La Catalogne se soulève suite à la lourde condamnation des prisonniers politiques

Action de solidarité à Bruxelles.

Le lundi 14 octobre, le Tribunal Suprême a annoncé la condamnation de représentants politiques, des acteurs institutionnels du référendum catalan organisé le 1er octobre 2017. Les peines vont jusqu’à 13 ans de prison pour certains ! Dès l’annonce des condamnations, un mouvement de masse spontané s’est rapidement développé. La première semaine de mobilisation a débuté par l’occupation de l’aéroport de Barcelone avec plus de 10.000 personnes directement inspirées du mouvement à Hong Kong. Il a culminé le vendredi 18 octobre par une grève générale qui a paralysé la Catalogne. Le mouvement renoue avec la lutte de masse qui avait pris son envol autour du référendum pour l’autodétermination du 1er octobre 2017 et la grève générale qui avait suivi le 3 octobre.

Par Carlos (Bruxelles), article tiré de l’édition de novembre de Lutte Socialiste

Les manifestations en faveur de l’auto-détermination et de l’amnistie pour les condamnés sont massives et font face à un déploiement impressionnant des forces policières nationales et régionales catalanes. Ces dernières chargent les participants et recourent à des dispositifs interdits comme le tir de balles en caoutchouc.

Ces affrontements ont fait de nombreux blessés et plusieurs personnes ont partiellement perdu la vue. À Madrid, la police s’est révélé tout aussi brutale envers les manifestations de solidarité avec le peuple catalan. Des groupes d’extrême droite violents ont, quant à eux, profité de la situation pour sortir dans les rues et venir provoquer le mouvement.

Les réactions des partis de gauche laissent à désirer. Pablo Iglesias (Podemos) appelle à ‘‘l’équidistance’’ et à la ‘‘réconciliation’’. Il refuse de prendre position contre l’appareil d’État répressif, politiquement dirigé par le PSOE social-démocrate de Pedro Sanchez, pour qui les condamnations doivent être ‘‘intégralement exécutées’’. De leur côté, les forces de droite déclarent avec une attitude incendiaire que la sentence n’est pas assez dure. Toutes ces réactions ont évidemment des relents électoralistes puisque des élections générales doivent se tenir le 10 novembre dans tout l’Etat espagnol.

La classe ouvrière a un rôle fondamental à jouer pour la suite du mouvement. Elle doit intégrer des revendications sociales pour faire face à l’urgence sociale présentes derrière la lutte pour l’autodétermination. La grève générale du 18 octobre appelée par les syndicats indépendantistes ou alternatifs fut un grand succès, tout particulièrement en considérant le refus de soutenir la grève des directions syndicales des grandes fédérations syndicales CCOO et UGT. Les commerces, les services publics, la santé et l’enseignement ont été tout comme une partie de l’industrie. Certaines couches de travailleurs sont donc déjà engagées dans la bataille : 9.800 travailleurs de Seat ont ainsi fait grève et le syndicat portuaire de Barcelone a annoncé un arrêt de travail de 12 heures contre la violation des droits démocratiques.

La société catalane est déjà entrée en action et dépasse de loin ce que veulent les partis nationalistes catalans concernant les libertés démocratiques et la remise en question du ‘‘régime de 78’’ qui a fait suite au franquisme. Ces partis imposent des mesures d’austérité et attaquent la classe ouvrière. Le mouvement doit mener à bien une campagne audacieuse pour développer la lutte à partir de la grève générale et atteindre la meilleure participation possible des travailleurs organisés de la CCOO et de l’UGT et ce, par-dessus la tête de leurs dirigeants si nécessaire.

Une structuration démocratique du mouvement est nécessaire, via la construction de comités dans les quartiers, les universités et les lieux de travail, organisés de façon radicalement démocratique et basés sur des revendications tournées vers la classe ouvrière. Ce n’est qu’ainsi que le mouvement pourra progresser vers la construction d’un rapport de forces efficace et développer la solidarité des travailleurs dans tout l’État espagnol.

Socialismo Revolutionario, notre section-sœur, lutte contre le capitalisme et le régime hérité du franquisme. Elle est en faveur des droits démocratiques pleins et entiers, du droit à l’autodétermination et de l’instauration d’une république socialiste catalane, ainsi que d’une confédération sur base libre et volontaire des peuples de l’État espagnol et de la péninsule ibérique, dans le cadre d’une confédération socialiste d’Europe!

 

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