent en moyenne 70% de leurs bénéfices en dividendes au lieu de les investir dans la production. Heureusement, les progrès scientifiques et technologiques existent, mais ils ne contribuent guère à l’augmentation de la productivité, car ils sont entravés par la propriété privée des moyens de production. Marx a déclaré un jour que tout système de production peut continuer à exister tant qu’il est capable de développer les forces productives, mais que sinon le moteur de l’histoire, en particulier la lutte des classes, fera son travail.’’

Divers gouvernements interviennent dans cette crise avec des mesures qui étaient auparavant impensables. Par exemple, on envisage d’augmenter les allocations de maladie, d’augmenter les allocations de chômage et même de nationaliser un certain nombre d’entreprises. Cette crise signifie-t-elle la fin du néolibéralisme, qui signifie la course aux privatisations et à l’abolition des mesures de protection collective ?

Claire : ‘‘Bien que pendant des années, on nous a dit que seul la libre concurrence fonctionnait et que les services publics devaient répondre la logique du marché pour être efficaces, même les grands partisans de la loi du marché doivent maintenant reconnaître que le secteur privé n’est pas capable de répondre aux besoins de la population. Partout, on se tourne vers les gouvernements pour qu’ils interviennent activement. L’objectif est d’éviter un effondrement économique et des troubles sociaux plus graves. Ces mesures ne sont pas prises dans l’intérêt des travailleurs et de leur famille, mais pour sauver les meubles capitalistes. Si la priorité devait vraiment être les besoins de la population, les entreprises pharmaceutiques, par exemple, seraient nationalisées. Cela permettrait une coopération dans le développement et la production de vaccins. Toutefois, ces entreprises ne seront pas nationalisées, car elles réalisent d’importants bénéfices avec cette crise.’’

Per-Ake : ‘‘Un certain nombre de mesures ou de discussions rappellent la façon dont Roosevelt a réagi à la Grande Dépression aux États-Unis avec son New Deal d’investissements dans les infrastructures et l’emploi. Ce programme a été rejeté comme ‘‘socialiste’’ à l’époque, mais Roosevelt lui-même a fait remarquer qu’il proposait ces mesures pour sauver le capitalisme. Le New Deal a provoqué une forte augmentation de la dette publique américaine et n’a pas mis fin aux contradictions qui avaient conduit à la Grande Dépression.

‘‘Avec cette crise, les citoyens doivent passer à des mesures qui étaient auparavant impossibles ou impensables : payer plus cher les personnes malades ou au chômage, augmenter le budget des soins de santé, nationaliser les entreprises. Lors de la crise de 2008-2009, des mesures similaires avaient déjà été adoptées, entre autres pour sauver les banques. De nouvelles privatisations et une sévère politique d’austérité ont suivi. Si certaines parties du néolibéralisme sont abandonnées, nous devons bien sûr en prendre note. Elle montre clairement que le changement est possible. Les luttes de masse menées à partir de la base peuvent faire hésiter la classe capitaliste à imposer de nouvelles mesures d’austérité.

‘‘Dans ce contexte, des revendications telles que la nationalisation ou l’augmentation des allocations sociales ne sont pas suffisantes. Nous ne voulons pas que les entreprises déficitaires soient nationalisées et pour ensuite en rendre les parties rentables au secteur privé. Le mouvement ouvrier et les jeunes doivent se mobiliser et se battre pour le contrôle démocratique, la planification démocratique et l’abolition de tout le système capitaliste.’’

Éric : ‘‘Les mesures d’incitation sont proposées pour aider les familles et les petites entreprises. Mais seuls 11 % de l’énorme plan de relance américain vont directement aux familles. Dans le même temps, une bombe à retardement fiscale fait tic-tac aux États-Unis : les collectivités locales vont chercher des économies ailleurs en raison de la perte de recettes fiscales et de dépenses résultant du plan de relance, et éventuellement procéder à des licenciements. Il y a encore des bombes à retardement dans la situation actuelle : on estime que le marché du logement aux États-Unis va chuter de 35 % cette année. Il y a un risque d’une série de faillites et d’un effondrement financier.’’

‘‘Les néo-keynésiens prônent aujourd’hui la ‘‘théorie monétaire moderne’’ : encore plus d’argent créé par les banques centrales. Ils pensent qu’ils sont en train de gagner la bataille. L’offre mondiale dépasse actuellement la demande, ce qui maintiendra l’inflation et les taux d’intérêt à un faible niveau pendant un certain temps. Mais le manque de productivité fait que les capitalistes n’investissent pas. Même si cette politique est maintenue pendant un certain temps, l’inflation des capitaux menace de se propager à l’économie réelle avec un risque d’hyperinflation. Les illusions peuvent ouvrir la voie à des régimes plus réactionnaires qui font appel au nationalisme et à la xénophobie. Le réformisme et le néo-keynésianisme ne répondent pas aux défis auxquels est confronté le mouvement syndical.

‘‘Il faut un programme socialiste audacieux en commençant par la nationalisation de secteurs clés de l’économie sous contrôle et appropriation démocratiques, afin que la planification devienne possible.’’