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Vlaams Belang : des députés qui font froid dans le dos…

Le 26 mai, le Vlaams Belang a obtenu 46 sièges dans plusieurs parlements. Un passage en revue de certains de ces élus illustre de façon limpide que le VB agit contre les intérêts de la majorité de la population. Ce parti est composé de marchands de haine. Il représente une menace pour tous les travailleurs, les allocataires sociaux, les femmes, les personnes LGBTQI+, les migrants,… Vous pensez qu’on exagère ? Tremblons ensemble avec le petit aperçu ci-dessous.

Au Parlement européen : un bagarreur de rue condamné

Tom Vandendriessche a beau être un nouveau venu au Parlement européen, la campagne Blokbuster le connaît depuis le milieu des années 90. À cette époque, Vandendriessche était le président du NJSV (une association d’écoliers nationalistes de droite) à Bruges. Sous sa direction, le groupe est passé à la violence physique. D’actions dans les cafés progressistes à l’intimidation lors de réunions de gauche en passant par un véritable raid sur une action de protestation contre le rôle de la multinationale pétrolière Shell au Nigeria. Lors de ce raid, Els Deschoemacker, militante de Blokbuster, a reçu des coups qui l’ont menée tout droit à l’hôpital. La violence à Bruges a encore dégénéré lorsqu’un membre du NJSV a commis une attaque à la grenade contre lui-même afin d’accuser Blokbuster. L’homme a été démasqué. Une campagne nationale contre la violence fasciste avec une manifestation en 1997 a fini par mettre fin à la violence du gang de Vandendriessche.

Après cela, Vandendriessche est allé à l’Université de Gand. Après un court passage au NSV (association d’étudiants nationalistes), il a été plus longuement actif au KVHV, un club étudiant catholique de droite. Vandendriessche s’est vanté qu’on y buvait exclusivement du champagne. La violence a également repris. Le 15 février 2000, Vandendriessche et un ancien conseiller provincial du VB ont attaqué deux étudiants de gauche qui, sac poubelle à la main, demandaient à tout le monde de jeter les tracts du VB. Vandendriessche et son compagnon, Tanguy Veys, ont traîné l’un des étudiants dans les escaliers et l’ont frappé. Résultat: en novembre 2001, Vandendriessche a été condamné à un mois de prison et à une amende de 372 euros. En appel, la culpabilité a été confirmée, mais une remise de peine a été prononcée. Cela n’a pas empêché le KVHV d’avoir Vandendriessche comme président de sa section gantoise de 2001 à 2004.

Après une courte carrière en dehors de la politique, Vandendriessche est revenu au Parlement européen en tant qu’assistant parlementaire de Gerolf Annemans. Il entre maintenant lui-même dans ce parlement en tant que successeur de Patsy Vatlet, élue en deuxième position sur la liste du VB – une de ces élues du Vlaams Belang qui a été immédiatement échangée contre un successeur masculin.

A la Chambre et au Parlement flamand : des homophobes

Dominiek Sneppe-Spinnewyn, la nouvelles élue homophobe de Flandre occidentale, pense que le mariage homosexuel est ‘‘un pont trop loin’’. Elle n’est pas la seule à penser ainsi au VB. L’ancien président du KVHV et nouveau député VB Filip Brusselmans a déclaré dans le magasine Humo l’année dernière : ‘‘Les transgenres sont une anomalie, une aberration. (…) Tout a commencé avec les personnes LGBT qui défendaient leur orientation sexuelle. Nous pensions alors que cela devrait être permis. Nous avons accepté que la reproduction et l’amour soient déconnectés. L’étape suivante a été le mariage homosexuel : les pouvoirs publics ont reconnu la relation homosexuelle. Le concept ‘‘d’amour’’ a reçu un sens différent : il n’était ainsi plus nécessaire qu’un enfant naisse de l’amour.’’

Cette position n’est pas nouvelle : en 2011, Filip Dewinter a déclaré au Parlement flamand que la meilleure prévention contre le sida est de ‘‘promouvoir des relations hétérosexuelles durables’’. En 1998, le parti écrivait dans une brochure : ‘‘L’homosexualité, ne serait-ce que parce qu’elle n’est pas adaptée à l’ordre naturel (c’est-à-dire à la différence entre l’homme et la femme), n’est pas bénéfique à la société’’. (Un choix pour la vie, brochure du VB ‘Een keuze voor het leven’, 1998, p. 10).

Dominiek Sneppe utilise explicitement le nom de son mari. Il faut dire que ‘Spinnewyn’ est un concept en soi dans les milieux nationalistes flamands. Le père Roger et ses fils ont joué un rôle central dans la milice privée interdite VMO (Vlaamse Militanten Orde). Roger Spinnewyn, décédé en 2013, était l’un des dirigeants du VMO, avec Bert Eriksson (qui disait jusqu’à la fin de sa vie être resté fidèle au Führer). Jusqu’en 2012, Roger Spinnewyn était sur la liste du VB à Zedelgem, où sa belle-fille poursuit maintenant sa carrière.

Au Parlement flamand : un briseur de grève

En 2014, une campagne a eu lieu sur les médias sociaux contre le mouvement de masse contre la politique antisociale du gouvernement Michel (notamment : recul de l’âge de la retraite et le saut d’index). Le KVHV a lancé la campagne ‘‘Nous ne faisons pas grève’’, avec 100.000 followers. Les grèves étaient qualifiées de ‘‘dictature des syndicats’’. L’auteur de la campagne, Bart Claes, a été immédiatement engagé par le VB et est maintenant parlementaire. Ce n’est pas un hasard : dans les années 80, le Vlaams Blok a fait campagne sous le slogan ‘‘Travailler est bénéfique, faire grève est nuisible’’.

D’autres députés VB sont allés plus loin et ont eu recours à la violence physique. Les troupes de Van Langenhove (Schild & Vrienden) ont attaqué des piquets de grève. Juste après, un cambriolage a été effectué au bureau de la FGTB de Gand pour y voler un drapeau afin de le brûler à la façon Etat Islamique. Les milieux d’extrême droite ont toujours essayé d’intimider les militants syndicaux. C’est l’attitude du Vlaams Belang et précédemment du Vlaams Blok : contre les syndicats, mais aussi plus généralement contre les acquis sociaux des travailleurs.