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Sommet sur le climat à Katowice : on a brassé beaucoup d’air

Avec le rapport du GIEC à l’esprit, la conférence sur le climat de 2018 à Katowice devait devenir une affaire ambitieuse. L’intention était de décider à cette COP 24 de la manière dont l’accord de Paris sur le climat de 2015 serait mis en œuvre. L’objectif de la conférence était de parvenir à un accord qui maintiendrait l’augmentation de la température ‘‘bien en dessous’’ de 2°C. Les promesses faites à l’époque sont toutefois loin d’être suffisantes. La politique climatique précitée, qui pourrait conduire à une augmentation de 3°C, suppose le respect de l’accord. Et de nombreux pays n’ont pas encore pris la moindre mesure pour tenir ces promesses.

Selon d’éminents climatologues, le réchauffement de la planète atteindra à un moment donné un point de basculement qui ne permettra plus de retour en arrière. Ce point est probablement en dessous de l’objectif de 2°C. Enfin, l’accord de Paris sur le climat n’a aucun caractère contraignant et ne constitue donc en soi qu’une déclaration de bonnes intentions.

A la COP 24, la question principale était de savoir comment rendre compte des résultats. Compte tenu de la gravité de la question, on s’attendrait aussi à ce que d’autres objectifs soient fixés. Toutefois, ces questions n’ont guère été abordées. Rien ne sera introduit avant 2020. L’urgence n’a apparemment pas été ressentie en Pologne. Quant à la délégation des autorités belges elle a refusé de soutenir le texte pourtant excessivement limité de la conférence, en dépit de la manifestation de masse qui avait eu lieu à Bruxelles l’avant-veille.

Alors que l’eau est presque littéralement à nos portes, nos politiciens semblent s’en moquer. Les dons de plusieurs pays et grandes entreprises à un fond visant à préparer les pays pauvres aux catastrophes naturelles à venir sont risibles.

On assiste même à un certain retour du scepticisme climatique. Les États-Unis étaient en première ligne pour ignorer les conclusions du GIEC. Le nouveau président brésilien raciste et climato-sceptique Jair Bolsonaro s’est opposé à ce que la prochaine conférence de l’ONU sur le climat se tienne dans son pays, comme cela était prévu. Il souhaite également que le Brésil reçoive des droits d’émission supplémentaires parce qu’il possède une grande partie de la forêt amazonienne à l’intérieur de ses frontières. Il dit pourtant que la forêt amazonienne devrait être ouverte à l’exploitation des multinationales. Plusieurs petits pays en développement se sont engagés à atteindre l’objectif de 1,5°C. Ce sera hélas insuffisant.

L’écolière suédoise Greta Thunberg a été le seul point positif à Katowice. En reprochant aux dirigeants du monde de ne pas être ‘‘assez mûrs’’, elle a mis le doigt sur la blessure : ‘‘Notre civilisation est sacrifiée pour la capacité d’un très petit nombre de personnes de continuer à gagner une énorme somme d’argent’’. Elle est parvenue à une conclusion importante, partagée par des milliers de jeunes : ‘‘Si des solutions ne peuvent être trouvées dans le système existant, nous devrons peut-être changer le système lui-même’’.

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