Occupy Oakland : De l’occupation à la grève

La question de la manière dont le mouvement Occupy va se développer est importante tant pour les 99% que pour les 1% et Occupy Oakland a illustré la meilleure manière d’aller de l’avant. L’avenir du mouvement aura des conséquences pour tout le monde et, comme le disait l’historien et militant américain Howard Zinn: ‘‘Il n’est pas possible d’être neutre sur un train en mouvement.’’

Par Jente (Anvers), article tiré de l’édition de décembre-janvier de Lutte Socialiste (n°167)

Une des revendications parmi les plus fréquentes du mouvement Occupy concerne l’accès à l’enseignement et quand, une journée à peine après une répression massive et brutale du mouvement Occupy, la ville d’Oakland (Californie) a décidé de fermer cinq écoles pour raisons budgétaires, les enseignants ont de suite rejoint le mouvement. Rester à l’écart n’était pas une option, cela aurait tout simplement signifié d’accepter les pertes d’emplois sans broncher.

L’enseignement est aussi un thème important pour les vétérans de guerre. Ces derniers sont sensés obtenir des bourses d’étude, mais il est en réalité très difficile de pouvoir en bénéficier. Il leur est également difficile de trouver un emploi : le taux de chômage parmi les anciens soldats a augmenté pour dépasser les 30%. Leur risque de devenir sans-abris est deux fois plus élevé. Cela permet de comprendre pourquoi les vétérans rejoignent le mouvement Occupy et pourquoi ils ont joué un rôle dans le mouvement de masse qui s’est développé au Wisconsin il y a quelques mois.

La manifestation d’Occupy Oakland du 25 octobre a été très brutalement réprimée, afin de tenter de stopper les actions par l’intimidation et la violence, sous prétextes de faits isolés alimentés par la désinformation. Les 1% ont tout intérêt à stopper le mouvement. En s’opposant au pouvoir de ces 1%, le mouvement s’oppose à leur soif de profit, cette avidité étant le socle sur lequel ce système est construit.

L’assemblée générale qui a suivi ces faits a riposté en votant massivement pour un appel lancé aux syndicats pour une grève générale à Oakland, la première aux Etats-Unis depuis 1946, grève générale qui s’était d’ailleurs tenue… à Oakland. Avec le soutien de différents syndicats, plus de 20.000 manifestants se sont rassemblés à l’endroit où la manifestation de 1946 avait commencé. Le cinquième port des Etats-Unis a ensuite été bloqué par les milliers de personnes qui occupaient les rues.

Conséquence du résultat enthousiasmant de cette action de masse : de nombreux participants sont désormais convaincus de la nécessité de développer consciemment la lutte comme une véritable lutte de classe contre le capitalisme, basée sur la force de la classe des travailleurs. Il est crucial de suivre partout l’exemple d’Oakland et de s’orienter vers la base du mouvement organisé des travailleurs. Il est alors possible de lutter pour une alternative au capitalisme, le socialisme démocratique.

Personne ne peut rester à l’écart de cette lutte. Comme le disait en son temps la révolutionnaire allemande Rosa Luxemburg, le choix face à nous est limité à ‘‘socialisme ou barbarie’’.

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