8 mars 2020, Bruxelles.

Ce 28 mars s’est tenue la conférence nationale de la Campagne ROSA et des Etudiants de Gauche Actifs. Nous en avons discuté à chaud, à peine une heure après la fin de l’événement, avec Emily Burns, coordinatrice nationale de la Campagne ROSA.

Ça y est, c’est fini… quel succès !

Oui ! Plus de 130 personnes ont participé à cette conférence d’un genre nouveau ! Confinement oblige, nous avons dû tester de nouveaux outils et mettre en place un tout nouveau type d’événement, avec un mélange de présentations et d’ateliers de discussions via Zoom et de vidéos préparées à l’avance.

Tout ça avec des traductions…

Soit en live, soit par sous-titres. Mais c’est effectivement un des points forts de la Campagne ROSA et d’EGA : ces initiatives permettent de réunir des personnes de tout le pays dans le partage d’expériences et la lutte.

Le programme de discussion a lui aussi été chamboulé.

Bien entendu, le coronavirus s’est invité dans les thèmes discutés. Cette crise sanitaire met à jour l’étendue de la faillite du système d’organisation de la société capitaliste. Qui devra en payer la facture ? Si nous ne nous organisons pas et n’entrons pas en résistance acharnée, ce sera à nous, aux travailleuses, aux travailleurs, à la jeunesse. Nous en avons discuté, nous avons plus particulièrement abordé le lien entre cette crise et la situation des femmes de même que le lien évident avec la crise écologique. Nous avons également laissé la parole à plusieurs syndicalistes actives dans le secteur des soins de santé.

Après cette première discussion sur le thème « La pandémie de COVID-19 fait craquer le capitalisme… Changeons de système maintenant ! », 5 commissions ont regroupé entre 20 et 35 participants pour débattre de la violence domestique, de la lutte des femmes dans le sport, de l’Europe-forteresse et des réfugiés, de la lutte contre l’extrême droite et de l’impact du coronavirus sur les femmes.

Ces ateliers, organisés chacun dans une seule langue, ont permis d’assurer une réelle implication des participantes et participants, ce qui n’était pas possible dans les meetings centraux. Nous avons clôturé l’événement par un meeting central : la place des femmes est dans la lutte !

Vous aviez également la participation d’oratrices de l’étranger ?

Certaines et certains participants avaient peut-être participé aux meetings sur la campagne de Bernie Sanders que le Parti Socialiste de Lutte (PSL) avait organisé à la fin du mois de janvier, ils et elles ont eu l’occasion de revoir notre camarade de Minneapolis Ginger Jentzn, qui nous a expliqué à quel point la gestion de la crise est calamiteuse aux Etats-Unis.

D’autre part, nous avons pu débattre avec Alexandra Alekseeva, coordinatrice de notre organisation-sœur en Russie SocFemAlt (СоцФем Альтернатива), dans l’atelier contre les violences domestiques et envers les personnes LGBTQI+, mais également Susan Wrack, féministe et journaliste sportive britannique au journal The Guardian, qui a travaillé sur l’égalité salariale dans le football. Pour nous, tisser des liens avec les luttes ailleurs dans le monde est une évidence : le capitalisme est un système international, il doit se combattre sur la même échelle ! A l’occasion de la Journée Internationale de Lutte pour les droits des femmes du 8 mars dernier avait d’ailleurs été lancé le réseau féministe socialiste international ROSA.

Des séances de rattrapage sont-elles prévues ?

Tout à fait. Tout d’abord via la chaîne youtube de la Campagne ROSA, où les différentes parties de la conférence se retrouveront. D’autre part, des groupes locaux de la campagne vont également réorganiser des groupes de discussion-vidéos pour revenir sur tout ce qui a été discuté.

Nous invitons d’ailleurs les personnes qui lisent cette interview à nous envoyer les thèmes qu’elles et ils aimeraient voir abordés dans cette discussions de groupe !

Le confinement n’a pas bloqué les activités !

Selon nous, c’est très important de considérer cette période de confinement comme un moment de préparation. La résistance des jeunes et des femmes sera cruciale, au côté de la classe des travailleurs, pour riposter contre tout ce que la classe capitaliste fera pour nous faire payer le prix de la crise économique, de la crise sanitaire et de la crise écologique.

Un dernier mot ?

La Campagne ROSA a de grandes ambitions… mais il nous faut les moyens de les réaliser ! Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux. Plusieurs personnes ont d’ailleurs rejoint la campagne durant la conférence. Mais si nous avons besoin de soutien actif, il nous faut aussi du soutien financier pour continuer à agir comme nous l’avons fait par le passé.

>> Appel aux dons : Assurons-nous que ROSA puisse jouer un rôle moteur pour l’action !