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Construisons ensemble la grève générale du 13/02 et les actions à venir !

  • Plus de pouvoir d’achat : une réelle augmentation salariale, un salaire minimum de 14 €/h, une pension minimum de 1.500 € !
  • Notre pouvoir d’achat et le climat souffrent des politiques néolibérales : jeunes activistes du climat, Gilets Jaunes et syndicalistes : ensemble, on est plus forts !
  • Pour un plan d’action offensif et crescendo qui ne s’arrête pas le 13 février !

Après 10 ans de crise au cours desquels les patrons et les gouvernements Di Rupo et Michel se sont attaqués à notre pouvoir d’achat et à d’autres acquis sociaux, l’idée de poursuivre le gel de nos salaires est une provocation. Leurs profits sont énormes, les primes des cadres supérieurs atteignent des sommets, et il n’y aurait rien pour nous ?! Ces dernières années, nos salaires ont été rabotés (à cause du saut d’index notamment), nous avons perdu une bonne partie de notre prépension (RCC), nous devons travailler plus longtemps (alors que des mesures pour les métiers lourds ne sont pas adoptées), les services publics ont été réduits,…

Les sources de mécontentements et les résistances ne manquent pas depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Michel. Fin 2014, notre opposition fut si forte que le gouvernement était au bord du gouffre. Il nous a toutefois manqué une direction syndicale et politique proposant une alternative au mouvement pour, sur cette base, précipiter la chute de Michel et de la politique d’austérité. L’arrêt de la dynamique de la fin de l’année 2014 a sans aucun doute provoqué la déception de nombreux collègues mais, depuis, presque toutes les actions ont été plus fournies que prévu.

Malgré notre opposition sur les lieux de travail, le gouvernement n’est pas tombé sur les questions sociales. La N-VA a tiré la prise pour se rendre aux élections portée par le débat sur l’asile. On ne parle de « dimension sociale » de la politique que lorsqu’il faut justifier l’inaction climatique. Notre pouvoir d’achat et le climat se heurtent aux intérêts du capital. Après quatre ans de gouvernement Michel/De Wever, 160.000 personnes dépendent des banques alimentaires. Et ce n’est certainement pas en raison de l’adoption de mesures pour le climat.

La protestation massive des jeunes contre le climat cause des soucis à la N-VA et aux autres partis établis. Ce ne sont pas l’asile, la migration et le confédéralisme qui dominent le débat, mais le climat. Ajoutons-y le pouvoir d’achat. Le mouvement de masse des Gilets Jaunes en France montre que la mobilisation pour le pouvoir d’achat peut dépasser les attentes et mettre en difficulté des politiciens de droite tels que Macron. Non pas en le demandant gentiment, mais en luttant résolument pour que nos thèmes soient au cœur du débat public.

La colère est grande beaucoup à l’égard du profond impact de cette politique en faveur des ultra-riches, parmi lesquels 26 à peine possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale ! C’est le mouvement des travailleurs qui est le mieux placé pour réunir cette colère et en faire une lutte offensive et unitaire.

Non au gel de nos salaires ! 

A chaque négociation, les patrons étaient confortablement installés : sans accord avec les syndicats, ils obtenaient toujours ce qu’ils voulaient du gouvernement. Maintenant que le gouvernement est tombé, le favoritisme des autorités ne peut plus compter. Toute faiblesse de notre part conduit invariablement à l’agression patronale. Faisons de même et profitons de la chute du gouvernement pour arracher de réelles augmentations salariales.

La nouvelle loi sur les salaires rend presque superflue la négociation d’un accord interprofessionnel (AIP) : après tout, c’est le Conseil central de l’économie (CCE) qui décide de son contenu. Le patronat s’en tient à la loi sur les salaires, non pas qu’il ait le moindre problème à enfreindre ou contourner les lois quand ça l’arrange. L’arrogance du patronat à l’égard de la norme salariale et ses exigences de flexibilité supplémentaire montrent que les patrons veulent en tirer le meilleur parti. Ne partons pas de ce qu’ils veulent nous donner, mais de ce qui est nécessaire pour nos conditions de vie !

En raison des pressions exercées à la base des trois syndicats, manifestées notamment par le succès du 14 décembre, ils ont heureusement décidé ensemble de déclencher une grève générale. Pour en faire un succès, il faut des assemblées interprofessionnelles dans les régions pour préparer les militants à l’aide d’arguments et de revendications telles que le salaire horaire minimum de 14 euros, la pension minimum de 1.500 euros, la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires. Ceci peut être suivi d’autant d’assemblées du personnel que possible sur les lieux de travail pour assurer une implication maximale aux piquets et aux actions.

Pour éviter d’être stoppés du sommet sans obtenir de véritable changement de politique, nous pouvons réunir les militants et délégués combatifs pour nous battre au sein des syndicats en faveur d’un plan d’action qui ne se termine pas le 13 février, mais construit sur cet élan et se poursuit aussi longtemps que nécessaire. Ce plan d’action doit être démocratiquement voté et évalué par tous les participants.

De nombreux syndicalistes espèrent un gouvernement et une politique différents après le 26 mai. L’incertitude règne quant à la manière d’y parvenir. Nous estimons que la meilleure façon d’assurer que nos préoccupations soient centrales dans l’agenda politique est de le faire nous-mêmes, tout comme la jeunesse le fait de manière exemplaire avec les manifestations pour le climat depuis quelques semaines déjà. En faisant un thème central du pouvoir d’achat tout en soutenant les mobilisations de la jeunesse, nous poussons dans la défensive la N-VA et le gouvernement minoritaire de Michel.

Sous le capitalisme, nos intérêts entrent toujours en conflit avec ceux des ultra-riches. Nous devons nous battre pour chaque avancée et, dès que le rapport de force le permet, chaque réalisation est à nouveau sous pression. Le PSL estime que nous ne pouvons pas limiter la lutte au pouvoir d’achat ou à la préservation des acquis : nous devons défendre un autre système où les besoins et les revendications de la majorité de la population seraient centraux au lieu de ceux d’une clique de capitalistes. En bref, nous voulons une société socialiste démocratique.