Home / Culture / The Handmaid’s Tale. Et si Schild & Vrienden étaient au pouvoir ?

The Handmaid’s Tale. Et si Schild & Vrienden étaient au pouvoir ?

Action contre l’interdiction constitutionnelle du droit à l’avortement en Irlande.

La série ‘‘La Servante Ecarlate’’ donne une idée assez précise de ce que serait la société si elle était dirigée par un groupe tel que Schild & Vrienden. L’adaptation en série du fameux livre de l’auteure canadienne Margaret Atwood a déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreux débats. Le livre, publié en 1985, est une dystopie, l’exact opposé de l’utopie. Dans ce sombre avenir, des servantes sexuelles sont réquisitionnées de force pour pallier au problème de fertilité d’un pays tombé dans la dictature.

La société repose alors sur le sexisme et le racisme (ce dernier aspect étant moins présent dans la série télévisée) de même que sur une distinction de classe stricte. La répression y est brutale et liée à toute une série de règles religieuses étranges. Certains y voient une référence aux fondamentalistes de l’État islamique ou aux talibans. Mais cela correspond également à d’autres sortes de fondamentalistes d’extrême droite que ne renieraient pas Schild & Vrienden. Divers éléments de la dictature de Gilead ne sont que le prolongement de pratiques en vigueur actuellement dans des pays capitalistes dits ‘‘développés’’.

Ce n’est pas un hasard si le costume de La Servante Ecarlate est devenu un symbole si populaire de protestation des femmes. La campagne ROSA en Irlande a probablement été la première à inclure ces costumes dans ses actions contre l’interdiction constitutionnelle de l’avortement qui a finalement été abrogée en mai dernier. Le monde entier a vu les images de ces actions qui dénonçaient ce vieil establishment catholique qui a tant méprisé les femmes durant des décennies et qui leur refusait le droit de disposer de leur propre corps. Il suffit de penser au scandale des couvents ou blanchisseries ‘‘Madeleine’’ du XXe siècle qui visaient à rééduquer les ‘‘femmes perdues’’ et où de jeunes femmes enceintes étaient notamment enfermées et devaient abandonner leurs enfants. Après une longue oppression, la résistance s’est accrue, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus être endiguée et conduise le référendum sur l’avortement à la victoire du ‘‘OUI’’. On a également pu apercevoir l’emblématique costume à la capeline blanche dans les mobilisations contre Trump ou encore dans la lutte pour le droit à l’avortement en Argentine. La symbolique est particulièrement évocatrice.

La première saison nous montrait l’horreur de Gilead, un État totalitaire d’extrême droite, avec des images extrêmement captivantes. Mais cette situation, aussi terrible soit-elle, n’était pas exempte d’éléments de solidarité mutuelle entre les servantes. Nombreux sont ceux qui espèrent que la deuxième saison livre des éléments plus positifs avec une résistance plus organisée contre le régime et, qui sait, la libération de toutes les personnes opprimées. Nous ne dirons rien à ce sujet, nous ne voulons pas risquer de révéler des éléments de l’intrigue. Le fait est que, dans la vie réelle, un changement s’obtient par la résistance et la lutte collective. C’est ainsi, entre autres, que les droits des femmes ont été arrachés. C’est aussi ainsi que nous pouvons mettre un terme à toutes les formes d’oppression.

Nous vous conseillons également de vous plonger dans le roman de Margaret Atwood, aux Editions Robert Laffont.

Print Friendly, PDF & Email