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Face à la menace de l’extrême droite : la mobilisation de masse !

Manifestation anti-NSV à Gand le 22 mars l’an dernier. (Photo : Liesbeth)

Prochain rendez-vous : la manifestation anti-NSV à Louvain

La manifestation contre le Pacte de Marrakech du 16 décembre dernier a été la plus grande mobilisation de l’extrême droite en Belgique depuis des décennies. La police a parlé d’environ 5.500 participants. Différents groupes d’extrême droite flamands comme le Voorpost, le NSV, le KVHV, Schild & Vrienden et Vlaams Belang avaient mobilisé ensemble. Cette coopération est en soi inquiétante. Elle a donné lieu à une autre manifestation, à Ninove le 3 janvier, avec plus d’un millier de personnes. L’avertissement est sérieux : il faut empêcher une nouvelle percée de l’extrême droite, et seule la gauche en est capable. Le danger est d’autant plus grand en cette période de troubles sociaux et de crises politique, économique et climatique.

Par Jonas (Anvers)

La N-VA souffle dans les voiles de l’extrême droite

Le Pacte de Marrakech est un pacte non contraignant (!) adopté par l’ONU qui aura très peu de conséquences. Le Pacte comporte 23 ‘‘objectifs’’ qui visent à aboutir à un traitement similaire des migrations dans le monde en réaffirmant les droits humains existants et en appelant à une nouvelle coopération internationale en matière de migration. 191 pays avaient accepté l’accord à New York en juillet 2018. Finalement, seuls 152 pays ont ratifié le Pacte.

La N-VA a saisi l’occasion pour placer la migration au centre du débat public, jusqu’à quitter le gouvernement. Sa participation au gouvernement fédéral a été sacrifiée pour ses propres intérêts politiques : enrayer le transfert de voix à destination de l’extrême droite constaté lors des élections communales. Avant cela, la N-VA a fait tout ce qui était en son pouvoir pour rendre l’asile plus difficile à obtenir en Belgique, notamment en augmentant les ‘‘frais de dossier’’ pour les permis de séjour (de 50 à 200 €), en collaborant avec des régimes dictatoriaux comme celui du Soudan pour y renvoyer les réfugiés, etc. Le scandale des visas humanitaires le démontre : il en était autrement avec la bonne religion, les bonnes connections avec le parti et suffisamment d’argent.

Dans ce contexte de croissance économique moribonde et de déficits budgétaires, la N-VA souhaite concentrer l’attention sur les réfugiés davantage que sur son programme socio-économique. L’extrême droite s’en frotte les mains : ‘‘quand deux chiens se battent pour un os, c’est le troisième qui part avec’’, a-t-on dû penser au Vlaams Belang quand Michel et la N-VA se sont chamaillés autour du pacte. La marche contre Marrakech en fut l’expression.

Toute l’extrême droite s’est réunie à Bruxelles avec une participation inquiétante. La contre-action, initiée par diverses organisations, soutenue par quelques centrales syndicales, a été plus modeste avec 2.000 participants. L’extrême droite s’en est sentie renforcée et, le 3 janvier, une nouvelle manifestation a eu lieu à l’occasion de l’installation du conseil communal de Ninove. La nouvelle ‘‘star’’ de l’extrême droite, le jeune néonazi Dries Van Langenhove (Schild & Vrienden), n’a ensuite pas hésité à jouer au provocateur à la mobilisation écolière pour le climat du 17 janvier, où il s’y est rendu pour défendre le nucléaire. Le reportage de la VRT qui avait fait grand bruit en démasquant le caractère brutalement raciste, sexiste et homophobe de Schild & Vrienden en septembre dernier n’a pas été suffisant pour stopper le phénomène. Van Langenhove a même été choisi par le Vlaams Belang pour tirer sa liste pour la chambre dans le Brabant flamand.

Ne laissons pas l’extrême droite occuper la rue !

Quand l’extrême droite gagne en confiance, cela se traduit par des violences physiques contre les antifascistes, les migrants, ceux qui n’ont pas l’air assez ‘‘d’ici’’ ou les syndicalistes. Le prochain rendez-vous d’extrême droite pourrait bien être la manifestation du NSV à Louvain.

A l’instar du parti qui l’a lancé, le Vlaams Belang, ce cercle des étudiants nationalistes a été mis sous pression ces dernières années. Alors qu’il organise depuis de nombreuses années sa marche de la haine dans une ville étudiante flamande, il n’était pas certain que cela soit encore le cas l’année dernière. La marche a finalement eu lieu à Gand avec le soutien de Schild & Vrienden. Maintenant que le ‘‘patron’’ de Schild & Vrienden est tête de liste pour le VB dans le Brabant flamand, la manifestation du NSV, qui devrait prendre place à Louvain, pourrait gagner en importance. Aucune date précise n’est connue, les 14 et 21 mars sont des possibilités. Nous ne pouvons pas accepter cela, il faut mobiliser pour une forte contre-manifestation antifasciste. Schild & Vrienden ne limite pas son action à internet, l’organisation raciste et néonazie n’hésite pas à provoquer et intimider les militants syndicaux et ses opposants dans la vie réelle. Les syndicats doivent jouer un rôle dans la résistance contre l’extrême droite !

Comment répondre aux mobilisations d’extrême droite ?

Depuis les années ‘90, le PSL n’a cessé d’appeler à mobiliser dans la rue contre l’extrême droite et sa haine. Au début des années ‘90, nous avons lancé la campagne Blokbuster avec laquelle nous avons organisé et mobilisé des milliers de jeunes et de travailleurs après le ‘‘dimanche noir’’ (le 24 novembre 1991, date de la première grande percée électorale du Vlaams Blok) sous le slogan ‘‘des emplois, pas de racisme’’.

Les actions antifascistes sont importantes pour empêcher l’extrême droite de s’emparer de l’espace public et redoubler sa violence. Mais il faut aussi répondre à son discours. Dans un contexte d’austérité et de détérioration des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles, l’extrême droite se fraye un chemin dans l’opinion en affirmant que tout cela est la faute des migrants. Il faut réorienter la colère à destination des véritables responsables de la crise pour miner cette argumentation. Le problème, c’est le banquier, pas l’immigré !

Une des faiblesses des mobilisations antifascistes est qu’il n’y a pratiquement aucune campagne antiraciste syndicale, certainement par crainte de s’aliéner des affiliés. Mais la classe des travailleurs est plus forte si elle est unie. Renforcer la lutte antifasciste est dans l’intérêt direct des syndicats. Des revendications comme un salaire minimum horaire de 14 euros, une pension de 1.500 euros par mois minimum, la réduction collective du temps de travail, l’égalité salariale entre femmes et hommes, etc. sont capables de nous unir autour de nos intérêts communs.

Luttons ensemble contre l’austérité et la politique du ‘‘diviser pour mieux régner’’ ! Une mobilisation combative avec des revendications sociales est la meilleure riposte qui soit contre l’extrême droite. Le regain de vigueur de l’extrême droite militante au cours de ces dernières semaines rend évidente l’ampleur de l’enjeu. Participez à la manifestation anti-NSV, rejoignez EGA, Blokbuster ou le PSL et rejoignez-nous dans la résistance pour un futur socialiste !