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8 députés de droite quittent le Parti travailliste. Que les autres dégagent aussi !

Le parti conservateur est en crise et le gouvernement menace de s’effondrer. C’est pourtant à ce moment précis que huit députés ont choisi de quitter le Parti travailliste pour constituer leur propre ‘‘groupe indépendant’’.

Version raccourcie d’un édito de l’hebdomadaire ‘The Socialist’

Cette ‘‘bande des Huit’’ a choisi de commettre cet acte de sabotage en prévision d’une éventuelle élection générale, qui pourrait survenir au cours de ces prochains mois, surtout si l’impasse parlementaire sur le Brexit continue et si une action syndicale de masse est organisée pour faire chuter les Conservateurs.

Depuis l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste, une guerre civile fait rage entre l’aile gauche et l’aile droite. Cette dernière reste dominante au parlement, dans les conseils municipaux et dans la machine bureaucratique du parti. Des députés travaillistes de droite ont témoigné de leur répugnante sympathie envers les huit députés qui ont quitté le parti, mais il est scandaleux que certains dirigeants syndicaux se soient également fait l’écho de ces sentiments.

La droite du parti ne mérite aucune confiance !

Des membres de la section travailliste de Wavertree, d’où provient une députée de la bande des Huit, avaient précédemment cherché à obtenir un vote de défiance à son égard. Mais ils ont été soumis à diverses pressions pour retirer leur motion au nom de ‘‘l’unité’’. La direction du parti autour de Jeremy Corbyn continue hélas de chercher à conclure des compromis avec la droite du parti. C’est ce qui a permis à cette 5e colonne nostalgique de Tony Blair de continuer à saper sa position.

Cette scission ne représente qu’une petite partie de l’aile pro-austérité du Parti travailliste. Elle comprend des personnalités relativement importantes mais le fait que la majorité des députés pro-austérité soient restés au parti travailliste est certainement une stratégie calculée. Jusqu’à présent, cette ‘‘scission’’ n’est visible qu’au niveau parlementaire. Aucun nouveau parti n’a été lancé. Cela pourrait être le cas plus tard.

Il est probable que l’on espère que cette scission pourra contribuer à empêcher l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement dirigé par Corbyn. Cela pourrait ainsi remplir un rôle similaire à celui la scission du Parti social-démocrate en 1981. Mais compte tenu de la colère générale dans la société et de la crise profonde à laquelle le Parti conservateur est confronté, il est loin d’être certain que cette initiative sera couronnée de succès.

Du point de vue de la classe capitaliste, il est logique que la majorité de ses représentants au sein du parti travailliste y restent pour l’instant. Ces députés de droite pourraient être utilisés efficacement pour saboter un gouvernement dirigé par Corbyn s’il était élu et tentait de mettre en œuvre une vraie politique de gauche. Une sortie massive des députés de droite peut être gardée en réserve et utilisée à l’avenir pour précipiter la chute d’un gouvernement dirigé par Corbyn.

Le secrétaire général du syndicat Unite, Len McLuskey, demande à juste titre que des élections partielles soient déclenchées dans les circonscriptions que représentent ces anciens députés travaillistes. Si des combattants de la classe des travailleurs étaient choisis comme candidats travaillistes à leur place, cela pourrait constituer un excellent premier test pour apprécier le soutien réel qui existe dans la société pour un agenda réellement de gauche.

L’incapacité de Corbyn d’articuler une approche socialiste de la question du Brexit de manière claire et cohérente permet à d’autres forces d’obtenir un certain soutien en jouant sur la confusion et la division qui existent au sein de la classe des travailleurs sur cette question. Cela souligne l’importance pour Corbyn d’adopter une approche socialiste claire de la question, en faisant valoir qu’un gouvernement dirigé par lui se battrait pour rouvrir les négociations sur une base totalement différente.

Un point de départ pour ce faire serait de définir un programme de protection et d’amélioration des droits des travailleurs, y compris les droits des travailleurs migrants et des réfugiés ; d’abolir toutes les lois et règles antisyndicales comme la directive européenne sur le détachement des travailleurs – que les employeurs peuvent utiliser pour faciliter une ‘‘course vers le bas’’ des salaires et des conditions de travail ; de lutter contre toutes les réglementations européennes qui agissent contre les intérêts des travailleurs, comme celles qui font obstacle aux politiques gouvernementales comme les aides publiques et les nationalisations ; et de définir un nouveau programme pour une collaboration des citoyens européens sur une base socialiste.

Dans une situation où des emplois sont actuellement menacés, le spectre d’un Brexit sans négociation étant souvent utilisé par les patrons pour justifier les fermetures d’entreprises et les licenciements, Corbyn devrait immédiatement dire ce qu’un gouvernement travailliste ferait pour protéger les emplois : nationaliser les entreprises menacées de fermeture.

La bande des Huit a exposé plus clairement la nature de la bataille qui fait rage dans le parti travailliste, avec le potentiel qu’il devienne un parti démocratique défendant le socialisme avec une structure fédérative. Le Socialist Party appelle à la tenue d’une conférence du Parti travailliste à laquelle pourraient participer toutes les forces anti-austérité, dont les syndicats et les groupes socialistes.

Une telle conférence pourrait discuter des tâches urgentes qui attendent notre mouvement. Dans l’immédiat, il s’agit notamment d’organiser une mobilisation de masse pour se battre dans la perspective d’une élection générale et de la révocation des députés de droite pour les remplacer par des candidats socialistes combattifs, et construire la lutte pour transformer une transformation socialiste de la société.

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