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La Réduction collective du temps de travail s’invite dans la campagne électorale

Le thème du climat jouera indéniablement un rôle de premier plan dans la campagne électorale, de même que celui du pouvoir d’achat. Mais la réduction collective du temps de travail (RCTT) rejoindra les thèmes majeurs du débat politique, puisque le PS, Ecolo, le PTB et Défi défendent ouvertement le principe.

Par Pietro (Bruxelles)

Il est déjà tout à fait possible aujourd’hui d’introduire une diminution du temps de travail à moins de 38 heures par semaine et d’instaurer une semaine de 4 jours, soit via une convention collective de travail (sectorielle ou au niveau de l’entreprise) ou via le règlement de travail. Une réduction des cotisations sociales est prévue pour les employeurs en guise de compensation. Mais il est bien plus intéressant pour les patrons de presser leurs travailleurs comme des citrons pour préserver et accroître les bénéfices.

Le modèle défendu par Défi et Ecolo doit s’opérer ‘‘sur une base volontaire’’… comme aujourd’hui en somme! Ecolo précise toutefois qu’il faudrait une ‘‘embauche compensatoire de minimum 50 %’’ avec des ‘‘réductions de cotisations sociales d’un montant équivalent à l’allocation de chômage moyenne d’un demandeur d’emploi complet indemnisé’’. Le PS se prononce également en faveur de la RCTT à 32h avec accès par paliers négociés via la concertation sociale pour s’adapter aux besoins des secteurs. Avec réduction des cotisations sociales pour les patrons bien entendu. Le PS ne parle par contre pas d’embauche compensatoire obligatoire mais de contrôle des heures supplémentaires, ce qui pourra clairement être détourné par les patrons via une augmentation des cadences.

Le PTB aussi se dit favorable à une telle revendication, en proposant le modèle de la semaine de 30h. Son modèle reste malheureusement dans le cadre du système, via l’implémentation par étapes, secteur par secteur, sans hélas nier la possibilité d’utiliser des subsides publics.

Le débat se la RCTT repose donc sur la manière dont la collectivité aura elle-même à payer pour cette mesure! Accepter de diminuer les cotisations sociales des employeurs revient à s’en prendre à la partie socialisée de nos salaires qui sert au financement de la sécurité sociale. Si les prétendues ‘‘charges patronales’’ l’étaient réellement, elles seraient calculées sur les dividendes et les intérêts bancaires et non sur les salaires !

La RCTT est une mesure d’urgence sociale qui s’impose contre le chômage et la trop grande charge de travail qui pèse sur les épaules des travailleurs. La dernière RCTT nationale date de 2003, où la semaine de travail est passée de 39 à 38 heures. Depuis, plus rien. Le PSL défend une RCTT à 30h semaine, sans perte de salaires, avec embauche compensatoire et sans augmentation des cadences. Nous défendons chaque pas concret correctement mis en avant : les partis qui se disent aujourd’hui favorables à la RCTT peuvent par exemple la mettre en pratique dans les services publics wallons et bruxellois après les élections de mai 2019.

[Socialisme 2019] « La victoire des travailleurs de Lidl et la lutte contre la pression au travail », atelier de discussion ce samedi 30 mars, de 16h00 à 18h00, lors du week-end Socialisme 2019.