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Soudan : Aucun compromis avec l’ancien régime – la révolution doit continuer !

Quatre mois de lutte de masse dans les rues, avec un flot incessant de manifestations, de grèves, d’occupations et de sit-in, ont abouti à la destitution du dictateur Omar el-Béchir il y a un mois. Depuis lors, la poursuite d’un sit-in de masse devant le quartier général du Commandement général de l’armée soudanaise à Khartoum et des occupations de moindre envergure devant le quartier général de l’armée dans d’autres États résument la bataille en cours entre les forces vives de la révolution soudanaise et le « Conseil militaire transitoire » (TMC) qui s’est approprié le pouvoir politique au nom de la vielle garde et de la classe dirigeante.

Par des partisans du Comité pour une Internationale Ouvrière au Soudan

Des changements au sein des syndicats

La révolution a conquis un certain nombre de choses. La plus importante d’entre elles est la formation, par la lutte, d’une organisation syndicale unifiée qui réunit diverses catégories professionnelles et les travailleurs du secteur public.

C’est le cas, par exemple, de l’Union démocratique des avocats, qui a apporté un soutien juridique aux révolutionnaires et s’est présentée devant tous les tribunaux d’exception qui ont décidé de casser les manifestations. Elle se bat actuellement pour obtenir la reconnaissance officielle de son existence. C’est aussi le cas du Comité central soudanais des médecins, présent lors de toutes les manifestations et qui organise l’installation de cliniques médicales dans le sit-in. Il a également pris en charge le décompte statistique des morts durant les cinq mois précédents. D’autres secteurs organisés au sein d’organes syndicaux similaires indépendants des syndicats officiels se sont réunis pour constituer ce qu’on appelle l’Association soudanaise des professionnels (SPA), la principale organisation syndicale qui a organisé nombre des manifestations et a également lancé la « Déclaration sur la liberté et le changement ».

Pourtant, tout en ayant joué un rôle très important dans l’organisation des manifestations, les dirigeants du SPA n’expriment pas clairement par quoi le régime actuel devrait être remplacé. Ils oscillent entre la pression de la rue, qui exige le départ du Conseil militaire transitoire, et leurs propres illusions envers un atterrissage en douceur de l’ancien régime dictatorial et envers leur capacité à convaincre les généraux d’accepter un compromis.

Diverses organisations luttent également dans les entreprises et sur les lieux de travail pour soustraire les syndicats officiels à l’influence de l’ancien régime. A travers les restes du syndicat de la Kanana Sugar Company – la plus grande entreprise sucrière du pays, située dans l’État du Nil Blanc -, des centaines de travailleurs ont arrêté leur travail et organisé un sit-in devant la garnison militaire de Kenana pour satisfaire leurs revendications contre la corruption et les traitements injustes. Lors d’une assemblée générale du syndicat, les syndicalistes associés au système ont été chassés ; le syndicat a été restructuré de manière plus démocratique et le directeur corrompu du personnel de l’entreprise, responsable du licenciement de près de deux mille travailleurs il y a quelques années, a été expulsé.

Plusieurs autres secteurs de la classe ouvrière ont commencé à entrer en action, comme les travailleurs temporaires de Port Soudan, les travailleurs pétroliers du Kordofan occidental, les techniciens de laboratoire de l’État de la mer Rouge. Ces actions ne visent pas seulement à exiger un changement radical dans les conditions de travail des travailleurs, mais souvent aussi à s’en prendre aux politiques répressives de l’ancien régime sur les lieux de travail en exigeant la réintégration de travailleurs licenciés pour leur opposition au régime, le renvoi des responsables « syndicaux » qui ont collaboré avec la dictature, etc.

Les comités de quartier

Le 11 mai, un « séminaire » sur la situation politique actuelle au Soudan a été organisé par un comité de quartier dans l’un des districts de Khartoum. Pareil événement était encore impensable il y a peu. L’initiative transpirait d’un sentiment révolutionnaire. Jusqu’à présent, le succès des sit-in est le fruit du travail continu d’une multitude de comités de base similaire répartis dans de nombreuses villes et villages à travers le pays.

Une déclaration du SPA il y a quelques semaines suggérait de changer le nom de ces « Comités de résistance » pour qu’ils deviennent des « Comités de résistance et de changement ». Cela signifie que ces comités seraient chargés non seulement de la résistance à l’ancien régime, mais aussi du « changement », c’est-à-dire de la construction d’un nouvel Etat et de la construction de ses fondations démocratiques. Il existe déjà des exemples de comités impliqués dans la gestion des affaires locales.

