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Une vague verte pour de l’air pur et une meilleure mobilité

Photo: Jean-Marie

Le 14 octobre, une vague verte a déferlé sur le pays. En Flandre, Groen a dépassé le SP.a à Anvers, Gand et Malines. En région bruxelloise et en Wallonie, Ecolo a obtenu des scores remarquablement élevés. Les suffrages verts expriment le souci grandissant pour la qualité de l’air et les problèmes de santé liés à la pollution, pour le manque de mobilité propre ou en réaction au changement climatique.

En Flandre et à Bruxelles, des parents et des élèves ont mené diverses actions contre la pollution aux abords des écoles. Le succès de ce mouvement spontané montre à quel point la question est sensible. Le week-end précédant les élections, des centaines de cyclistes se sont rendus d’Anvers à Bruxelles pour exiger que des mesures soient prises pour la qualité de l’air, la sécurité routière, une meilleure mobilité avec moins de voitures et des communes plus vivables. Les études menées par De Standaard en Flandre et une autre de Greenpeace en Wallonie confirment la gravité de la situation : dans de nombreuses villes, la pollution atmosphérique a des conséquences dramatiques pour notre santé.

Dans de nombreuses villes, le nombre de cyclistes a augmenté de manière spectaculaire ces dernières années : à Anvers, par exemple, il a doublé entre 2013 et 2017. C’est logique : ce n’est pas agréable de rester bloquer en voiture dans une file et les prix du stationnement sont prohibitifs. Le vélo est souvent plus rapide, plus facile et plus sain. Le problème, c’est que l’infrastructure est en retard sur cette tendance, ce qui rend la sécurité routière problématique. La diminution des ressources consacrées aux investissements publics a inévitablement des conséquences. Souvent, en Flandre, les centres-villes sont joliment construits mais, à l’extérieur, de nombreux endroits sont dangereux à vélo et rien n’y est fait faute de moyens. En Wallonie, c’est encore plus épouvantable, ce n’est pas pour rien que seuls 4% de la population se déplace en vélo !

Là où Groen / Ecolo travaille à un plan de mobilité local, comme à Gand, Malines ou Namur, des efforts sont faits pour empêcher les voitures d’entrer dans le centre. Mais il n’y a pas de rupture avec la logique néolibérale du city-marketing où les promoteurs immobiliers peuvent construire de grands parkings privés. Ceux qui en ont les moyens peuvent encore se garer au centre-ville et dans les parkings de plus en plus souvent payants à l’extérieur de celui-ci ou encore se payer une voiture suffisamment récente pour se rendre dans des villes comme Bruxelles et Anvers. Rien n’est fait concernant ce qui est crucial pour un plan de mobilité sociale : des transports publics plus nombreux, de meilleure qualité et gratuits. Cela ne doit pas se limiter aux autobus et aux trams, pourquoi pas un service public de vélos et même des voitures en libre-service bon marché ?

De véritables plans de mobilité urbains nécessitent des investissements publics massifs. On nous rétorque que l’argent manque, mais le coût social du trafic actuel n’est jamais pris en compte. Les mesures de lutte contre la crise climatique – telles que l’élimination progressive des combustibles fossiles – nécessitent également des investissements considérables. Cela va à l’encontre de la logique du capitalisme. Pour réellement impacter la qualité de l’air et bénéficier d’une meilleure mobilité, une lutte active contre ce système est nécessaire.

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