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France. La révolte est en marche. Étendons la grève et la lutte partout! Macron dégage!

«Macron dégage ! », « Macron démission », c’est la révolte de ceux qui en ont marre de subir le mépris et l’arrogance du président des riches. « Ceux qui ne sont rien », comme nous avait décrit Macron, sont non seulement en train de le défier, mais également de le faire plier. Nous sommes également devenus « tout ». Travailleurs peu payés, retraités ayant perdu des centaines d’euros depuis les mesures de Macron, intérimaires galérant de contrat en contrat, les gilets jaunes ont ouvert le chemin de la révolte : lycéens, étudiants, travailleurs, il faut que tout le monde entre dans la lutte et qu’on aille vers la grève générale.

Par la Gauche Révolutionnaire (CIO-France)

Macron nous a servi son blabla, mais il ne comprend rien. Il ne satisfait aucune des principales demandes des gilets jaunes (pas de suppression de l’ISF, pas de remise en cause des 40 milliards d’aides publiques aux grandes entreprises, le CICE), une hausse dérisoire du SMIC, et… des heures supplémentaires pour gagner plus. Comme si on ne travaillait pas assez durement ! Comme si, avec les heures qu’on fait déjà et qui sont sous payées, on n’enrichissait pas déjà suffisamment les grands patrons et les actionnaires. Macron est déjà fini. Il n’est que le président des riches, pas celui des millions de travailleurs, avec ou sans gilet jaune. Il est le représentant du capitalisme, des ultra riches, de tous ces parasites qui nous écrasent et nous exploitent pour accumuler des milliards inutiles qu’ils seront incapables de dépenser et qui manquent aux services publics, au logement, aux emplois. Il est incapable de comprendre ce que nous vivons, incapable de répondre aux demandes les plus simples pour cesser de survivre et recommencer à vivre : il faut qu’il dégage !

Relever la tête

Il y a longtemps que ce n’est plus seulement une question de surtaxe de l’essence (et d’ailleurs ce n’était de fait qu’un moyen de se rassembler) qui nourrit le mouvement des « gilets jaunes », c’est bien plus grave et plus profond. Il en va du niveau de vie et en fait de la Vie elle-même : celle qu’on ne veut plus, qui se termine au 10 de chaque mois parce qu’on ne peut plus rien se payer, pas même des repas décents. Les révenus ont baissé de 440 euros par an entre 2008 et 2016. Avec la baisse des APL, la hausse de la CSG, et toute une série d’autres mesures, c’est devenu intenable.

Et quoi d’étonnant que ce soit parti de la voiture : essence en hausse, contrôle technique fait exprès pour rendre inutilisables les voitures des plus modestes, péages en hausse, amendes stationnement en hausse, radars par milliers… le travailleur, prisonnier de sa voiture pour aller travailler se fait racketter grâce à cette même voiture.

Et alors que le mouvement commençait, on s’est entendu répondre que le gouvernement ne changerait rien, on a reçu les charges de CRS sur les rond-points, dès le premier jour du mouvement par endroit. Au mépris, le gouvernement ajoutait déjà la répression. Il n’avait rien compris, les gilets jaunes étaient en train d’exprimer ce que ressent la majorité de la population, et surtout l’écrasante majorité des travailleurs et des retraités.

Nous sommes un fleuve qui déborde après la pluie de sales coups répétés ces dernières années contre notre niveau de vie et nos conditions de travail. Nous sommes nourris de milliers de frustrations et d’humiliations que nous impose le capitalisme. Notre indignation ne s’arrêtera pas avec deux ou trois mesures temporaires car maintenant, la plupart des gilets jaunes voient clairement ce qui se passe.

La lutte nous a uni

Ce qui n’étaient que des lettres et des chiffres sans signification ont pris tout un sens aujourd’hui : CICE = 40 milliards de cadeaux aux grandes entreprises qui font déjà des milliards de bénéfices, qui ferment des usines et suppriment des emplois, pour le seul bénéfice des actionnaires.
Suppression de l’ISF = cadeaux aux riches, augmentation des taxes qui sont par nature plus lourdes pour les plus modestes. C’est aux plus gros de payer plus, disent désormais les gilets jaunes. On n’est pas contre les impôts, on veut voir cela en retour avec des services publics, des écoles,… Les gilets jaunes sont en train de parler du fonctionnement même de la société, de l’inégalité dans laquelle le capitalisme nous plonge, au seul bénéfice des ultra-riches. Et on comprend même que les institutions, le gouvernement, la police, sont là pour protéger cet ordre injuste et inégalitaire.

En se regroupant sur les rond-points, en discutant, en menant des actions (et de plus en plus avec les syndicalistes), en ciblant de plus en plus les grandes compagnies commerciales, pétrolières, les gilets jaunes apportent un élément révolutionnaire, remettant en cause non seulement la forme injuste et antidémocratique de la société mais aussi, de plus en plus, en questionnant le fond : la mainmise sur l’économie de quelques multinationales qui se gavent de milliards sur notre dos.

Le mouvement des gilets jaunes a enclenché un processus, une compréhension commune à des millions de personnes, non pas seulement de la souffrance, mais des causes de celle-ci. Les revendications sont devenues communes, de même que la volonté de vivre dans une société humaine, fraternelle et démocratique et non sous la dictature tant des capitalistes et de la finance que des technocrates déconnectés de la réalité.

Le processus enclenché le 17 novembre va continuer de s’amplifier. Il a des éléments révolutionnaires, mais pas encore suffisamment si on veut réellement changer la société. Il nous faudra remettre en cause le caractère anti-démocratique de la société, le mépris de Macron et de ses amis, mais encore plus, remettre en cause le fonctionnement même de celle-ci, basée sur l’exploitation des travailleurs au seul bénéfice des capitalistes.

• Hausse des salaires et des retraites, SMIC à 1800 €
• Assez des taxes injustes, c’est les riches qu’il faut imposer
• Abolition de la CSG, restauration de l’ISF, arrêt du CICE
• Récupération des 80 milliards de l’évasion fiscale et des milliards de profits
• Injection de ces milliards dans les services publics pour créer des emplois dans l’éducation, la santé, l’écologie…