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Sauvé par la ‘‘Loi climat’’ ? Que cache l’establishment…

Avec l’impressionnant nombre de manifestants et de grévistes pour le climat de ces derniers mois, le thème est incontournable. Aucune réponse n’est venue des bancs politiques ou patronaux, à l’exception de propositions symboliques comme les sessions de sensibilisation dans les écoles effectuées par une douzaine de ‘‘coaches climat’’.

Par Arne (Gand), article tiré de l’édition de mars de Lutte Socialiste

Les politiciens établis et les grandes entreprises sont réticents à faire quoi que ce soit, mais ils savent se blâmer mutuellement. C’est l’approche de la campagne ‘‘Sign for my future’’, biais par lequel des grandes entreprises déclarent qu’elles voudraient bien aider, mais que le politique ne veulent pas. La manière de faire est bien pratique pour éviter de discuter de ce qui est nécessaire et permettre à des entreprises comme BNP Paribas de se présenter au monde comme des entreprises vertes ! S’il existe bien des projets drastiques chez les entreprises, ils nous emmènent tout droit dans le mur. Le magazine The Economist a ainsi rapporté début février qu’ExxonMobil prévoit d’augmenter sa production de gaz et de pétrole de… 25% d’ici 2025 par rapport à 2017 !

La ‘‘loi climat’’ : une nouvelle manœuvre de diversion ?

L’idée d’une ‘‘loi climat’’ a fait son apparition, mais ce que cela pourrait signifier concrètement reste encore flou. Nous devons concrétiser nos revendications, cela s’impose pour davantage développer le mouvement pour le climat et aider à mobiliser pour imposer un changement véritable. Le meilleur endroit pour en discuter est selon nous au sein de comités d’action créés dans les écoles, les facultés et les lieux de travail.

Début février, un groupe de scientifiques a élaboré une ‘‘loi spéciale sur le climat’’ devant passer à travers tout le tracas bureaucratique des différentes régions, de la Chambre et du Sénat. Ecolo et Groen ont soumis le texte sous forme de projet de loi. Selon les scientifiques, le texte est immédiatement applicable et, selon Meyrem Almaci, présidente de Groen, le grand avantage du texte est qu’il a été écrit par des scientifiques, de sorte ‘‘qu’il ne doit plus y avoir de débat idéologiques’’.

Le fait que la loi soit immédiatement applicable serait une bonne chose. Des changements profonds s’imposent d’urgence. Malheureusement, la loi spéciale sur le climat ne les garantira pas. Le projet de loi ‘‘aspire à la création d’une conférence interministérielle sur le climat, d’une agence interministérielle du climat et d’un comité d’experts indépendants’’. Seuls des objectifs sont fixés, l’accent étant mis en particulier sur une réduction de 95 % des émissions d’ici 2050. La loi se garde toutefois bien de préciser comment y parvenir et qui en fera les frais… En voilà un de débat idéologique ! Ce débat ne porte pas que sur le nucléaire. Où trouver les moyens nécessaires pour adopter des mesures audacieuses ? Chez les particuliers ? Par des économies dans les budgets publics ? Les soins de santé ? L’enseignement ? Ou alors chez les grandes entreprises et les ultra-riches ? Nous savons pertinemment quelle sera la réponse en restant dans le cadre du capitalisme. Et en restant dans ce cadre, les émissions ne seront de toute façon pas réduites de manière aussi drastique que nécessaire.

Même les responsables politiques verts ne vont pas plus loin que des taxes écologiques, des taxes sur le carbone, des accises sur les produits polluants, des incitants individuels pour des panneaux solaires, par exemple, ou les normes d’émission contraignantes. Mais ces mesures existent depuis des années et les grandes entreprises les contournent facilement. Les entreprises au ‘‘CEO vert’’ ayant signé l’appel ‘‘Sign for my future’’ ne sont pas les alliés dont nous avons besoin ! La soif de profit s’oppose à l’écologie : on ne peut pas rendre un tigre végétarien !

Les 30.000 plus gros pollueurs d’Europe ne seront pas affectés de manière significative par une loi sur le climat. Ils sont couverts par le Système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE) et ne doivent donc pas tenir compte des lois nationales sur le climat. Ils essaieront même de détourner les lois climatiques pour justifier d’en faire payer le prix (et même plus) à la collectivité. ‘‘System change not climate change’’ : cela exige plus qu’une simple loi sur le climat.

“Changer le système”, mais comment et pourquoi ? Viens en discuter à notre week-end “Socialisme 2019” ces 30 et 31 mars !

Nous en avons marre et nous allons nous battre ! Les manifestations internationales pour le climat en sont le meilleur exemple. Nous ne sommes pas seuls dans ce combat. Ces dernières années, de plus en plus de jeunes femmes, mais aussi d’hommes sont entré en lutte contre le sexisme omniprésent. Les provocations des populistes et des racistes de droite se heurtent régulièrement au dégoût et à la résistance de nombreux jeunes et antiracistes.

La volonté d’agir et de se battre est croissante ! Mais pour quelles solutions ? Quelles réponses ?

Quelles leçons tirer des luttes d’ici et d’ailleurs ? Comment les renforcer ? Comment peut-on unifier la colère ? Sur base de quel programme ? De quelles méthodes ? Les élections de mai prochain peuvent-elles assister la lutte sur le terrain ?

Le week-end Socialisme 2019 est une occasion unique qui réunit des syndicalistes, des féministes, des activistes de toutes sortes et de simples curieux pour débattre ensemble de la manière de défier le chaos capitaliste pour le remplacer par une alternative socialiste où l’économie sera démocratiquement planifiée pour satisfaire les besoins de tous dans le respect de notre environnement.

Petit avant-goût du programme :

  • Nous accueillerons RUTH COPPINGER, députée irlandaise, figure clé de la victoire pour le droit à l’avortement en Irlande. Elle animera un atelier de discussion consacré à l’impact de la victoire sur le droit à l’avortement sur les luttes sociales dans le pays. cet atelier prendra place le samedi 30 mars, de 16 à 18h.
  • Le mouvement pour le climat sera bien entendu présent durant ce week-end de discussion. Le samedi 30 mars, le programme et les méthodes d’action nécessaires pour le mouvement seront abordés dans un atelier qui prendra place de 16h à 18h. Le dimanche 31 mars, de 10h30 à 12h30, un grand meeting central aura lieu sur le thème “Socialist change not climate change !” Lors de ce meeting, nous aborderons pourquoi la planification socialiste est la meilleure réponse à la catastrophe climatique. Nous partirons ensuite ensemble vers la Marche pour le climat (Rise4Climat 13h gare du Nord).

Vous voulez en savoir plus et vous inscrire ? C’est par ici que ça se passe !