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Dégageons la droite par la rue et par les urnes !

Marre de ce gouvernement de malheur ! On en a tous assez bavé ! Enfin, tous… pas vraiment. Les patrons, eux, se sont frotté les mains. Quatre ans et demi de Michel/De Wever ? Pour eux, le cauchemar était un rêve. Et ils en redemandent.

Par Nicolas Croes

Le ‘‘patron des patrons’’ à la tête de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) Pieter Timmermans n’a pas caché sa joie dans les pages du Soir : ‘‘Emploi, croissance… Les chiffres sont bons, il faut poursuivre dans la même voie.’’

Pieter et ses (très bons) amis au gouvernement nous expliquent que si les gens sont en colère, c’est qu’ils comprennent mal, que leur perception est erronée. Mais c’est de leur côté que les choses ne tournent pas rond. Les chiffres sont bons ? Il faut le dire vite… Durant le seul premier trimestre de cette année, 28 entreprises ont annoncé des licenciements collectifs. Pas moins de 2.027 emplois sont menacés. Il faut encore ajouter les 1.900 suppressions annoncées chez Proximus, qui ne tombent pas sous l’effet de la loi sur le licenciement collectif de sociétés privées. Ça, c’est pour le ‘‘Jobs, jobs, jobs’’.

Pour Timmermans, le gouvernement Michel a bien travaillé. ‘‘Il faut continuer et réformer le marché du travail.’’ Comment ça ? Pieter ne manque pas de malice et son imagination est débordante. Figurez-vous qu’il a remarqué que certains jeunes commencent leur guindaille après minuit : pourquoi donc ne pas dorénavant considérer que le travail de nuit commence à partir de minuit au lieu de 20h ? Les patrons se sont tellement sentis à l’aise ces dernières années qu’ils ne font visiblement plus d’effort pour masquer leur mépris.

L’un des chevaux de bataille de Michel et sa bande était l’équilibre budgétaire, au nom duquel a été perpétré un véritable hold-up des finances publiques. L’opération laisse un déficit budgétaire de 8,8 milliards d’euros. Entre 1996 et 2016, les cadeaux aux grandes entreprises sous forme de diminution de taxes et de subventions salariales sont passés de l’équivalent de 1,6 milliard d’euros à 13,6 milliards d’euros. Il ne faut pas être se creuser la tête longtemps pour savoir d’où vient ce déficit…

En bref : tous les sacrifices imposés n’ont servi qu’à prendre dans les poches de la collectivité pour donner aux plus riches. Les sacrifices qui seront exigés par les futurs gouvernements, au fédéral, dans les régions et les communautés, iront dans le même sens.

Imposer un changement de cap !

La N-VA avait élaborée une belle stratégie : laisser tomber le gouvernement sous le prétexte de la migration et détourner ainsi l’attention des questions sociales avec une campagne raciste. La colère sociale sur le pouvoir d’achat, notamment sous l’influence du mouvement des Gilets jaunes, et les mobilisations des jeunes grévistes pour le climat ont fait voler ce projet en éclats. Ne laissons pas la droite reprendre son souffle !

Durant toute cette législature, les syndicats ne se sont pas laissé faire et les affiliés ont systématiquement réagi au quart de tour et en nombres dépassant les prévisions. Aujourd’hui encore, ce n’est pas la volonté d’agir et de se battre qui manque à la base. Le 14 mai, des manifestations et actions syndicales sont prévues par la FGTB dans plusieurs provinces et dans la capitale, couvertes par 24 heures de grève pour ceux qui y participent, dans le cadre du rejet de l’accord interprofessionnel par la FGTB et de sa campagne pour les 14€ de l’heure. Mais l’idée est aussi très clairement de peser sur les élections du 26 mai.

Cette journée sera d’une grande importance pour que la résistance sociale puisse prendre de l’élan et poursuivre le combat par la suite contre les autorités qui refuseront de dégager les moyens dont nous avons besoin pour mener une vie digne. Nous ne voulons pas d’une société qui refuse des revendications aussi indispensables qu’un salaire horaire minimum de 14 euros (2.300 euros bruts par mois), une pension minimale nette de 1.500 euros par mois, la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauche compensatoire, l’interdiction du travail à temps partiel involontaire, des investissements publics massifs dans les infrastructures et services publics (enseignement, soins de santé, transports en commun,…), des mesures pour le climat qui s’en prennent aux gros pollueurs, etc.

Passons à l’action pour mettre ces questions à l’ordre du jour politique et les y maintenir ! Mais pas au coup par coup. “Tout objectif sans plan n’est qu’un souhait’’, disait Saint-Exupéry. Et si un plan a marqué les esprits, c’est bien celui de 2014, ce plan d’action syndical qui avait culminé avec la grève générale du 15 décembre. A l’époque, il nous manquait une direction syndicale et politique capable de prendre son courage à deux mains pour orienter le mouvement de masse vers la chute du gouvernement. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser cette faiblesse empoisonner notre combat.

Le PSL veut contribuer à ce débat, notamment au travers de son journal, et défendre une alternative claire contre l’exploitation capitaliste, celle du socialisme.