• Investissements publics massifs dans les soins de santé
• Nationalisation de l’industrie pharmaceutique
• Pour une planification démocratique de la gestion de la crise

Des centaines de milliers d’infections, des milliers de décès, un confinement. Toutes les contradictions et les faiblesses du système sont exacerbées par la crise du coronavirus. Les coupes budgétaires qui ont eu lieu dans les soins de santé et les services publics ont rendu plus difficiles les possibilités de riposter face à la crise. La mondialisation du processus de production implique des conséquences économiques mondiales, il en va de même pour le virus. Si nous laissons la gestion de la crise à la classe capitaliste et à ses partis, ce sont les travailleurs qui en payeront le prix fort.

Nous l’avons déjà constaté avec les mesures tardives prises contre la propagation du virus. Le gouvernement chinois a tenté de dissimuler la crise pendant quelques semaines cruciales. Il n’en a pas été autrement chez nous : la gravité du danger a tout d’abord été mise en doute. La raison principale était économique : le monde politique défendait les intérêts des grandes entreprises. Même là où il le confinement est complet, comme en Italie, le travail continue alors que le virus ne s’arrête évidemment pas aux portes d’une usine. En Chine, les autorités ont été beaucoup plus rapides à remettre la production sur les rails qu’à prendre des mesures contre la propagation du virus. En régime capitaliste les profits passent avant tout, y compris lorsqu’il s’agit de la santé publique.

Les années de coupes budgétaires dans le secteur des soins de santé et dans les services publics, y compris les soins aux personnes âgées, rendent plus difficile la réalisation d’un plan efficace axé sur les besoins de la population. Les images du chaos dans les services d’urgence en Italie parlent d’elles-mêmes. Le dévouement remarquable du personnel soignant témoigne de la solidarité qui caractérise la classe ouvrière. Les infirmières travaillent littéralement jusqu’à tomber de fatigue alors que le contact quotidien avec des patients infectés comporte de grands risques : de 3 à 5% du personnel soignant des hôpitaux du nord de l’Italie est lui-même infecté. Néanmoins, ce personnel soignant travaille d’arrache-pied pour faire face à la crise. Nous le constatons à chaque catastrophe : la masse de la population et des travailleurs se surpasse pour aider les autres.

Quel contraste entre cet engagement et cette solidarité du personnel et la cupidité des grandes entreprises et des capitalistes, qui n’hésitent pas à spéculer sur le prix des produits de protection (masques de protection, gel hydro-alcoolique, gants). La valeur en bourse des actions d’Orapi, l’entreprise française leader du marché européen des produits de nettoyage industriel, a augmenté de 30% lors du crash boursier du 9 mars. Les actions des grands supermarchés comme Wall Mart ont été relativement épargnées, car les spéculateurs supposent que les gens vont s’y précipiter. Au lieu d’élaborer un plan de distribution alimentaire efficace dans les régions les plus touchées, des profits spéculatifs sont accumulés sur base du chaos. Les entreprises pharmaceutiques sont en concurrence pour être les premières à développer un vaccin et toucher le jackpot. La collaboration et le partage d’informations seraient plus efficaces, mais c’est contraire à la concurrence et à la loi du marché.

La crise du coronavirus dévoile l’échec du capitalisme. Ce système est malade : le secteur de la santé se fissure, les entreprises pharmaceutiques se font concurrence, il n’y a pas de plan efficace pour faire face à la crise. La Banque nationale belge a libéré une réserve d’un milliard d’euros pour les banques du pays. Elles sont protégées contre les pertes résultant de la crise du coronavirus. Les travailleurs et le secteur des soins de santé en général ne bénéficient pas d’une telle sollicitude. Il n’est pas question d’investir des milliards dans les soins de santé. Il n’est pas non plus question de protection pour ceux qui deviennent chômeurs temporaires. Le mouvement ouvrier doit s’organiser pour que ça change : imposer une planification démocratique de la gestion de la crise, afin que ce ne soient pas les travailleurs qui paient la note de ce système malade.

Ce système capitaliste incapable de protéger notre santé doit être renversé de toute urgence. Nous avons besoin d’un remède efficace contre ce système malade. C’est pourquoi nous nous battons en faveur d’une société socialiste dans laquelle les secteurs clés seront placés entre les mains de la collectivité afin qu’une planification rationnelle et démocratique de l’économie axée sur les besoins de la majorité de la population soit possible.