Inde : C’est le système de profit qui est coupable, pas la pluie.

Ces dernières semaines, des pluies torrentielles ont une fois de plus frappé l’Etat de Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, inondant les zones peu élevées. Ces inondations ont au moins fait 44 victimes, et ont causé des dommages considérables aux routes, aux ponts, mais aussi aux cultures et aux habitations.

Pasumpon V N, New Socialist Alternative (CIO-Inde)

La plupart des cours d’eau de la région sont sortis de leur lit, et l’excédent d’eau a entraîné des inondations. Chennai, comme d’habitude, compte parmi les villes les plus dévastées par ces pluies, qui ont encore submergé les zones les moins élevées. Dans certaines zones, les eaux des égouts ont débordé et se sont mêlées à l’eau de pluie, entraînant un danger supplémentaire pour la population. Un professeur de 24 ans s’est noyé après avoir chuté dans le système de drainage, qui, tout comme les canaux, est devenu un véritable danger pour la population à cause du développement hasardeux et de la corruption dans les services publics.

Les capitalistes ne planifient que leurs profits – pas les besoins de la population

Ce ne sont pas les pluies qu’il faut blâmer, mais le gouvernement et les administrations qui se jouent chaque année des habitants. Leur enrichissement personnel et leur visibilité dans les médias semblent plus importants que les besoins de la population. Mais ils ne sont pas les seuls fautifs dans cette affaire; nul lac, étang ou autre réservoir naturel n’a été épargné par le lobby immobilier. Sans la mise en place de systèmes de drainage efficaces, ni réservoirs naturels, l’eau a trouvé son chemin vers les villes par les routes bitumées, entraînant avec elle une misère sans nom.

Mêmes des initiatives telles que celles du NREGS, le programme national de garantie de l’emploi rural, qui s’occupe entre autre de la réhabilitation des campagnes, du nettoyage des étangs, etc, ont misérablement échoué. Enfin, c’est le développement inégal sous le capitalisme, et spécialement la vague néolibérale actuelle, qui a ruiné les services publics au profit de la diffusion de la devise ‘‘Enrichissez-vous vite!’’ Cette méprisable alliance des politiciens – la bureaucratie gouvernementale – n’a bénéficié qu’à un nombre infime de profiteurs, et a ravagé les conditions de vie de la population.

A en croire les statistiques du gouvernement central, Tamil Nadu et Pondichéry ont reçu soixante-et-un milliards et trois-cent mille roupies durant 2010-2011. Chennai est le cœur du secteur automobile et électronique dans le sud de l’Inde. Il semble que le gouvernement attache plus d’importance à ses investisseurs qu’aux dix millions d’habitants de Chennai et de sa périphérie.

Selon le rapport de développement urbain de McKinsey en 2010, les villes indiennes auront besoin d’un milliard de milliards de dollars ces 20 prochaines années, une somme nécessaire pour améliorer les conditions de vie minimum de la population ainsi que les services publics. Mais la classe dominante indienne est-elle prête à céder cette somme à la population? Les probabilités sont quasi inexistantes, leur sel intérêt consistant à étendre leur richesse et à faire plaisir au lobby des investisseurs.

Si tout ce gaspillage d’argent cessait, il y en aurait suffisamment pour tout le monde.

Tamil Nadu est un Etat aride, en conflit permanent avec les Etats environnants concernant la partage des rivières. Mais si l’ont prend en considération sa pluviométrie annuelle, on se rend compte que les besoins des habitants pourraient facilement être comblés grâce à des technologies écologiques telles que la récolte des eaux de pluie et la gestion des lignes de partage des eaux. Il faudrait également remplacer les cultures à haut besoin en eau totalement inadaptées à ces conditions (un vrai danger pour l’environnement) par des cultures adaptées aux sols et qui correspondraient aux vrais besoins de la population.

A cette époque de propagation du capitalisme, où le profit à tout prix est le maître mot et où développement rime avec anéantissement, il serait téméraire d’attendre qu’un tel système change ses habitudes.

Il existe une alternative au capitalisme

Le capitalisme est incapable de régler les problèmes auxquels est confrontée l’humanité. Au vu de la soif d’argent et de la nature parasitaire des puissants propriétaires terriens indiens, maintenir une telle illusion est absurde. La déforestation et l’exploitation sans répit des ressources naturelles au profit d’une élite ont profondément affaibli les conditions environnementales en Inde, entraînant des inondations et autres catastrophes qui pourraient être évitées si une planification des ressources à échelle humaine était introduite.

C’est le modèle du développement capitaliste qui est coupable, et il faut s’en débarrasser pour de bon. Le besoin d’une planification socialiste et démocratique de l’industrie, de la société et de l’environnement est une nécessité urgente.

New Socialist Alternative (section du Comité pour une Internationale Ouvrière en Inde) rejette le mensonge proféré par les médias, les scientifiques et les technocrates influencés par le capitalisme, qui affirment qu’il n’y a pas d’alternative au modèle de développement capitaliste, qui porte atteinte de manière monstrueuse à la nature et à notre fragile écosystème.

Seul un système basé sur une planification socialiste sous contrôle démocratique de la classe ouvrière même peut faire cohabiter en harmonie développement humain et environnemental.

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