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Michel / De Wever ont reçu une claque mais un changement concret exige de se battre !

Les commentaires n’ont pas manqué une fois les élections passées concernant les ‘‘signaux’’ des électeurs. Tant et si bien que le message le plus important de ce 26 mai a été négligé : le gouvernement d’austérité de Michel et De Wever a été sévèrement sanctionné. Seul le gouvernement de Verhofstadt II l’a été tout aussi sévèrement en 2007 en perdant 22 sièges. Les cinq ans de poigne de fer que n’aurait pas renié Margaret Thatcher ont été synonyme de plus bas salaires (saut d’index), de temps de carrière allongé (la pension à 67 ans), de taxes plus élevées (sur le carburant, l’énergie, etc.),… pour moins de services publics, aucun investissement dans les soins de santé, etc. On serait en colère à bien moins !

Pour De Wever (N-VA), ce résultat se lit comme un plaidoyer en faveur d’une politique encore plus à droite. Il sait pourtant pertinemment que ceux qui ont voté pour le Vlaams Belang ne réclamaient pas plus d’austérité. Le Vlaams Belang a capté le mécontentement social et la orienté vers le racisme en rendant les migrants responsables de tous les maux. Quand l’extrême droite participe au pouvoir, l’austérité est encore plus sauvage et la violence contre les migrants augmente dramatiquement. Le Belang ne représente pas les intérêts du monde du travail. Lors du mouvement de masse contre l’austérité du gouvernement Michel en 2014, l’extrême droite dénonçait nos actions ! Aux parlements, le Belang a systématiquement voté en faveur des mesures antisociales. Aucun changement n’est à attendre de leur part. Pour beaucoup, la croissance de l’extrême droite fut un choc. Ceux qui hésitaient encore à s’engager dans la lutte ne doivent plus attendre : le moment est venu. Comme le dit le vieux slogan : ‘‘Ne pleurez pas, organisez-vous’’ (‘‘Don’t mourn, organize !’’).

Les migrants et les réfugiés n’ont pas profité de l’action du gouvernement Michel/De Wever, ils ont été soumis à des conditions inhumaines pour servir les ambitions électorales des partis de droite. Par contre, les ultra-riches et les gros actionnaires ont été généreusement nourris. Sous cette législature, les profits ont augmenté en moyenne de 3,3% en Belgique, contre 1,8% dans les pays voisins. L’ancien député libéral et professeur d’économie Paul De Grauwe a résumé cette politique comme suit : ‘‘une nouvelle redistribution des richesses au profit des détenteurs de capitaux’’.

Pour changer cela, il faudra se battre. En 2014, la lutte collective a remis au goût du jour la revendication d’une taxe sur le capital. C’était très important car cela a directement permis de clarifier le fait que ce n’était pas aux travailleurs et à leurs familles de supporter le poids d’un changement de politique. En Flandre, si Groen avait défendu une approche similaire concernant les mesures pour le climat, il aurait été plus difficile à la droite de faire rimer climat et taxes supplémentaires sur le dos de la population. Mais les actions pour le climat reprendront à la rentrée et elles seront l’occasion de défendre largement des mesures sociales comme la gratuité des transports publics et leur extension, l’expropriation du secteur de l’énergie pour qu’il soit placé dans les mains de la collectivité, des investissements publics massifs dans la recherche scientifique ou encore une économie démocratiquement planifiée.

Comment le sommet de la FGTB en Flandre va-t-il défendre ses liens avec le SP.a ? Que va-t-il se passer à la CSC face aux critiques du CD&V qui en veulent au syndicat et à la mutualité chrétienne pour ne pas avoir défendu le bilan du gouvernement ? Si le PS a pu limiter la casse, c’est en menant une campagne plus à gauche qu’à l’accoutumée. Les promesses finissent toutefois bien vite à la poubelle une fois les élections passées, certainement dans le contexte d’un déficit budgétaire de 8 milliards d’euros.

Des revendications telles que le retour de l’âge de la pension à 65 ans, une pension équivalente à 75% du dernier salaire avec un minimum de 1500 euros nets, des salaires plus élevés et portant le salaire minimum à 14 euros de l’heure (ou 2300 euros par mois), une taxe des millionnaires, un investissement public massif dans les services publics (santé, éducation) et les infrastructures,… sont très populaires. Les dirigeants syndicaux qui portaient tous leurs espoirs sur les élections se sont trompés : les partenaires politiques traditionnels des syndicats ont reçu une claque.

Heureusement, le PTB a permis de faire une percée: avec 43 nouveaux élus, la voix de la rue sera entendue dans tous les parlements. Ces dernières années, le PTB a durement travaillé pour atteindre ce résultat. Il est maintenant temps de passer à l’étape suivante : utiliser cette position pour renforcer la lutte à partir de la base et aider à l’organiser afin de remporter des victoires. La campagne de la FGTB pour un salaire minimum de 14 euros offre une première opportunité de le faire. Construire cette campagne sur le terrain peut conduire au succès. Cela illustrerait immédiatement comment nous pouvons stopper la machine d’austérité : non pas en chassant les réfugiés et les migrants, mais en luttant en masse pour nos intérêts.

Les capitalistes se défendront bec et ongles. Nous n’aurons rien en cadeau. Toute tentative de faire payer les millionnaires se heurtera au sabotage patronal. Nous devons anticiper ce sabotage et populariser des mesures comme le non-paiement de la dette et la nationalisation des secteurs clés de l’économie. Sous le capitalisme, surtout face à une nouvelle crise, il n’existe pas de marge pour des concessions à la classe ouvrière. Luttons pour une société socialiste !