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Comment poursuivre la lutte après le 2 octobre ?

Suite à la manifestation en défense de nos pensions du 16 mai dernier, il faut une fameuse mauvaise foi pour dire que la volonté d’agir contre ce gouvernement de droite a disparu. Malgré tout, les autorités continuent leur offensive contre les travailleurs, les jeunes, les migrants, etc. Et elles continueront ainsi jusqu’à ce que nous les arrêtions ! Les nouvelles attaques antisociales de l’accord d’été du gouvernement fédéral franchissent un nouveau seuil. Et les autorités régionales ne sont pas en reste.

Par Thomas (Gand), article tiré de l’édition d’octobre de Lutte Socialiste

Début septembre, des assemblées du personnel très animées ont eu lieu chez les fonctionnaires flamands ; au cours de celles-ci les attaques du gouvernement flamand ont été discutées. Ces réunions furent particulièrement réussies : les salles étaient d’ailleurs souvent trop petites ! Une telle atmosphère rendait indispensable l’annonce d’actions de grève à la suite de ces assemblées. Malheureusement, ces actions ont été annulées quand la ministre Liesbeth Homans (N-VA) s’est dite prête à discuter. La négociation peut et doit avoir lieu, mais pas sans moyen de pression sous la forme de nouvelles mobilisations !

Les services publics wallons seront en grève le 10 octobre. Le 20 septembre, la FGTB a manifesté à Namur contre la réforme du dispositif APE (Aides à la Promotion de l’Emploi) dans les services publics locaux et le non-marchand. Le 28 septembre, le personnel des services fédéraux était en grève, dont les pompiers et la police. La colère était déjà grande contre le système de pension à points ; et elle n’a fait que croître après l’été en raison des nouvelles attaques contre nos conditions de travail.

Préparer les actions

Dès son entrée en fonction en 2014, le gouvernement Michel a dû faire face à des mobilisations de masse. Les discussions allaient bon train sur le rythme de l’austérité, les tensions internes au sein du gouvernement et l’hostilité croissante au sein d’une population qui n’approuvait pas le moins du monde les mesures adoptées. Une dynamique inédite a été créée avec un plan d’action allant crescendo. Le calendrier d’actions a eu un effet mobilisateur : une manifestation à la veille d’une grève, ce n’est pas une nouvelle ‘‘promenade’’ à travers Bruxelles. Impliquer ses collègues était aussi plus évident car le sérieux de la démarche était ressenti. Cependant, une faiblesse de taille était présente : l’objectif de la chute du gouvernement est vite passé à l’arrière-plan. Le moment critique est passé, l’élan s’est tari et le gouvernement a pu restaurer sa position.

Une fois de plus, nous avons besoin d’actions bien préparées dans le cadre d’un plan d’actions qui s’inscrit dans une nouvelle dynamique de grève générale. Nous n’envisageons donc pas une grève générale qui serait prévue dans un avenir lointain et dont on attendrait la date pour la déclencher mécaniquement, mais bien un plan d’actions avec un objectif clairement défini : arrêter ce gouvernement. Cela signifie qu’il faut forger un rapport de forces pour imposer le respect de nos revendications.

De cette façon, nous pourrons profiter des derniers mois du gouvernement Michel pour fixer nos revendications à l’ordre du jour et mettre de côté la rhétorique de droite qui serait autrement dominante.

La meilleure façon de préparer les actions est d’impliquer le plus grand nombre de collègues possible. Les lieux de travail ayant rétabli en 2014 la tradition des réunions du personnel ont démontré l’importance de celles-ci pour renforcer la participation et donc la force de frappe du mouvement. Avant le 2 octobre, d’excellentes initiatives ont été prises, telles que des réunions du personnel de GSK dans le Brabant wallon, ou la diffusion d’une pétition dans les entreprises chimiques anversoises concernant les fins de carrière et les métiers lourds. Le ‘‘journal des pensions’’ des syndicats est également un bon outil, même si certaines revendications gagneraient à être plus explicites : une pension minimale de 1500 euros, une pension de minimum 75% du dernier salaire au lieu de 60%, la suppression des attaques contre la retraite anticipée, etc.

Des assemblées du personnel après le 2 octobre

Organiser une évaluation collective de la journée du 2 octobre lors de laquelle nous pourrions débattre ouvertement des points forts et des faiblesses de la mobilisation, de même que d’y discuter d’un calendrier d’actions, pourrait stimuler l’enthousiasme de nombreux délégués et militants. Ce serait aussi une bonne occasion de discuter des revendications pour que les délégués et les militants puissent les diffuser autour d’eux en toute confiance et ainsi populariser plus largement dans la société le programme de gauche dont nous avons besoin.

Le gouvernement essaie de détourner l’attention par la division et en attisant les tensions. Si nous ne voulons pas que cela domine le débat politique, nous devons formuler nos propres exigences de manière offensive. Pourquoi pas une nouvelle ‘‘Opération vérité’’, du nom d’une campagne nationale avant la grande grève générale de l’hiver 1960-1961, qui durant tout un trimestre révéla la vérité derrière la ‘‘Loi Unique’’ ? En nous appuyant sur le ‘‘Journal des pensions’’ des syndicats, nous pouvons faire toute la lumière sur les mensonges du gouvernement et des patrons.

Il est important d’éviter de nous laisser diviser : la force des travailleurs réside dans leur nombre. Ce gouvernement s’attaque à la majorité de la population. Il s’en prend parfois à tout le monde en même temps, mais il choisit souvent des couches spécifiques comme les agents des services publics, les seniors, les migrants, les chômeurs, les malades, etc. Au bout du compte, c’est nous tous qui nous retrouvons dans une situation épouvantable. Si une attaque fonctionne contre une couche spécifique de la population, elle peut ensuite plus facilement être généralisée. Quiconque veut s’opposer à ce gouvernement doit être inclus dans le plan d’actions qui, nous l’espérons, sera élaboré après le 2 octobre. Le défi est de taille : arrêter ce gouvernement !

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