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Ultimatum au gouvernement : ne laissons pas Michel 2 poursuivre la politique de Michel 1 !

Photo : Nico

Le gouvernement Michel 1 n’a pas survécu à sa défaite aux élections communales. Mais il n’est officiellement pas tombé en raison du mécontentement social face au pouvoir d’achat, aux pensions ou au manque d’investissements dans les services publics. Sa politique antisociale est bien trop impopulaire. La N-VA a donc choisi de transformer les prochaines élections en référendum sur la migration dans le but de diviser la classe ouvrière en Belgique. Ne nous laissons pas prendre au jeu : ce ne sont pas les réfugiés, mais bien l’avidité des grands actionnaires qui endommage nos conditions de vie et de travail.

Tract du PSL à destination de la journée d’action du 14 décembre // Tract en version PDF

Michel II, si nous le laissons exister, sera un non-gouvernement surréaliste. Il a le choix : s’en prendre encore à nos salaires, nos pensions et nos allocations sociales avec la N-VA ou alors chercher une autre majorité. La pire chose que les dirigeants syndicaux puissent faire est d’attendre les élections de mai. Cela laisserait le débat public, y compris sur les lieux de travail, à la droite et sa logique de division avec la haine des migrants. Ces dernières années, à chaque négociation, nous avons entendu dire que les patrons étaient confortablement assis dans leur fauteuil parce que le gouvernement les soutenait. Maintenant que le gouvernement est affaibli et que c’est à peine s’il survit, l’argument ne vaut plus. Chaque faiblesse de notre camp est impitoyablement jouée contre nous par l’autre ; il est grand temps de faire de même !

C’est une sérieuse lutte qui s’impose et non des appels tièdes où chaque centrale ou régionale doit élaborer son propre plan. L’enjeu est trop important pour cela. Les attaques contre les pensions, les fins de carrière, les salaires et les conditions de travail n’ont pas encore été digérées. D’autres doivent encore venir, comme la mise en œuvre de l’accord d’été, de même que les importantes négociations pour l’AIP. Ces dernières sont l’occasion idéale d’imposer une sérieuse augmentation des salaires et un salaire minimum de 14 euros de l’heure.

Si les dirigeants syndicaux continuent de se disputer entre eux sur la façon dont ils ne feront rien, leur présence ne sera plus considérée comme un atout, mais comme un désavantage pour mener une lutte efficace. Le mouvement des Gilets Jaunes en France et en Wallonie devrait constituer un avertissement. En France, les Gilets Jaunes ont démontré que la lutte porte ses fruits : une première concession de Macron a rapidement conduit à une autre. Il a ainsi dû annoncer que l’augmentation limitée du salaire minimum prévue serait légèrement plus importante et appliquée plus rapidement. La lutte se poursuit autour du slogan ‘‘Macron dégage’’. Le soutien populaire pour les Gilets Jaunes s’élève à plus de 70% en France alors que la popularité de Macron atteint à peine les 20%. Le raisonnement selon lequel “entrer en action repousse les gens” est manifestement incorrect : des actions de masse avec des revendications claires bénéficient d’un très large soutien. Elles font basculer le débat politique : les exigences de la classe ouvrière prennent alors le dessus sur les intérêts de la classe capitaliste.

Ces dernières années, toutes les actions syndicales sérieusement organisées ont été bien suivies. Une manifestation nationale bien préparée suivant le modèle de celle du 6 novembre 2014 (quand 150.000 manifestants ont lancé le plan d’action syndical) et posant un ultimatum clair au gouvernement lié à une grève générale nationale, voilà qui pourrait imposer une politique fondamentalement différente. Des revendications telles qu’un salaire minimum de 14 euros de l’heure, la restauration complète de l’index, une augmentation des salaires, une pension de 1.500 euros par mois minimum, la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires,… répondent parfaitement à la colère qu’illustrent les Gilets Jaunes.

Cela pose la question d’un autre type de gouvernement, d’une majorité qui aille cherche des moyens pour nos conditions de vie avec une taxe des millionnaires. Pour mettre en œuvre une telle mesure, la gauche devra défendre un programme de mesures socialistes, comprenant notamment le non-paiement des dettes publiques, la nationalisation des banques sous contrôle démocratique et le recourt à l’arme de la nationalisation contre l’inévitable contre-offensive patronale. Organiser et construire sérieusement notre lutte dès aujourd’hui est la meilleure préparation qui soit pour y faire face.

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