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Contrecarrer la politique d’austérité de la droite – Propositions pour renforcer la percée du PTB

1er mai à Liège. Photo : socialisme.be

Le but de ces élections est clair. Une victoire des partis au pouvoir sera interprétée comme un feu vert pour plus de casse sociale, plus de répression et encore moins de bienveillance à l’égard des plus démunis. Mais la gauche traditionnelle – les sociaux-démocrates et les verts – n’a pas de solution. Tout au plus leur programme est-il une version édulcorée de celui de la droite. Quant à leurs politiciens, ils ont parfois adopté un style de vie et une arrogance semblables. Leur argument massue, le ‘‘moindre mal’’, est de plus en plus absurde. Dans l’ensemble, seul le PTB est en faveur d’un véritable revirement politique. Au plus sa percée sera importante, au plus les travailleurs et les jeunes auront confiance en eux pour résister et riposter.

Par Eric Byl

C’est en raison de cette constatation objective que le PSL, à l’exception de Saint-Gilles, appelle partout à voter en faveur des listes du PTB quand elles existent. Cela ne signifie pas pour autant que nous renonçons à nos différends avec le PTB, ni que nous n’avons aucun commentaire à faire quant à son programme et ses tactiques. Facile de critiquer depuis le banc de touche ? Ce n’est certainement pas notre choix d’y être. Nous avons proposé à maintes reprises au PTB d’examiner ensemble la meilleure façon de renforcer sa campagne, y compris avec des candidats du PSL. Étant donné que le PTB est aujourd’hui le seul barrage crédible pour l’ensemble du mouvement ouvrier et la gauche contre la politique de droite, nous estimons qu’il aurait mieux valu que cette situation trouve sa réflexion sur les listes du PTB. La présence d’une force organisée telle que le PSL aurait été beaucoup plus convaincante que de se limiter à quelques candidats d’ouverture.

Au moment où ont éclaté les scandales autour de Publifin, du Samusocial, etc. le PTB aurait pu prendre une excellente longueur d’avance à cet égard. Dans les sondages, il était en progression constante. C’est le seul parti dont les parlementaires gagnent l’équivalent du salaire d’un travailleur. Au côté des mouvements sociaux, des syndicats et de la gauche radicale, il aurait pu faire le tour du pays pour expliquer ce principe et tout ce que cela implique lors de meetings locaux de masse et même l’y soumettre au vote. Réduire de moitié le salaire des bourgmestres de Charleroi ou de Liège ? Pourquoi pas. Mais si les entreprises et les plus nantis continuent de s’enrichir, ce ne sera tout au plus que de l’ordre du symbolique électoral que la droite contournera. Il aurait été préférable de bâtir un mouvement autour de l’engagement des représentants des travailleurs à ne pas gagner plus que l’équivalent du salaire moyen d’un ouvrier qualifié.

Le PTB aurait pu utiliser l’appel pour une coalition de gauche de la FGTB wallonne pour défendre un plan d’action d’investissements publics massifs dans le logement social, les écoles, les crèches et l’emploi via une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et réduction des cadences. Il aurait pu appeler à la formation de conseils communaux rebelles pour constituer un front de lutte contre la camisole de force budgétaire dans laquelle les autorités fédérales et régionales maintiennent nos communes. De cette manière, il aurait pu construire un front à partir de la base pour faire de la coalition progressiste proposée par la FGTB le véritable représentant du mouvement des travailleurs, de la jeunesse et des mouvements sociaux. Nous sommes conscients que ces propositions ne seront plus mises en œuvre avant les élections du 14 octobre, mais la même méthode peut également être utilisée dans la période précédant les élections du 26 mai prochain.

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