Il est toutefois important que ces comités ne soient pas simplement utilisés comme un appendice auxiliaire à un arrangement politique conclu au sommet par les dirigeants du SPA. Ce comités doivent être considérés un outil par lequel les masses peuvent s’organiser afin de transformer la société et imposer leur propre volonté révolutionnaire. Pour que ce processus de création de comités prenne tout son sens, Soclialist Alternative Sudan défend qu’ils doivent reposer sur l’élection systématique des délégués et sur la possibilité de les révoquer. Les comités doivent également étendre leur influence jusqu’aux lieux de travail, à l’administration publique, dans les grands domaines agricoles, etc. Coordonnées à tous les niveaux, les comités pourraient constituer la base d’un gouvernement révolutionnaire indépendant composé de représentants des travailleurs et des masses pauvres, ce qui pourrait balayer le régime actuel une bonne fois pour toutes.

Le discrédit des politiques d’islamisation

Au Soudan, le régime de Bachir avait militarisé le discours religieux. Les émotions de la population majoritairement musulmane ont été exploitées à des fins personnelles et partisanes totalement étrangères aux croyances de la population. Récemment, un certain nombre de chefs religieux ont été chargés de tenter d’apaiser les manifestations. Mais ces derniers se sont constamment retrouvés défiés et repoussés par les gens. Toutes les tentatives visant à attiser la passion religieuse ont été contrecarrées et exposées comme des manœuvres. De nombreux cheikhs ont été expulsés des mosquées en raison de leur soutien au régime ou de leurs tentatives de diabolisation du mouvement révolutionnaire. Sur les marchés et dans les lieux publics, les gens prennent pour cible tous les symboles de l’ancien régime.

Depuis son accession au pouvoir en 1989, le régime poursuivait une politique dite de « stabilisation » consistant à exploiter les institutions publiques dans leur propre intérêt en recrutant et en promouvant tous ceux qui appartiennent au Mouvement islamique. En retour, tous les employés qui ne faisaient pas partie du Mouvement islamique ont été retirés des institutions et mis à la retraite. Ainsi, toutes les institutions publiques ont été purgées et placées sous le contrôle direct du régime.

Dernièrement, des voix se sont élevées pour exiger que toutes les institutions et entreprises publiques soient retirées du contrôle des collaborateurs de l’ancien régime. Les laisser à leurs positions permettrait à la contre-révolution de provoquer le chaos dans l’Etat après avoir réorganisé ses rangs.

L’élite soudanaise tente l’apaisement

Depuis l’indépendance du Soudan, l’histoire a été témoin de plusieurs soulèvements révolutionnaires avortés. Les élites dirigeantes capitalistes ont coopéré avec les militaires pour enrayer tout changement démocratique et social et défendre leurs profits et leurs intérêts au détriment de tout développement véritable pour les travailleurs et les pauvres. C’est ce même scénario que veulent suivre le Conseil militaire qui désire garder le pouvoir entre ses mains, mais aussi des dirigeants de l’alliance de l’opposition, les « Forces pour la liberté et le changement », qui veulent faire des concessions et à trouver un accord au sommet qui assurerait la fin de la lutte révolutionnaire ‘‘par le bas’’.

Depuis le premier coup d’État du matin du 11 avril jusqu’à aujourd’hui, la question du transfert du pouvoir à un gouvernement civil n’a pas été résolue. Cela s’explique par les limites programmatiques et stratégiques du comité de négociation, par son manque de confiance envers le mouvement de la rue et par la soumission, les tergiversations et les concessions continues des ‘‘Forces pour la liberté et le changement’’. Cela a déjà provoqué plusieurs différends au sein de cette alliance.

Le conseil militaire tente de gagner du temps pour préserver son emprise sur le pouvoir et s’engage dans un certain nombre d’autres manœuvres (comme de siéger au côté des partis et autres forces politiques qui faisaient partie du gouvernement précédent jusqu’à la chute du régime dans un « gouvernement de réconciliation »). De leur côté, les ‘‘Forces pour la liberté et le changement’’ continuent à s’assoir avec le conseil militaire à la table des négociations pour parvenir à un partage du pouvoir. Cela est source de confusion dans le mouvement. Cela offre également à l’ancien régime et ses cadres plus de temps pour se réorganiser et d’essayer d’entamer la cohésion de la rue.

Le 14 mai, les usurpateurs militaires ont annoncé un accord avec l’opposition pour une période de transition de trois ans vers une administration civile. Au même moment, les forces avec lesquelles les dirigeants du SPA négociaient tiraient à balles réelles dans les rues, ce qui a tué plus de 10 manifestants les 14 et 15 mai ! Cela illustre de manière évidente que cet arrangement est un compromis pourri. Il s’agit d’une nouvelle manœuvre de la vielle garde militaire pour conserver le pouvoir et briser le mouvement qui doit être catégoriquement rejetée.

