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Tout augmente sauf nos salaires !

Ce jeudi 8 novembre : Grève et manifestation du personnel des administrations locales et régionales à Bruxelles. RDV 10h Place Sainte Catherine.

En Belgique, près de la moitié des travailleurs sont en situation précaire ou ont du mal à s’en sortir. Selon l’enquête Thermomètre Solidaris, en 2016, 4 travailleurs sur 10 avaient du mal à s’en sortir ou à joindre les deux bouts. Une réalité par ailleurs étayée par les chiffres du surendettement ou de la précarité énergétique. Au 1er juillet 2017, le salaire minimum interprofessionnel était de 1.562,59 € brut, soit environ 9,5 € de l’heure. Même à temps plein, ce niveau de salaire n’est pas suffisant pour mener une vie digne. Ce constat était déjà à la base de la campagne de sensibilisation ‘‘minimum 14 euros’’ lancée fin 2017 par la FGTB Liège-Huy-Waremme en faveur d’un salaire minimum de 14 euros de l’heure.

Par Nicolas Croes

A Bruxelles, le front commun syndical a voulu riposter face à la situation similaire qui sévit dans les services publics, mais en allant un pas plus loin grâce à un plan d’action avec les revendications suivantes : l’augmentation de tous les barèmes de 10%, la réduction du temps de travail avec embauches compensatoires et sans perte de salaire, le rétablissement de la prime de fin d’année dans toute la fonction publique d’un montant équivalent à un 13e mois et enfin l’amélioration des conditions de travail (engagements de personnel supplémentaire et nomination) pour un service public de qualité.

Une pétition a été lancée autour de ces revendications, afin de les populariser au sein du personnel et de construire un élan vers un plan d’action qui a été discuté dans une grande assemblée générale le 11 septembre à la CGSP-ALR (Administrations Locales et Régionales). Le 20 du même mois, des dizaines de militants des trois syndicats ont présenté près de 10.000 signatures au cabinet du Ministre-Président du Gouvernement Bruxellois Rudy Vervoort (PS).

Comme l’expliquait la CGSP-ALR: ‘‘Mais nous ne sommes pas naïfs et comme les pouvoirs locaux sont responsables de leur politique du personnel, nous irons leur demander de prendre leur responsabilité au travers d’actions qui se tiendront en front commun le 11 octobre dans tous les pouvoirs locaux. Le combat ne fait que commencer !’’ Ce jour-là, des arrêts de travail de deux heures ont eu lieu dans les administrations et les hôpitaux.

La réussite de cette étape (voir ci-contre) a à nouveau servi de tremplin vers la suivante : une grève régionale et une manifestation le 8 novembre avec assemblée pour se prononcer sur la suite du mouvement.

Le tract de la CGSP-ALR proclamait notamment ‘‘Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner’’. Quel travailleur ne se reconnaît pas dans ce constat ? Le plan d’action allant crescendo développé dans les administrations et les hôpitaux bruxellois est un exemple inspirant de la manière dont on peut défendre des revendications offensives par l’action, en prenant soin d’impliquer progressivement plus de collègues.

Arrêt de travail du 11 octobre à l’hôpital Brugmann

1/ La pétition a constitué un élément crucial pour populariser la lutte auprès des collègues et viser à impliquer dans la mobilisation le plus de travailleurs possible..

2/ Assemblée générale au début de l’arrêt de travail. Après les prises de parole des délégués, la parole a été laissée aux travailleurs pour parler de leurs expériences concrètes.

3/ Une action a ensuite été menée à l’entrée de l’hôpital. Sur les banderoles déployées, un espace vide avait été laissé pour permettre aux travailleurs de venir s’exprimer.

4/ Une manifestation a ensuite eu lieu dans l’enceinte de l’hôpital. Impossible de ne pas avoir entendu les revendications des travailleurs ! Mais pour faire entendre raison à la direction, il en faudra plus…

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