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Le gouvernement flamand défend le travail forcé pour les chômeurs

Où en sommes-nous aujourd’hui en ce qui concerne le service communautaire obligatoire pour les chômeurs en Flandre ? Partout et nulle part. L’accord de coalition flamand le mentionne explicitement, mais reste vague. Il n’y a pas de date concrète pour son introduction. Il n’y a pas non plus d’indication claire de la durée de travail hebdomadaire. A l’époque du gouvernement Michel I, on parlait de ‘‘deux demi-journées par semaine’’. Mais à peu près à la même époque, De Wever lâchait : ‘‘À toutes fins utiles, cinq jours complets par semaine.’’ Nous avons donc été prévenus !

Par Wilfried

Nous ne devons pas nous laisser berner par cette description floue. Ce gouvernement flamand a déjà suffisamment prouvé qu’il dissimule la mise en œuvre concrète, le temps et (surtout) les chiffres concrets le plus longtemps possible et qu’il frappe soudainement pour faire taire toute opposition. Les économies réalisées dans le secteur culturel en constituent l’exemple typique. La résistance est invariablement ‘‘trop tard’’, alors que juste avant l’événement, ‘‘les actions n’ont aucun soutien parce qu’il n’y a rien de concret’’.
La mise en œuvre du service communautaire obligatoire pour les chômeurs pose de nombreux problèmes juridiques. Un spécialiste du droit du travail de l’Université d’Anvers, Daniël Cuypers, a déclaré en septembre 2019 qu’il ne peut être mis en œuvre que par un accord fédéral. Il a ajouté qu’il s’agit d’un ‘‘champ de mines’’ juridique. Il n’y a toujours pas de gouvernement fédéral et la possibilité d’un gouvernement fédéral sans la N-VA entre progressivement en ligne de compte.

En fait, lors de la dernière législature fédérale, tout aurait déjà dû être en place. Mais le ministre qui devait s’en occuper, Kris Peeters, n’était pas très enthousiaste. Cela a causé beaucoup de troubles parmi les partenaires de la coalition. Le 12 août 2015, on pouvait lire dans De Tijd : ‘‘Le retard de Peeters pour réformer le marché du travail est source de désagrément’’. Les syndicats ont alors déclaré à juste titre que le travail d’intérêt général obligatoire pour les chômeurs était inacceptable. Il s’agit de travailler pour obtenir une allocation plutôt qu’un salaire. Cela exerce une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires et des conditions de travail. Pourquoi, par exemple, les communes embaucheraient-elles encore des jardiniers si des chômeurs peuvent être forcés à faire ce travail ? S’il y a tant de travail à effectuer, que cela soit avec de vrais emplois et de vrais salaires !

Comment la question du service communautaire obligatoire va-t-elle se poser maintenant ? Peeters est parti, Charles Michel est parti. Ils ne se saliront plus les mains. Si la mesure est adoptée, la ministre flamande Hilde Crevits devra la mettre en œuvre. Elle ne s’en réjouit pas ça. Mais la mesure figure dans l’accord de coalition flamand, avec l’approbation du CD&V. C’est bien joué de la part de la N-VA et de Jan Jambon, qui essaient également par ailleurs de monter les acteurs du secteur culturel les uns contre les autres.