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La maladie n’est pas un choix ! Les agents des services publics restent mobilisés

10.000 agents des services publics fédéraux, mais aussi des corps spéciaux comme les pompiers, les militaires et les policiers ont manifesté le 28 septembre contre les atteintes au statut menées par le gouvernement fédéral. Cette manifestation en front commun suivait une année entière de grèves et d’actions régulières des agents fédéraux, malheureusement disparates et souvent menées par la seule CGSP-AMiO (Administrations et Ministères).

Par Ben, délégué CGSP

Par son ampleur, le cortège rappelait la dernière grosse manifestation contre les réformes Bogaert de 2013. A l’époque, la mobilisation syndicale visait les réductions systématiques de personnel – de 1.500 agents par an en moyenne – mais aussi la mise en place des nouvelles carrières impliquant entre autres la suppression de nombreuses primes et l’instauration de systèmes plus drastiques d’évaluation des agents.

Gouvernement après gouvernement, la fonction publique est systématiquement attaquée, à tel point qu’aujourd’hui, c’est l’existence même du statut des fonctionnaires qui est menacé de disparition. Supprimer d’un seul coup le statut créerait une immense vague de protestation. C’est pourquoi le gouvernement préfère y aller par petits pas, d’un côté en vidant le statut de son contenu, de l’autre en engageant des contractuels et bientôt des intérimaires.

En septembre, l’atteinte au régime de maladie a provoqué la colère. Ce régime permet de reporter d’une année à l’autre ses jours de maladie payés à 100% du salaire si l’on ne tombe pas malade. Lorsqu’un agent a la malchance d’être victime d’une maladie de longue durée (burn-out, cancer, AVC, accident, etc.), il ne tombe à 60% du salaire que lorsque ce stock de jours de congé maladie est épuisé. La réforme est présentée comme une harmonisation avec le secteur privé, où, après 30 jours, on tombe directement à 60% du salaire. Mais, ce qui n’est pas médiatisé, c’est que dans de nombreuses entreprise du privé, les syndicats ont souvent négocié une assurance groupe qui garantit le salaire à 100% pendant 6 mois voire parfois 1 an. C’est bien légitime, mais cela n’existe pas pour les contractuels de la fonction publique ni dans de nombreuses petites entreprises.

Ce que veut le ministre en charge de la Fonction publique Vandeput (N-VA), c’est une harmonisation par le bas. Pourtant, la maladie n’est pas un choix et nous devons, travailleurs du privé comme du public, nous prémunir collectivement de la possibilité de subir les difficultés financières en plus de la maladie.

La seule harmonisation qu’il faut imposer, c’est la statutarisation des contractuels (comme l’ont réclamé les agents de la RTBF lors de leur grève du 18 septembre) et l’amélioration des conditions de rémunérations des travailleurs du privé dans les entreprises où ils n’ont pas encore de salaire garanti lorsqu’ils sont malades plus de 30 jours.

La manifestation du 28 septembre a illustré le potentiel de lutte. Dans les jours qui ont suivi, le ministre a clairement fait savoir qu’il allait maintenir sa réforme. Il est donc évident que d’autres actions syndicales vont suivre, même si aucune date ni modalité pratique n’est encore connue à l’heure d’écrire ces lignes. Cette lutte ne sera pas seulement vitale pour sauvegarder les conditions de vie et de travail des agents des services publics, elle le sera aussi car ce gouvernement de droite aimerait infliger une défaite majeure au personnel des services publics, un secteur fortement syndiqué qu’il continue à dénigrer.

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