Le 25 novembre aura lieu la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. En Belgique, la plateforme Mirabal est à l’initiative de la manifestation qui aura lieu le dimanche 24 novembre. Ce rendez-vous devient incontournable, à l’image de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes du 8 mars. Ces deux occasions permettent de mettre la lutte contre le sexisme sur le devant de la scène partout à travers le monde.

Par Brune

Les inégalités grandissent, c’est un phénomène mondial. Et les premières victimes sont féminines. Ce n’est dès lors pas surprenant si elles sont au-devant des luttes un peu partout, que ce soit pour de meilleurs salaires et meilleurs conditions de vie, mais aussi contre les violences sociales et sexistes qui découlent des violences économiques ! On l’a vu avec Metoo, la peur de dénoncer le sexisme ambiant et les agressions subies s’amenuise au fur et à mesure que le mouvement s’élargit. Dans certains pays, l’ampleur des mobilisations était sans précédent.

Les femmes sont entrées en lutte, et cela va bien au-delà des mobilisations contre le sexisme. Elles sont parmi les premières à mettre en avant qu’il nous faut un changement de système contre le sexisme, mais aussi face à la crise économique ou encore aux enjeux environnementaux actuel.

Ainsi, les manifestations des jeunes pour le climat comptent un grand nombre de jeunes femmes, et c’est un changement notable par rapport à d’autres mouvements précédents. On retrouve même une majorité de jeunes femmes parmi celle qui y ont joué un rôle dirigeant, comme Anuna De Wever et Adélaïde Charlier en Belgique, Luisa Neubauer en Allemagne, Harriet O’Shea Carre, Milou Albrecht et Jean Hinchliffe en Australie,… Et bien sûr la Suédoise Greta Thunberg. Toutes ont endossé le rôle de meneuse dans la cause climatique. Sans surprise, et particulièrement concernant Greta Thunberg, les réactions contre ces jeunes sont régulièrement agressives, voire sexistes. Michel Onfray a ainsi comparé Greta Thunberg à un “cyborg”, une manière de stigmatiser toute personne étant atteinte d’autisme, mais aussi de la comparer à un “corps sans chair”. C’est une manière de sexualiser, de détourner l’attention, d’attaquer et d’ignorer le discours écologiste qui se trouve derrière la militante. Ces stéréotypes honteux ont, heureusement, l’effet inverse qu’escompté : le mouvement environnemental n’est certainement pas effrayé par ce genre de commentaires ou d’idées réactionnaires.

Les jeunes entrés en action pour le climat prêtent attention à la lutte contre les discriminations, comme nous l’avons constaté avec la délégation de la campagne ROSA (Résistance contre l’Oppression, le Sexisme et l’Austérité) durant la manifestation du 8 mars dernier à Bruxelles, où les jeunes participants reprenaient notamment leurs slogans pour le climat quelque peu arrangés et étaient venus avec leurs propres pancartes, une habitude désormais bien ancrée.

Cette convergence des luttes permet de renforcer et d’élargir le mouvement. La lutte contre les discriminations et pour le climat forment un tout : c’est une lutte contre un système d’exploitation, celui de l’être humain et de la nature, le système capitaliste.

La prochaine journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars 2020, sera un dimanche. Ce sera l’opportunité d’une grande manifestation nationale à laquelle nous participerons bien entendu. Elle se déroulera un dimanche, donc, mais ce n’est pas une raison pour que les syndicats soient absents ! La syndicalisation des femmes pour lutter est essentielle contre le harcèlement sexuel au travail.

Le lundi 9 mars, un arrêt de travail aura d’ailleurs lieu à l’université de Gand dans le cadre de la lutte pour les 14 euros de l’heure afin de souligner le combat pour l’indépendance économique des femmes. Entre le 8 et le 14 mars, il y aura, d’autre part, différentes actions pour l’égalité salariale, que nous encourageons bien entendu également.

Quelles revendications face à la double journée de travail des femmes ?

Le 8 mars 2019, la ‘grève des femmes’: était-ce une bonne approche concernant la question des inégalités de genre au sein du ménage ? Pour la Campagne ROSA, il est important de reconnaître ces inégalités, qui proviennent du modèle de la famille traditionnelle mis en avant sous le système capitaliste. Les inégalités forment l’ADN de ce système basé sur la division pour faire du profit. Rendre la famille égalitaire dans un système foncièrement inégalitaire est impossible.

Ce n’est pas en limitant la lutte à une égalité hommes-femmes des tâches ménagères (ce qui exclut de fait les familles monoparentales homosexuelles et autres) que l’oppression sexiste sera éliminée, mais en changeant la base matérielle de la société capitaliste qui créé justement ces divisions entre personnes. Nous ne gagnerons pas la bataille contre le sexisme en nous retournant contre les hommes, mais en luttant contre le système. De nombreuses tâches ménagères peuvent être assumées par la communauté grâce à l’expansion des services publics : crèches et garderies, structures de soins adéquates pour les malades et les personnes âgées, lavoirs et cantines publiques,… De cette manière, la ‘‘deuxième journée de travail’’ peut être supprimée pour les personnes qui le souhaitent. Une société reposant sur les besoins réels de la population, avec des services publics gratuits et de qualité et la création de nouveaux services, est une condition préalable à une véritable égalité.