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Pas de nouveaux gouvernements austéritaires, mais plus de salaire et plus d’investissements publics!

Les élections approchent. Pour de nombreuses personnes – syndicalistes ou non – le moment est venu de nous débarrasser du gouvernement Michel/De Wever et de sa politique antisociale. Nous avons parcouru un marathon contre ce gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Avons-nous suffisamment convaincu de voter différemment ? Est-ce d’ailleurs la meilleure manière de réaliser nos revendications ? Le Parti Socialiste de Lutte (PSL) note que nous n’avons pas stoppé la vague d’austérité, nous ne devons donc pas laisser les dernières semaines tout simplement s’écouler. C’est l’heure du sprint final !

Une fois constitué, ce gouvernement n’a pas épargné ses déclarations martiales : il allait libérer le pays d’un quart de siècle de joug socialiste et de mauvaise gouvernance, mettre fin au règne des syndicats conservateurs, récompenser les Belges qui ‘‘bossent dur’’ et créer des emplois à la pelle. Maintenant qu’arrive l’heure du bilan, il semble bien que les grands sacrifices imposés n’ont pas entraîné d’amélioration des finances publiques. Un déficit budgétaire de 8,8 milliards d’euros subsiste en dépit de la (maigre) amélioration de la situation économique. Ces sacrifices n’ont servi qu’à organiser un nouveau transfert des richesses des pauvres vers les riches. Les nouveaux efforts que les autorités exigeront ne serviront pas à autre chose.

Les syndicats, tout particulièrement à leur base, ne se sont pas laissé faire et les mobilisations ont à chaque fois dépassé les prévisions. Il est vrai que l’offensive contre nos conditions de vie et de travail n’était pas des moindres : relèvement de l’âge de la pension, démolition de la prépension, saut d’index, etc.

Dans les sondages, le gouvernement Michel/De Wever a perdu sa majorité. Si le déclin n’est pas encore plus important, c’est essentiellement parce que beaucoup ne voient pas d’alternative. Les sociaux-démocrates ont gouverné à tous les niveaux de pouvoir et n’y ont plus nulle part freiné les mesures néolibérales depuis des décennies. Ils ont au contraire activement contribué à leur mise en œuvre. Le PS et le SP.a sont devenus des machines électorales clientélistes au lieu de partis reposant sur une implication démocratique du bas vers le haut. Ils ont géré les services publics comme des entreprises privées et ont distribué les rémunérations extravagantes. Il est facile au MR et à la N-VA d’utiliser cela pour les discréditer. Disons-le clairement : leur politique n’était pas socialiste, c’était du néolibéralisme avec tout au plus un verni rouge.

La FGTB défend des alternatives. Les campagnes en faveur d’un salaire minimum horaire de 14 euros et d’une pension de minimum 1.500 euros par mois ont imposé ces revendications à l’agenda politique. Les campagnes de sensibilisation ne suffiront toutefois pas à les faire respecter : des actions plus audacieuses sont nécessaires dans les entreprises, dans les secteurs et au niveau national ! La pétition pour les 14 euros de l’heure ou 2.300 euros par mois peut aider. Mais l’expérience passée a largement démontré que nous ne pouvons rien obtenir en le demandant gentiment. Nous avons besoin de mener un combat déterminé !

En France, les Gilets Jaunes ont poussé Macron sur la défensive et même forcé quelques concessions limitées. Cela a directement eu un impact sur la bataille internationale pour le pouvoir d’achat. Les jeunes grévistes du climat ont fait de l’environnement un thème central du débat public en adoptant des méthodes typiques du mouvement des travailleurs telles que les grèves et les manifestations de masse. Ces jeunes activistes ont poussé la ministre flamande de l’environnement à la démission et ont poussé tous les partis traditionnels dans leurs retranchements sur ce thème.

Cela a mis en échec la stratégie de la N-VA qui avait laissé tomber le gouvernement sous le prétexte de la migration afin de détourner l’attention des questions sociales. Ne laissons pas la droite reprendre son souffle et détourner l’attention de ce qui est essentiel à la majorité de la population : le pouvoir d’achat, le climat, l’enseignement, les soins de santé, etc.

La grève des enseignants en Flandre, les actions des enseignants francophones, les mobilisations contre le gouvernement wallon et la manifestation du non-marchand flamand le 7 mai permettent à la résistance sociale de prendre de l’élan pour poursuivre le combat si les gouvernements à venir ne dégageront pas les moyens nécessaires. Le temps qui nous reste avant les élections et la formation de nouveaux gouvernements est à mettre à profit pour convaincre nos collègues d’entrer en action et de revendiquer un changement fondamental : aller chercher l’argent là où il se trouve et le consacrer d’abord à ce qui nous est nécessaire !

L’AIP constitue une déception : une marge salariale de seulement 1,1%, une augmentation du salaire minimum de 0,10 euro par heure et une flexibilité accrue. Cette pilule amère est à peine adoucie par quelques petites améliorations. Les patrons ont refusé la norme de 1,1% jusqu’à la grève générale du 13 février, après quoi la norme est passée de 0,8% à 1,1%. Cela démontre que la lutte paie, même si cela était encore insuffisant. Les auteurs de la Loi sur la norme salariale ont clairement illustrés quels intérêts leurs partis défendent.

En 2014, beaucoup ont été pris de surprise lorsqu’un gouvernement de droite a pris le pouvoir et a immédiatement attaqué nos acquis sociaux. De grandes mobilisations ont suivi, d’une force telle que le gouvernement a vacillé après la grève générale de décembre 2014. Si notre lutte n’a malheureusement pas continué avec la même vigueur par la suite, c’est en raison d’une absence de direction syndicale et politique visant à renverser le gouvernement.

Ne nous laissons pas surprendre à nouveau. Quel que soit le prochain gouvernement, avec un déficit budgétaire de 8,8 milliards d’euros, la pression pour de nouvelles économies sera très forte. Il nous faut continuer notre combat, non seulement pour défendre nos acquis, mais aussi pour en arracher d’autres. Les revendications les plus pressantes sont le salaire minimum horaire de 14 euros (2300 euros bruts par mois), la pension minimale nette de 1.500 euros par mois, la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauche compensatoire, l’interdiction du travail à temps partiel involontaire, les investissements publics massifs dans les services et infrastructures publics, etc.

Restons en action pour mettre ces questions à l’ordre du jour politique et les y maintenir ! Mais pas au coup par coup, plutôt dans un cadre plus large d’actions à mener avant et après les élections. La journée nationale d’action sur le pouvoir d’achat du 14 mai sera importante à cet égard.

Aujourd’hui, l’économie est dirigée par une petite élite enrichie par l’exploitation des travailleurs et de la nature. Notre système politique, les médias traditionnels, la magistrature,… sont au service de ce système. Nous ne pouvons pas nous y fier. Parvenir à un véritable changement exige de lutter contre l’ensemble du système capitaliste pour le remplacer par une société socialiste démocratique. Contactez-nous pour participer à ce combat !