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Bpost : Comment gagner la lutte ?

Lundi, les syndicats et la direction se sont réunis à Bpost. Dans l’après-midi, il a été annoncé que les grèves seraient annulées. De nombreux travailleurs en ont été informés par voie de presse mais, au début, il n’était même pas clair qu’il y avait un « accord » entre la direction et les syndicats. Lorsque la proposition d’accord est apparue, peu à peu, il est rapidement devenu évident qu’elle était insuffisante. La CSC a rejeté la proposition et la CGSP a également annoncé qu’elle proposerait l’accord aux membres mais qu’elle ne le défendrait pas.

Il n’y a donc pas d’accord et les négociations se poursuivent, sans que de nouvelles actions aient été annoncées. Cependant, au début de la grève, la CGSP avait tenu des propos musclés : s’il n’y avait pas d’accord satisfaisant, il y aurait 5 ou même 10 jours de grève. Nous avons déjà défendu dans notre article précédent que négocier sans construire de relation de forces ne serait pas très bénéfique.

Depuis 20 ans, le personnel revendique des changements et exprime parfois son mécontentement à l’égard de la posture de négociation des syndicats. Beaucoup considèrent cette grève comme l’une des dernières occasions d’améliorer les salaires et les conditions de travail et de conserver les avantages de ce statut. Le personnel ne veut pas être conduit à l’abattoir avec cette nouvelle réforme. En plusieurs endroits, les grèves à la base se sont poursuivies, de manière spontanée comme le disent les médias. Au début, les syndicats ont affirmé qu’ils reconnaîtraient les grèves sans les initier eux-mêmes, mais quand les actions ont commencé à se développer plus vite que prévu, ils ont été activement appelés à ne pas faire grève.

On aurait pu s’attendre à ce que le mouvement s’éteigne par manque d’organisation. Mais c’est le contraire qui s’est produit : l’insatisfaction est si profonde que de nombreux membres du personnel sont prêts à aller plus loin. Les dirigeants syndicaux ont décidé d’appeler à la fin des grèves spontanées et à ce que les négociateurs fassent leur travail. Les actions et les négociations ne sont pas deux choses opposées comme le prétendent parfois le gouvernement et la direction : elles peuvent se renforcer mutuellement lorsqu’elles sont délibérément utilisées dans un mouvement.

Comment procéder ? De nombreux militants et délégués syndicaux ont de bonnes intentions et c’est en soutenant les éléments les plus militants que les actions peuvent mener au succès. Plus de démocratie est nécessaire : aucune action ou grève ne peut être déclenchée sans consultation du personnel concerné et sans vote sur les propositions. Afin de maintenir l’unité du mouvement, on peut choisir de mettre en place des comités de grève auxquels n’importe quel travailleur peut se présenter pour une responsabilité, qu’importe sa couleur syndicale, son contrat ou sa fonction syndicale. Ces comités de grève peuvent former des structures régionales, voire nationales, pour organiser des actions plus importantes que des piquets de grève, il suffit de penser à des manifestations. Ainsi, la compréhension et la solidarité entre les différentes fonctions peuvent être renforcées et tout le monde peut en bénéficier.

Il est possible de remporter des victoires si notre lutte est bien organisée. Nous ne devons pas laisser cela aux seuls postiers : leur lutte concerne tout le monde. Il s’agit de conditions de travail décentes, d’un nombre suffisant de collègues, d’un bon service et de la lutte pour un service public digne de ce nom au lieu d’une machine à profit privée qui fonctionne au détriment du personnel et des utilisateurs.

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