Stop à la dictature des marchés!

La croissance économique belge est bloquée, complètement bloquée. Lors du troisième trimestre 2011, la croissance était nulle. Pour toute l’année – tant dans l’Union Européenne qu’en Belgique – on s’attend à une croissance quasi nulle. La poursuite de la crise économique va brutalement frapper les travailleurs, et nombre d’entre eux ne sont pas près d’oublier la période difficile de 2008-2009, ses nombreuses pertes d’emplois et son chômage économique massif (et la perte de revenus qui y est associée, seulement ressentie un an plus tard).

Par Simon (Liège), article tiré de l’édition de décembre-janvier de Lutte Socialiste

L’année dernière, nous avons connu une diminution du chômage et sommes passés de 8,7% à 6,6% au deuxième trimestre de 2011. Mais depuis lors, il est à nouveau question d’une augmentation, le taux de chômage étant toujours en retard sur une croissance ou une contraction de l’économie. A Bruxelles, en septembre, il y avait 108.629 chômeurs, dont 15.000 avec un diplôme du supérieur. Selon Actiris, 3.000 postes étaient vacants, dont 1.300 demandant d’avoir effectué des études supérieures. Les 93.000 autres demandeurs d’emploi avaient donc à se disputer les 17.000 offres d’emplois restant… Ce n’est pas sans rappeler la situation espagnole où, début novembre, 36.275 candidats se sont présentés pour pourvoir aux 153 places disponibles à la police (c’est peut-être bien le dernier secteur à encore connaître une croissance de l’emploi dans le pays).

La fédération patronale belge FEB n’a pourtant pas hésité à y aller à l’artillerie lourde contre les allocations de chômage, des allocations qui ne sont pas ‘‘suffisamment activatrices’’. Entendez : qui ne forcent pas encore assez à accepter n’importe quel salaire de misère. Parce que la question cruciale est là : accentuer la spirale à la baisse de nos salaires.

Les politiciens traditionnels coordonnent leur politique d’emploi en fonction des désirs des marchés, et font reporter la responsabilité du chômage sur les chômeurs eux-mêmes. On parle ainsi de limiter le chômage dans le temps, histoire de refiler la patate chaude aux CPAS et aux communes. Ces dernières devront donc assurer les allocations des chômeurs exclus des allocations en puisant dans de bien maigres caisses, certainement après la débâcle du holding communal.

Quelle hypocrisie crasse de la part des employeurs lorsqu’ils parlent de réduction des allocations de chômage, à un moment où les entreprises licencient ou délocalisent ! Lorsqu’ArcelorMittal annonce vouloir sacrifier des centaines d’emplois sur l’autel du profit, rien n’est fait, si ce n’est d’attendre et d’ensuite sanctionner ces anciens travailleurs du métal pour les condamner à une allocation de CPAS !

S’attaquer aux chômeurs et aux autres victimes de la dictature des marchés ne résoudra pas la crise ! Au contraire, cela instaure davantage de pression sur les salaires et le pouvoir d’achat tout en sapant ainsi la possibilité de reprise économique. Bruno Van der Linden, de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) de l’Université de Louvain-la-Neuve, l’a expliqué de cette façon: ‘‘si on diminue les allocations de chômage, cela engendrera inévitablement une tendance à la baisse des rémunérations salariales, même si on maintient le salaire minimum légal. Dans toute négociation entre un demandeur et un employeur, il est tenu compte de la position de repli qu’est le chômage et du niveau de ces allocations. Toucher à la dégressivité, c’est toucher à la formation des salaires.’’

Nous devons partir à l’offensive pour nos emplois et notre sécurité sociale, et pas seulement en paroles. Luttons pour la répartition du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires. Les syndicats et la jeunesse doivent se mobiliser pour riposter et s’assurer un avenir. Les Indignés et le mouvement Occupy constituent un bon premier pas pour les 99% victimes de ce système. Ne payons pas pour la crise des 1% !

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