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Notre avenir sur cette planète exige de changer de système !

Quelques manifestants de la mobilisation de Bruxelles ce jeudi 14 février.

Pour une alternative socialiste contre la pollution capitaliste

Ce journal paraît juste à temps pour la marche pour le climat du 27 janvier. A peine deux mois après la marche climatique historique du 2 décembre 2018, ce sera un nouveau moment fort dans la lutte pour notre planète. Jusqu’au 27 janvier, l’irruption spontanée de milliers d’élèves du secondaire dans les rues trois jeudis d’affilée a constitué un facteur décisif dans la mobilisation. Leurs actions de grève ont conforté le sentiment d’urgence sur la question climatique et stimulé le débat public. Ce cris de colère appelle un changement radical et les jeunes ont compris qu’il ne tombera pas du ciel en restant à l’école.

Par Michael Bouchez

La politique ne répond pas à l’urgence de la situation

Ce n’est pas seulement la génération actuelle d’écoliers qui est concernée. Le changement climatique et les questions environnementales font partie de la vie de l’ensemble de la population active. Les étés exceptionnellement chauds, les événements météorologiques extrêmes, les avertissements alarmistes des scientifiques deviennent font de plus en plus partie du quotidien. Mais ce qui caractérise surtout la jeunesse actuelle, c’est qu’elle a grandi au beau milieu des mesures palliatives et des vagues promesses que l’establishment défend encore aujourd’hui. Les jeunes savent que la catastrophe climatique menace de leur tomber dessus et ils voient bien que les ‘‘solutions’’ existantes sont totalement inadéquates. C’est précisément la raison pour laquelle ces actions de grève et ces manifestations de masse sont si importantes : elles donnent un visage à une multitude d’inquiétudes individuelles.

Depuis la reconnaissance officielle par la communauté scientifique du lien entre le réchauffement climatique et les émissions de CO2 en 1988, l’élite politique néolibérale a tout fait contenir la lutte contre le réchauffement climatique dans les limites de la responsabilisation individuelle, de la culpabilisation des consommateurs et de la promotion du libre marché ‘‘vert’’. Rien n’a été fait pour se mettre en travers de la route des grands pollueurs sous prétexte de sauvegarder la ‘‘liberté d’entreprise’’. En conséquence, 100 multinationales sont responsables à elles seules de 71 % des émissions globales de gaz à effet de serre depuis 1988. Le ‘‘marché libre’’ fera payer la facture à la planète et à la population.

Le libre marché et le capitalisme font donc obstacle à une véritable solution. Les multinationales agroalimentaires, le secteur chimique, les géants de l’électronique, etc. se moquent des coûts écologiques. Tant que qu’on laissera les multinationales pétrolières s’adonner à leur soif de profits, elles iront chercher chaque goutte de pétrole. Il en ira de même pour le maintien des centrales nucléaires. Même lorsqu’il y a des réglementations, elles sont contournées sans incidence, comme l’a illustré l’exemple le ‘‘dieselgate’’ de Volkswagen qui a démontré que l’entreprise trichait lors des tests d’homologation au sujet de ses émissions polluantes.

Allons de l’avant avec des revendications offensives !

La jeunesse a un rôle crucial à jouer dans la lutte. On les a moins habitués à être freiné par ce qui est ‘‘réaliste’’ ou non. Ils peuvent en ainsi inciter d’autres couches de la population à se battre. Ce sera nécessaire. Il nous faut des revendications collectives pour instaurer des changements structurels en visant la production et non uniquement la consommation. Cela implique de mener la lutte jusqu’au cœur des entreprises et de services publics tels que les transports en commun.

A cet égard, le rôle que peuvent jouer les syndicats est crucial. Dans ce système, la classe des travailleurs est la force sociale qui détient les clés de l’économie : elle peut tout stopper en faisant grève ! Si le mouvement climatique se joint au mouvement organisé des travailleurs, cela peut constituer une force mobilisatrice sans précédent. Le tout est de voir sur quelle base.

Le programme de revendications que nous jugeons nécessaire ne démarre pas de ce qui est ‘‘acceptable’’ dans ce système polluant, mais de ce qui est nécessaire. Pour les politiciens traditionnels, même des transports en communs plus efficaces et gratuits sont de trop ! Il s’agit pourtant d’une réponse très concrète à la pollution atmosphérique urbaine et aux émissions de CO2. Mais, au lieu de cela, leur projet politique est fait d’économies supplémentaires sur les transports publics, de libéralisation et finalement de privatisation du secteur. Nous devons nous opposer à tout projet de libéralisation et de privatisation de la SNCB, des TEC, de la STIB ou de De Lijn.

Le transport ferroviaire de marchandises (le fret) doit redevenir propriété publique afin de réduire le trafic routier de marchandises. La libéralisation a réduit la part du rail dans l’ensemble du transport de fret de 10% en 2000 à 7% en 2015. La part des camions est passée de 75% à 80%. En bref, il y a beaucoup plus de camions sur les routes et des travailleurs aux bons salaires et aux bonnes conditions de travail ont fait place à des conducteurs des pays de l’Est exploités pour des salaires de misère.

Le secteur de l’énergie est de loin le secteur le plus polluant. Soumis à la logique du privé, les factures deviennent impayables et tout contrôle de la collectivité sur la production est impossible. Si ce secteur est nationalisé et placée sous le contrôle et la gestion démocratiques de la communauté et des travailleurs, les investissements nécessaires pourront être libérés en faveur d’énergies renouvelables et de la sortie du nucléaire.

La propriété et le contrôle publics de la recherche scientifique et technologique sont indispensables pour une transition verte rapide. Ce ne sont pourtant pas les connaissances qui manquent. Le problème vient des multinationales qui achètent littéralement les recherches, les placent sous brevets et les planquent dans leurs coffres forts. Leur manière de voir la technologie, c’est de la pervertir pour un maximum de profits. L’obsolescence programmée laisse derrière elle des montagnes de déchets toxiques parce que les entreprises préfèrent vendre des produits plutôt que de permettre leur réparation ou d’assurer leur longévité.

Ces revendications ne représentent qu’une partie de ce que nous défendons. Elles sont loin d’être folles, mais elles se heurtent à la base du système économique : le profit. Garantir notre avenir signifie d’entrer en conflit avec elle. Et la meilleure manière de le faire, c’est de s’organiser autour de la classe des travailleurs, celle qui crée les richesses, pour instaurer une société où les secteurs clés de l’économie seraient gérés et contrôlés par la communauté dans le cadre d’une planification économique rationnelle et démocratique. La richesse produite servirait à investir dans la production écologique, dans la recherche scientifique, etc. C’est ce que nous appelons une société socialiste.

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