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Fin du mois et fin du monde : mêmes coupables! Tous en grève le 15 mars!

La jeunesse a submergé les rues de Bruxelles et d’autres villes du pays plusieurs semaines de suite dans un mouvement inédit et historique pour le climat. Il y est naturellement question de changement de comportements individuels, mais la grande majorité des manifestants défend des solutions collectives et même l’idée d’un ‘‘changement de société’’. La jeune écolière suédoise Greta Thunberg à l’origine de la mobilisation internationale était à la manifestation de Bruxelles le jeudi 21 février. Juste avant, elle déclarait à la presse : ‘‘Si vous pensez que nous devrions être en classe, faites grève, vous !’’ Le 15 mars nous offre l’opportunité d’être en grève pour le climat au côté de la jeunesse.

Par Celia, enseignante, Bruxelles

C’est la puissance du mouvement qui a contraint la ministre flamande de l’environnement Joke Schauvliege à démissionner. L’an dernier, Theo Francken était resté en place après la mort de la petite Mawda, abattue par le tir d’un policier. Il faut remonter à la démission de Louis Tobback en 1998 – après que Semira Adamu ait été étouffée par des gendarmes – pour retrouver pareille démission, là aussi sous l’impact d’une colère qui avait balayé les rues. Première victoire !

Un appel à une grève internationale pour le climat a été lancé pour le 15 mars. Ce jour-là, il devrait y avoir des mobilisations en France, au Québec, au Royaume-Uni,… Cela pourrait être la plus grande journée de mobilisation internationale depuis le mouvement anti-guerre en 2003 !

Le capitalisme exploite toutes les sources de richesse

L’impact des grèves scolaires a dépassé le cadre de la démission d’une ministre. Un contexte de lutte a été créé qui, couplé à l’atmosphère de colère face au pouvoir d’achat qu’illustrent les Gilets Jaunes, a sérieusement aidé à ce que la grève nationale en front commun syndical du 13 février soit organisée et rencontre le succès. Pour rappel : aucun avion n’a volé ce jour-là ! Le 13 février, selon la CSC, il y avait plus de cent piquets rien qu’à Bruxelles, avec plus de cent personnes dans certaines entreprises comme Proximus ou Audi.

Les syndicats ont été poussés par leur base à mobiliser le plus massivement possible pour créer un rapport de force contre un gouvernement des patrons qui fixe la norme salariale à 0,8%. Certains secteurs syndicaux ont aussi déposé un préavis de grève pour le 8 mars, dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits de la femme. C’est également le cas concernant le 15 mars : un préavis de grève a été déposé par la Centrale générale de la FGTB. L’action collective est la meilleure riposte contre les tentatives visant à monter le mouvement pour le climat contre celui pour notre pouvoir d’achat. Marx faisait déjà remarquer que le capitalisme exploite à la fois la nature et le travail, les deux sources de toute richesse. Le climat et le pouvoir d’achat font face au même problème : la soif de profit inhérente au capitalisme.

Luttons ensemble !

Quel coup dur pour la N-VA qui voulait se rendre aux élections régionales, fédérales et européennes en jouant sur la peur des réfugiés et des migrants ! C’est loin d’être ce qui focalise aujourd’hui l’attention. Les mobilisations de la jeunesse et des travailleurs ont imposé leurs agendas : le climat et le pouvoir d’achat.

Le PSL soutient les revendications syndicales pour plus de pouvoir d’achat, un salaire minimum de 14€/h, une pension minimale de 1.500€ et une véritable justice climatique ! Ces revendications sont des réponses concrètes aux dégâts sociaux provoqués par ces années de crise économique. Elles nous permettent aussi de partir du vécu quotidien pour remettre en cause tout le système capitaliste.

C’est le moment de passer à l’offensive ! Après la grève nationale du 13 février, un plan de lutte tel que celui de 2014 peut nous permettre de poursuivre le combat tout en l’amplifiant. Une journée d’action commune avec les jeunes le 15 mars permettrait de faire la jonction entre l’énergie enthousiaste des militants du climat à la force économique des travailleurs. Avec cela, nous pouvons faire trembler le système sur ses fondations !