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24 mai: Grève mondiale pour le climat

Développer nous-mêmes le mouvement pour s’en prendre aux grands pollueurs

“Demain, je veux voir les ouragans à la télé, pas dans par la fenêtre’’, voilà le slogan que l’on retrouve sur l’affiche distribuée par Sign For My Future, une initiative de grandes entreprises et de certaines organisations de la ‘‘société civile’’ pour encadrer le mouvement pour le climat. Elle illustre clairement le danger qui existe si les jeunes et les travailleurs ne prennent pas en main l’initiative. Les patrons (que l’on trouve en nombre dans Sign For My Future) sortent alors des slogans cyniques conçus par des agences de publicité qui ne correspondent pas du tout à ce que de nombreux jeunes et leurs (grands) parents ont défendu en manifestant. C’est un changement global de système que nous voulons !

Le changement climatique causé par l’être humain est désastreux. 40% des événements climatiques extrêmes supplémentaires survenus entre 1980 et aujourd’hui sont attribuées au réchauffement de la planète. En 2018, 5.000 personnes sont mortes des suites directes de catastrophes naturelles. Si l’on tient compte de la sécheresse, des canicules, de la famine, des maladies, etc., le nombre de décès grimpe à 300.000. De plus, en 2018, 29 millions de personnes ont été déplacées en raison du changement climatique. Les groupes les plus vulnérables vivent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et du Sud-Est, en Amérique latine, dans les États insulaires et en Arctique. On estime que le nombre de décès dus au changement climatique atteindra les 500.000 d’ici 2030. Sign For My Future a perdu ça de vue lorsqu’ils ont conçu leur affiche.

Ce n’est pas une omission accidentelle, mais une conséquence logique du caractère de Sign For My Future. Pour les grandes entreprises, le véritable défi n’est pas de trouver des solutions de fond, mais de faire du greenwashing et de nous faire porter la responsabilité du changement climatique. Les capitalistes se moquent de la misère, de la destruction et de la pauvreté que le changement climatique cause à des millions de personnes. Leurs collègues millionnaires dans les zones à risques cycloniques peuvent se permettre de déménager dans des zones plus sûres ou de construire des bunkers. Ce n’est pas le cas de la population ordinaire.

Nous ne pouvons abandonner notre mouvement à de telles acrobaties publicitaires contre-productives et cyniques. Sign For My Future tente de se positionner comme partenaire des étudiants et des travailleurs mais vise à éviter que le mouvement climatique ne se retourne contre les grands pollueurs. La meilleure façon de riposter est de défendre notre propre programme et de nous unir au mouvement des travailleurs. Ce n’est qu’en s’attaquant aux grands pollueurs et en se concentrant sur les intérêts des travailleurs et de leurs familles, au travers de solutions collectives, que nous pourrons parvenir à un véritable changement de système ! Ne perdons plus de temps à attendre une transition écologique volontaire de la part du monde des affaires. Le capitalisme et la concurrence sont irréconciliables avec la planète !

Nouvelle grève mondiale pour le climat

Après la grève mondiale pour le climat du 15 mars, le 24 mai a été lancé comme nouvelle date internationale. La date est symbolique: deux jours avant les élections européennes, qui coïncident en Belgique avec les élections régionales et fédérales. Cela permet d’orienter le mouvement durant les examens et de bénéficier d’un temps fort avant les vacances d’été.
La meilleure façon de faire du 24 mai un succès est de l’organiser nous-mêmes. Cela peut se faire en réunissant les jeunes et les travailleurs par le biais d’Assemblées générales dans les écoles et sur les lieux de travail, afin de mettre en place la mobilisation et d’élaborer des slogans. Cela permettrait de discuter de la manière dont l’appel pour le 24 mai pourrait saisi tant par les élèves que par les enseignants, mais aussi par les syndicats. Un certain nombre de structures syndicales ont à nouveau signé l’appel à la grève.

Les partis politiques traditionnels se présentent tous comme des écologistes durant cette campagne électorale. La grève mondiale du 24 mai peut donner une idée de ce qui arrivera quand ces partis qui font de nombreuses promesses les trahiront.
Ils espèrent que leurs promesses électorales, nos examens et les vacances d’été vont nous calmer. Pour maintenir le cap, nous devons mettre en place des comités de mobilisation efficace pour le 24 mai, mais aussi pour préparer les vacances d’été. À partir du mois de septembre, ces comités de mobilisation devront à nouveau se réunir pour reconstruire le mouvement avec des manifestations et des actions locales dans les écoles. Nous aurons également besoin d’un plan d’action plus large vers de grandes grèves dans le cadre du Sommet international sur le climat (COP26) annuel qui se tiendra début décembre au Chili.