Home / Social / Ecologie / 2019, année des grèves pour le climat. Un combat encore loin d’être terminé !

2019, année des grèves pour le climat. Un combat encore loin d’être terminé !

Manifestation pour le climat à Gand, le 29 novembre. Photo: Jean-Marie

Celui qui pense que la révolte de la jeunesse, entre autres autour du climat, s’éteindra ou s’affaiblira se trompe. Les actions pour le climat sont l’expression d’un mécontentement et d’un malaise profondément enracinés. Un sondage du quotidien Het Laatste Nieuws a montré que sept jeunes sur dix ne croient pas en la politique. Il y a un sentiment d’impuissance et, en même temps, d’urgence à faire quelque chose pour le climat. Le rapport du GIEC de 2018 indiquait qu’il ne restait que 12 ans pour prévenir une catastrophe écologique.

Croissance explosive des protestations

Ce cocktail a provoqué un développement explosif d’actions début 2019. Lors de ces premières actions, les jeunes ont compris la nécessité de s’organiser et des groupes se sont constitués dans les écoles. La croissance explosive du mouvement donnait toutefois l’impression que tout allait se passer tout seul. Une interview dans les médias suffisait pour annoncer la prochaine action. Le mouvement s’est retrouvé dépendant des médias dominants et il en a résulté une méthode de travail dirigée par le sommet tandis que le mouvement était désarmé en termes de contenu. Cela a ouvert la voie aux récupérations, et l’accent était mis sur les efforts individuels des grévistes pour le climat. Des doutes se sont alors installés. En Flandre, le résultat des élections a porté un nouveau coup au mouvement. Peu à peu, les médias établis n’ont prêté attention qu’aux activistes qu’ils avaient catapultés porte-paroles et il était plus question de leur mode de vie que de la lutte collective.

Construire un mouvement par la base exige beaucoup d’efforts. Pour construire un comité dans une école, il faut parler aux autres élèves, les convaincre et leur donner une perspective autour de revendications concrètes, comme la gratuité des transports en commun qui était une exigence très populaire. A Gand, un comité d’élèves a mené une action fin septembre autour de cette revendication en bloquant une rue avec 150 jeunes. Imaginez si des centaines d’écoles avaient fait pareil à travers le pays en même temps ! Difficile de prétendre que le mouvement est naïf et antisocial après ça. Cela aurait été une bonne réponse à ceux qui tentent de réduire la discussion à une question de modes de vie individuels plutôt qu’à une lutte collective pour s’attaquer aux grands pollueurs.

Une alternative est nécessaire

C’est dans l’action que nous apprenons le plus et le plus vite car les méthodes et les propositions peuvent être testées dans la pratique. Le potentiel du mouvement pour le climat reste important, mais il faut dépasser le stade des appels vagues. Les appels internationaux créent actuellement un certain dynamisme, mais là aussi la question se pose de savoir comment poursuivre ensuite. Tant les méthodes d’action que le programme seront essentiels à cet égard. Le fait que des grèves aient été utilisées est un énorme pas en avant. C’est un choix très conscient de la nouvelle génération : pour la première fois depuis le mouvement anti-guerre (2003), les grèves et les manifestations ont été massivement soutenues comme méthode d’action. Lors de la lutte contre le gouvernement Michel en 2014, nous devions beaucoup argumenter pour convaincre les élèves de partir en grève et de participer aux manifestations. C’est aujourd’hui quelque chose d’évident.

Pour aller plus loin, il faut concrétiser le sentiment antisystème très répandu chez les jeunes avec la défense d’une alternative. Nous ne nous attaquerons pas à ce problème en surfant simplement sur le mouvement. La gauche doit elle-même prendre des initiatives pour populariser ses propositions en matière d’organisation et de programme. Nous avons besoin d’une démocratie à la base et d’un programme concret de changement de système autour de revendications telles que la gratuité des transports publics, le placement du secteur de l’énergie dans les mains des pouvoirs publics, l’augmentation des moyens publics pour une recherche scientifique contrôlée par la communauté et une planification démocratique et rationnelle de l’économie.

Avec les manifestations historiques de 2019, une nouvelle génération est apparue sur la scène. Une nouvelle récession économique internationale combinée à la crise écologique alimentera le constat du fait que c’est tout le système qui doit être renversé. La perspective du socialisme sera alors davantage en phase avec le sentiment d’urgence.