En 2016, le sénateur grisonnant et jusque-là relativement inconnu Bernie Sanders est soudainement devenu l’homme politique le plus populaire du pays, sans toutefois parvenir à devenir le candidat du Parti démocrate à la présidence. L’échec ne provenait pas d’un manque de soutien pour ses idées et propositions : il a obtenu une victoire dans 22 états avec 12 millions de votes. Mais sa campagne a été combattue et sabotée avec acharnement par l’establishment démocrate et par les médias dominants. Le système des primaires offre de nombreuses possibilités à la direction du Parti démocrate pour atteindre le résultat souhaité et tout avait été mis en œuvre pour une victoire de Clinton. Ce qui s’est terminé de façon dramatique puisqu’elle était ouvertement perçue comme partie intégrante de l’establishment politique tellement détesté. Trump a parfaitement joué cette carte et a fait ce que personne n’imaginait : devenir président.

En dépit de tous les obstacles : Bernie peut-il accéder à la présidence cette année ? En tout cas, il est le meilleur candidat pour faire barrage au second mandat de Trump.

Bernie doit saisir le momentum

Quand Trump a tweeté ‘‘Sanders le fou est premier’’ [dans les candidats aux primaires démocrates] à la mi-janvier, Bernie a répondu : ‘‘Ça signifie que tu vas perdre’’. Les sondages donnent à Bernie une bonne chance de remporter les premières primaires démocrates dans les Etats de l’Iowa (3 février) et du New Hampshire (11 février). Viennent ensuite le Nevada (22 février) et la Caroline du Sud (29 février). Et puis il y aura le Super Mardi, le 3 mars, lors duquel il y aura des votes dans 15 États.

Il y a quatre ans, Bernie a appelé à juste titre à une révolution politique contre la classe des milliardaires. Aujourd’hui, il continue sur la même voie. Le système américain est en faillite et Bernie a des propositions intéressantes en faveur des intérêts de la grande majorité et non des capitalistes.

40% de la population américaine est incapable de faire face à une dépense inattendue de 400 $, 60% ne peut pas faire face à une dépense inattendue de 1.000$. Les trois Américains les plus riches au monde ont autant de richesses que les 50% les plus pauvres (165 millions de personnes). Entre 2015 et 2017, l’espérance de vie des Américains a diminué trois années de suite. La dernière fois, c’était entre 1915 et 1917, il y a exactement 100 ans, à l’époque en raison de la grippe espagnole et de la première guerre mondiale. Aujourd’hui, cette baisse spectaculaire de la santé des Américains est due au système d’assurance privé, à la baisse du niveau de vie, aux décès dus à la drogue et à l’alcool ainsi qu’au suicide. La vie des citoyens américains est un combat quotidien fait d’incertitudes.

La campagne de Bernie est un soulagement dans le débat public. Mais sa campagne comporte aussi deux contradictions importantes. Le parti pour lequel il veut être candidat à la présidence, bien qu’il ait l’audience électorale la plus progressiste, est minutieusement contrôlé par l’establishment capitaliste. Il doit créer un parti au sein de ce parti, pour ainsi dire, afin de ne pas être écrasé par cet establishment. Il est fort probable qu’il ne remporte pas la bataille malgré le fait qu’il obtiendra le plus de voix. En fin de compte, un nouveau parti de la classe ouvrière est nécessaire.
En outre, il plaide à juste titre en faveur des soins de santé pour tous, préconise l’abolition des dettes d’études et la gratuité de l’enseignement. Il veut que tout le monde ait un revenu vivable et donc un salaire minimum de 15$ de l’heure. Il veut un Green New Deal pour les travailleurs. Tout cela ne peut être réalisé qu’en mettant définitivement fin au contrôle de la classe des milliardaires sur l’économie et en construisant une société socialiste. Comment réaliser cela dans la pratique ? Bernie reste vague à ce sujet.

Bernie fait rêver les Américains qu’un avenir différent est possible. Il appelle la classe ouvrière à s’organiser. Le slogan de sa campagne est ‘‘Pas moi. Nous’’. Il popularise des idées socialistes, une telle campagne doit être soutenue. Plusieurs millions de personnes regardent celle-ci comme un exemple de campagne militante, qui se revendique ouvertement du socialisme, qui parle à l’esprit des victimes du capitalisme. Cela peut être une base pour construire un parti socialiste de masse aux États-Unis pour renverser le capitalisme. Un tel projet susciterait l’enthousiasme dans le monde entier.

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• Mer. 19 fév. Gand.
• Jeu. 20 fév. Bruxelles. 19h30 ULB Campus Du Solbosch – H2111 // Evénement Facebook
• Ven. 21 fév. Bruges.
• Sam. 22 fév. Anvers.
• Dim. 23 fév. Louvain.
• Dim. 23 fév. Liège : Meeting avec Ginger Jentzen. 16h, Aquilone, 25 Blvd Saucy. // Evénement Facebook
• Lun. 24 fév. Mons : Meeting avec Ginger Jentzen. 19h, UMons Warocqué, salle 110. // Evénement Facebook