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0,8%, c’est une insulte! Grève pour une réelle augmentation salariale le 13 février!

Même les familles à deux revenus ont parfois des difficultés à joindre les deux bouts. Ces dernières années, les salaires n’ont pas suivi le coût de la vie, malgré l’indexation. Cela est dû en partie au saut d’index, mais aussi au fait que le mécanisme d’indexation s’érode de plus en plus. Les deux précédents accords interprofessionnels (AIP) ont été conclus dans une situation où les patrons étaient confortablement assis dans leur siège avec le soutien du gouvernement Michel I. Cette fois-ci, ils n’ont pas cet avantage.

Par Thomas, article tiré de l’édition de février de Lutte Socialiste (ce journal sera disponible ce vendredi, mais a été envoyé à l’imprimeur juste avant l’annonce de la journée de grève, dans cette version en ligne de l’article nous avons ajouté l’appel à la grève)

Sous le capitalisme, la bataille est perpétuelle pour savoir qui obtient quelle partie de la valeur ajoutée : les travailleurs qui produisent la valeur ajoutée ou les capitalistes dont la seule contribution est son investissement ? Cela seul permet au capitaliste de gérer l’entreprise, alors que les travailleurs pourraient eux-mêmes s’en charger, plus efficacement qui plus est.

Après la Seconde Guerre mondiale, le monde du travail a connu de fortes augmentations salariales. Mais chaque conquête est mise à rude épreuve sous ce système capitaliste. Chaque crise est une opportunité à saisir pour les capitalistes, celle de 2007-08 devenant le prétexte d’une nouvelle offensive contre nos salaires et nos conditions de travail.

Avant la crise, le milliardaire Warren Buffet résumait ainsi les choses : ‘‘Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner.’’ Qu’est-ce que cela signifie en pratique ? En 2009, le pourcent le plus riche au monde représentait 44,9% des fortunes totales. Moins de dix ans plus tard, 82 % des richesses créées en 2017 sont allées dans les poches de ce pourcent d’ultra- riches. Bref, l’écart entre riches et pauvres se creuse davantage.

C’est un phénomène mondial que l’on peut également ressentir chez nous. En moyenne, les PDG des sociétés du Bel20 gagnent en moins de six jours autant que le salaire annuel de leurs employés ! Les milliards ne manquent pas pour les actionnaires, mais les augmentations de salaire pour les travailleurs sont toujours impayables. Selon le Conseil Central de l’Economie (CCE), seule une miette de 0,8% d’augmentation est autorisée pour l’AIP.

Les travailleurs et leurs organisations ne devraient pas se contenter de querelles à la marge. Des augmentations salariales réelles sont nécessaires pour tous les travailleurs. En outre, les salaires les plus bas doivent être portés à au moins 14 euros par heure (2.300 euros brut par mois). Maintenant que le gouvernement Michel est tombé, les patrons sont moins à leur aise à la table de négociation. Les syndicats doivent veiller à ce que la pression reste forte, y compris pendant les négociations.

La marche de la FGTB pour le pouvoir d’achat du 4 février était une excellente initiative. Même si elle intervient tardivement dans les négociations de l’AIP, qui devraient se clôturer le 23 janvier. Entre-temps, cette manifestation a été annulée pour faire place à une grève générale le 13 février, soutenue par tous les syndicats. Les patrons réagissent comme prévu : ils se cachent derrière la loi sur les salaires. Une approche offensive est nécessaire pour obtenir de sérieuses augmentations salariales et se débarrasser de la loi salariale antisociale qui menace notre pouvoir d’achat.

La clé du succès, ce sont des actions bien préparées

Depuis 2014, la protestation sociale contre ce gouvernement et ses mesures antisociales n’a jamais cessé. Trop souvent, cependant, la mobilisation syndicale visait essentiellement à relâcher la pression d’en bas ou à renforcer la position de négociation du sommet syndical. Elle n’a jamais servi à faire la relation de force à l’avantage des travailleurs en faisant valser le gouvernement par la fenêtre. Toutefois, la volonté de participer aux actions était généralement plus forte qu’attendu, en dépit du manque de temps et d’organisation.

Tirons-en les leçons et organisons sérieusement le mouvement pour plus de pouvoir d’achat, avec des revendications claires telles que les 14 euros de l’heure ou les 2.300 euros par mois, les 1.500 euros nets ou 75 % du dernier salaire comme pension minimum. Ces exigences ne sont pas à considérer comme des rêves pour un avenir lointain. C’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour vivre dignement. Il nous faut un programme d’action précis qui ne nous fasse pas attendre des mois entre chaque date, mais contient au contraire un calendrier d’action qui nous aide à convaincre nos collègues que, cette fois, c’est du sérieux.

Si les syndicats n’organisent pas la résistance, elle trouvera d’autres moyens de s’exprimer. En France, les Gilets jaunes ont fait un thème central du pouvoir d’achat et ont réussi à obtenir des concessions, même si elles restent très limitées. Imaginez ce que les syndicats pourraient accomplir avec une telle détermination !

L’extrême droite tente de répondre au mécontentement sur le pouvoir d’achat. Le Vlaams Belang se prétend partisan d’une augmentation du pouvoir d’achat et d’une pension minimale de 1.500 euros. Avec une tête de liste comme le gosse de riche Driss Van Langenhove (de Schild & Vrienden), ce n’est pas crédible. Mais nous ne pouvons pas laisser le champ libre à l’extrême droite.

Un programme socialiste combatif est nécessaire pour assurer un véritable changement. Les patrons et les gouvernements présenteront toute augmentation du salaire (minimum) comme la recette assurée d’un désert social. C’est ce qu’ils disaient jadis de l’abolition du travail des enfants ou de la réduction du temps de travail à 8 heures par jour ! S’ils menacent de prendre des mesures économiques telles que des fermetures ou des délocalisations, nous devons recourir à l’arme de la nationalisation. Si nous voulons décider démocratiquement des ressources disponibles, la collectivité doit les posséder. Cela fait partie de notre lutte pour une société socialiste.

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