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Usagers et travailleurs du CPAS de Liège : la même grogne

« Du pèze pour le CPAS, du blé pour nos usagers, des fonds pour assurer nos missions » Photo : CGSP – CPAS de Liège

Le conseil commun ville-CPAS réunit chaque année les conseillers communaux et les conseillers de l’aide sociale selon une obligation régionale. Il s’est tenu à Liège le 25 mars dernier, les travailleurs du CPAS de Liège y ont manifesté leur mécontentement devant la maison communale.

Depuis la réforme des allocations de chômage en 2015, la charge de travail ne cesse de croître au CPAS de Liège, une réalité niée par la présidente lors du conseil commun. Cette réalité est pourtant à l’origine d’un mal-être important se traduisant par des arrêts maladie, un turn-over constant et une quasi-impossibilité pour les travailleurs à réaliser un travail social de qualité, qui épaule véritablement les personnes aidées dans leur parcours de vie.

Cette réalité est dénoncée par les travailleurs, mais elle l’est également par l’ADAS (Association de Défense des Allocataires Sociaux), présente aux côtés des travailleurs ce lundi.

Si la délégation CGSP du CPAS et l’ADAS appelaient séparément à manifester devant l’hôtel de ville, on peut cependant constater que les revendications convergent largement : la diminution de la charge de travail étant considérée des deux côtés comme une priorité à la fois pour améliorer les conditions de travail des agents et pour soutenir la qualité du suivi des usagers.

Dans sa déclaration au conseil commun, la présidente a également convenu que des engagements étaient nécessaires et seraient réalisées. Combien et comment ? Voilà qui reste encore largement flou.

Il est de notoriété publique que le CPAS vient à bout de son fond de réserve et la maigre augmentation de dotation que lui concède la ville (à peine 300.000€ pour 2019), ne saurait suffire à réaliser les engagements nécessaires.

Il y a fort à parier que les travailleurs engagés, si ces engagements sont confirmés, le seront sur base de subsides particuliers, en contrats précaires ou partiels comme c’est déjà le cas pour une bonne partie des travailleurs du CPAS (sous contrat APE pour la moitié d’entre eux). La tendance n’est en tout cas pas à l’augmentation des dépenses de personnel.

Les perspectives pour les usagers ne sont pas meilleures. Comme dans tous les CPAS de Belgique, l’accent est mis sur la responsabilisation des usagers dans leur parcours d’insertion et une pression croissante sur leur mise à l’emploi afin de soulager les budgets, ceci avec de moins en moins de considération pour leur situation en termes de logement, de santé, d’endettement, etc.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous suivrons l’évolution de toute convergence de lutte entre travailleurs et bénéficiaires qui pourrait émerger de la situation actuelle. Il nous parait évident que le refinancement nécessaire des CPAS ne s’obtiendra que par une lutte décidée et unitaire de l’ensemble des acteurs concernés.