En tout état de cause, un « gouvernement civil », s’il voit le jour, n’offrirait aucun salut aux millions de Soudanais pauvres, travailleurs, femmes et jeunes qui luttent pour un changement révolutionnaire. Le salut viendra d’une rupture définitive avec le capitalisme, un système basé sur l’exploitation de la majorité du peuple par une petite élite qui ne gère l’économie qu’à son propre profit. C’est pourquoi il est important de construire une organisation de masse des travailleurs et des jeunes indépendante du pouvoir et capable de s’opposer fermement à toute conciliation avec des forces pro-capitalistes.

Nous soutenons la tenue d’élections libres et démocratiques, mais la réalisation de toutes les revendications démocratiques de la révolution ne peut être réalisée en restant dans les limites du capitalisme. Nous appelons à la formation d’une assemblée constituante révolutionnaire, élue dans tous les secteurs de la société, pour planifier l’avenir du Soudan.

Le chef du conseil militaire parle d' »achever le soulèvement et la révolution bénie ». Mais ces personnes n’ont aucun mandat ni aucune légitimité pour parler au nom de la révolution… à laquelle elles se sont d’ailleurs opposées de toutes leurs forces !

La destitution de Bachir ne s’est pas faite par la négociation, mais par le pouvoir irrésistible de l’action de masse. C’est pourquoi Socialist Alternative Sudan exige la suspension immédiate des négociations avec le conseil militaire et défend la poursuite de la révolution dans le but que les masses elles-mêmes prennent le pouvoir !

Les négociations avec le conseil militaire retarderont ce processus et pourront même le tuer. C’est pourquoi nous nous opposons à toute entente avec le conseil militaire. Au lieu de cela, le SPA devrait appeler à une nouvelle campagne de désobéissance civile de masse comprenant des actions de grève généralisées, pour se débarrasser une fois pour toutes de la junte militaire.

Dix jours seulement après le renversement de Bachir, face à l’intransigeance du conseil militaire et à l’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations, les forces de « Liberté et changement » étaient revenues vers les sit-in en annonçant avoir suspendu toute négociation avec le conseil militaire. L’arrivée d’un grand convoi transportant des milliers de révolutionnaires d’Atbara – la première ville qui a allumé le feu de la révolution en décembre de l’année dernière – jusqu’au lieu du sit-in dans la capitale avait redonné un élan au camp de la révolution. Le conseil militaire a été contraint de reculer et a même publié un communiqué de presse admettant que les forces du SPA étaient la seule force représentant la rue !

Le 2 mai, des centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté pour exiger la démission du conseil militaire. Mais au lieu d’utiliser cette dynamique pour que le mouvement aille de l’avant, les dirigeants de l’opposition ont pris peur et se sont précipités pour négocier avec les principaux représentants de la contre-révolution.

Les ambitions militaires et l' »État profond »

Les Forces de soutien rapide, des forces armées à l’histoire sombre (une force paramilitaire soudanaise sous le commandement du National Intelligence and Security Service, NdT), ont profité de leur nouvelle position acquise lors du coup d’État pour imposer leur pouvoir et saisir toutes les entreprises qui appartenaient à des parties de l’ancien régime.

Les journaux ont beaucoup parlé de la remise des entreprises privées de l’ancien régime aux mains de l’armée, prétendument pour tenter de récupérer les fonds pillés dans le pays. Ces entreprises feront-elles partie du Trésor public ou seront-elles finalement rachetées par les Forces de soutien rapide ? Nous pourrions assister à Khartoum à un scénario similaire à celui de l’armée de Sisi en Égypte, où de gros pans de l’économie passent des mains des magnats de l’ancien régime au sommet de l’armée : d’une clique de gangsters pro-capitalistes à une autre. Pendant ce temps, la situation de misère et de chômage massif est restée pratiquement la même pour la population égyptienne.

Pour éviter cela, Socialist Alternative Sudan défend que tous les actifs, les entreprises et les fonds qui appartenaient auparavant aux escrocs du régime soient ouverts à un audit public, immédiatement nationalisés et gérés démocratiquement par les comités élus des travailleurs et du peuple révolutionnaire. De telles mesures devraient être étendues à toutes les propriétés et entreprises qui menacent de fermeture, de licenciement ou de délocalisation, et être considérées comme les « premières salves » de la chute du capitalisme au Soudan. Faire face au sort des masses exige des mesures socialistes radicales.

L’armée est aujourd’hui divisée en au moins deux factions : l’armée avec toutes ses forces officielles, puis les Forces de soutien rapide sous la direction de Hamidi. Celle-ci est une faction militaire plus proche d’une force tribale que d’une armée nationale. Elle est responsable de divers crimes commis au Darfour. Au départ, il s’agissait d’une milice tribale soutenue par le gouvernement précédent avec des armes et des fonds pour lutter pour la guerre au Darfour. Cette milice a bénéficié de la guerre et de l’argent qui lui a été versé pour accroître ses effectifs. Elle dispose également d’une importante source de revenus économiques, à commencer par une mine d’or prise de force (ou par un accord avec l’ancien régime – ce n’est pas clair) ainsi que d’un généreux financement des Etats du Golfe pour participer à la guerre au Yémen. Il faut ajouter à cela les fonds de l’Union européenne qui sont versés directement à ces forces, en dehors du Trésor public, pour stopper les migrants à la frontière.

