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Campagne internationale contre la répression à Hong Kong

Le gouvernement de Hong Kong intensifie la répression. Sous l’influence de la dictature du Parti soi-disant communiste de Pékin, il a décidé d’interdire un parti politique. Le 17 juillet, les forces de sécurité ont annoncé l’interdiction du Parti national de Hong Kong (HKNP) au motif qu’il constitue une menace pour la sécurité de l’État et l’intégrité territoriale de la Chine. Cette décision repose sur une loi datant de l’époque de la domination britannique ! Il est à craindre que le HKNP ne soit pas le dernier à être interdit.

Par Stef (Anvers)

Après la fin de la domination britannique sur Hong Kong, en 1997, les droits démocratiques ont encore été réduits, contexte qui a alimenté un combat en faveur de la démocratie. Cette lutte se trouve actuellement dans une situation très difficile : les dirigeants chinois veulent y imposer un régime similaire à la dictature en vigueur sur le continent.

Les groupes politiques qui luttent pour la démocratie affrontent un establishment favorable à la domination de Pékin. En 2003, un premier projet de loi anti-subversion à verser dans la Loi fondamentale hongkongaise afin de prévenir toute émancipation de la Région administrative spéciale (RAS) vis-à-vis de Pékin a été balayé à la suite de protestations massives. Mais, depuis lors, ceux qui détiennent les rênes du pouvoir ne sont pas restés les bras croisés. La répression a franchi plus d’un cap ces derniers mois. Des parlementaires du camp pro-démocratie ont été évincés et interdit de participer aux prochaines élections. Des activistes étudiants ont été emprisonnés pour avoir participé à des manifestations pacifiques.

Le HKNP a été interdit en raison de ses positions en faveur d’un Hong Kong indépendant. Ce petit parti extrêmement raciste se situe dans la tendance politique hongkongaise du «localisme», une sorte de nationalisme anti-chinois. Il revendique la déportation de tous les habitants chinois vers le continent. Ne disposant que de quelques membres, le parti n’est pas très actif. Le HKNP a déjà été exclu des élections, il ne joue aucun rôle dans l’opposition aux autorités et ses positions racistes alimentent les divisions à Hong Kong, ce qui convient très bien à Pékin. Pourquoi cette interdiction alors ? La cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a suggéré que les partis prônant la fin du régime chinois pourraient également être interdits. Cette interdiction vise donc à constituer un précédent. La mesure pourrait par la suite être étendue pour sanctionner la lutte pour la démocratie. Le HKNP était une cible de premier choix pour lancer le processus. D’autres suivront. Cela peut également frapper l’organisation-sœur du PSL, Socialist Action, qui s’oppose au régime dictatorial chinois.

Le pouvoir de la dictature chinoise peut sembler insurmontable. Le pays dépense aujourd’hui 19% de plus pour sa sécurité intérieure que pour sa défense. L’appareil répressif s’est encore développé après l’entrée en fonction du président Xi Jinping. Les minorités sont opprimées au point que, dans la province du Xianjiang, 10% de la population musulmane ouïghoure locale vit dans un camp de rééducation. Les syndicats sont réprimés et les grèves illégales. Néanmoins, certains éléments éclaircissent la situation. L’an dernier, des grèves ont eu lieu simultanément dans 12 provinces, puis dans 13 provinces, de la part respectivement des grutiers et des camionneurs. Ces grèves ont touché des agglomérations d’une taille équivalente à Londres et Madrid ensemble. De telles grèves menées simultanément dans plusieurs provinces sont inédites en Chine. Le plus impressionnant est qu’elles ont été organisées via des groupes de discussion privés sur internet. Récemment, à Shenzen, au Sud de la Chine, les travailleurs de la société Jasic Technology sont entrés en grève pour exiger le droit de constituer leur propre syndicat.

D’autres campagnes remarquables ont vu le jour, notamment concernant les droits des LGBTQI+ . La campagne #Iamgay (je suis gay) lancée contre l’interdiction de tout «contenu homosexuel» sur la plus grande plateforme de blogs chinoise a ainsi engagé 500 millions de Chinois dans la contestation de cette censure, campagne couronnée de victoire. Même si la répression en ligne est particulièrement forte en Chine, elle n’a pas été capable d’enrayer le flot de protestations.

Ces mouvements sont d’une importance capitale pour la lutte démocratique à Hong Kong. Les dirigeants actuels du mouvement pro-démocratie, ceux de l’establishment, avalent défaite après défaite et la répression n’est pas le seul élément responsable de cet état de fait. Les partis de la classe capitaliste bloquent délibérément les mouvements. La ‘‘révolution des parapluies’’ de 2014 a par exemple partiellement échoué parce que les partis pro-démocratie craignaient de ne pas pouvoir garder sous contrôle des mouvements sociaux de masse. D’autre part, les capitalistes conservateurs qui ont une emprise ferme sur Hong Kong savent que la dictature est de leur côté. Les forces capitalistes du camp démocratique ont peur d’un mouvement social qui non seulement réclame des droits démocratiques, mais remette aussi en question leur position privilégiée. Le seul mouvement démocratique efficace repose donc inévitablement sur un programme socialiste combinant la lutte pour la démocratie à Hong Kong aux mouvements sociaux en Chine et à la fin de la dictature.

Vous désirez soutenir la lutte contre la répression à Hong Kong ? Signez la pétition sur : https://www.stophkrepression.net/

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