Ces derniers jours, un certain nombre de scénarios ont fait allusion aux activités contre-révolutionnaires réelles de « l’État profond ». L’approvisionnement en eau et en électricité a été interrompu pendant de longues périodes, et bien que le « soutien » soit arrivé des États du Golfe, il y a eu une pénurie de combustible avec des files d’attente pouvant atteindre une journée entière. La chaîne de télévision soudanaise, la chaîne nationale, a diffusé toutes sortes de rumeurs et de fausses nouvelles contre le sit-in, même après le coup. La violence et les fusillades déclenchées ces dernières nuits sur les manifestants lors du sit-in à Khartoum, qui ont fait des dizaines de morts et de blessés, sont aussi largement considérées comme le fait de bataillons fantômes composés de partisans du régime évincé. Cela prouve que la guerre avec l’ancien régime fait toujours rage et que la contre-révolution est à son apogée.

Pour Socialist Alternative Sudan, les travailleurs et les masses révolutionnaires doivent entreprendre la dissolution et le désarmement systématique de toutes les milices réactionnaires, organiser la défense du mouvement et la protection et la sécurité des quartiers, tout cela au travers de leurs comités. Nous appelons également les rangs de l’armée qui sympathisent avec le mouvement à élire leurs propres comités et à s’associer aux comités ouvriers et de quartier. Ils devraient se débarrasser des officiers corrompus et réactionnaires et joindre leurs forces à la lutte révolutionnaire.

Des intérêts régionaux

Les journaux des pays impérialistes ont brouillé l’image de la situation réelle sur le terrain et donné l’impression que la révolution était réussie et terminée. Au même moment, le scénario du vol de la révolution était tissé dans les coulisses. Avec la junte militaire, une contre-révolution a été préparée avec le soutien des pays impérialistes et leurs alliés du Golfe, en plus de l’État dit profond et de toutes les forces ayant un intérêt commun à vaincre la révolution. Certaines informations ont révélé que le chef adjoint de la sécurité nationale s’était rendu en Égypte quelques jours avant le coup d’État lors d’une visite secrète pour y consulter les dirigeants du Golfe afin de planifier le processus d’isolement de Bachir – ce qui illustre clairement la relation des pays voisins comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, par le biais de l’Égypte dans ce cas-ci. Taha Osman, l’ancien vice-président du Soudan, a fui le Soudan pour l’Arabie saoudite après avoir annoncé sa tentative de renverser Bachir avec le soutien des régimes saoudien et émirati.

Outre la politique étrangère déséquilibrée du régime de Bachir, son soutien au terrorisme et ses alliances fondées sur des intérêts politiques à court terme, c’est le statut géopolitique du Soudan comme point d’entrée en Afrique et ses relations avec les pays arabes qui ont incité de nombreux pays régionaux à intervenir dans le processus de changement de régime.

Dès les premiers jours du coup d’État, les régimes saoudien et émirati ont offert leur soutien militaire afin de préserver la survie de la junte militaire au pouvoir. Ils s’attendaient à ce que les intérêts de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis au Yémen soient protégés par le maintien des forces militaires soudanaises qui y combattent. Cela contraste fortement avec les exigences des révolutionnaires et des militants de la rue, qui souhaitaient le retour immédiat des troupes du Yémen, et ce sera l’une des premières mesures adoptées par un nouveau gouvernement post-Bashir.

Cependant, avec la marge étroite dont disposait le conseil militaire pour continuer à gouverner en naviguant entre les pressions de la rue et la pression internationale, l’Union africaine n’ayant donné que deux semaines au conseil militaire pour transférer le pouvoir à un gouvernement civil, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont exploité leur influence par l’Égypte. Cela a accru la colère de la rue et révélé pleinement les intérêts de ces pays, enracinés dans ceux du Conseil militaire. Les manifestants ont organisé deux veillées devant l’ambassade égyptienne pour exprimer le rejet total de l’ingérence égyptienne dans les affaires soudanaises.

Socialist Alternative Sudan s’oppose à toute forme d’ingérence impérialiste et régionale dans le processus révolutionnaire qui a lieu au Soudan. Nous soutenons la fin de la guerre barbare au Yémen, nous sommes solidaires des luttes des travailleurs et des peuples opprimés dans le monde et nous appelons tous les travailleurs et les jeunes de la région et de la communauté internationale à soutenir la révolution soudanaise en cours et à lutter pour un monde démocratique et socialiste.