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A Chemnitz et ailleurs : stoppons les nazis et les racistes !

Les images sont choquantes : plus de 5.000 militants d’extrême droite ont manifesté dans le centre-ville de Chemnitz, en Saxe (Allemagne). Ils ont frappé des migrants, jeté des bouteilles et des pierres sur les manifestants, attaqué les journalistes. La police n’est pas prête ou pas en état de stopper les nazis.

Article de Steve Kühne, SAV (section allemande du Comité pour une Internationale Ouvrière)

Derrière cette mobilisation, il y a la mort tragique d’un homme de 35 ans lors d’un festival à Chemnitz. Le contexte de cette mort n’est pas clair. Un Syrien et un Irakien ont été arrêtés. Des rumeurs ont couru sur Internet concernant un deuxième cadavre. Il a été dit que la cause de la bagarre était que plusieurs femmes avaient été harcelées. La Fondation Antonio Amadeo (fondation allemande créée en 1998 pour lutter contre l’extrême droite, le racisme et l’antisémitisme, NDT) a par la suite précisé que tout cela avait été inventé pour créer une atmosphère de pogrom. Le journal Bild (quotidien allemand de type tabloïd qui a la plus forte diffusion en Allemagne et en Europe occidentale, NDT) a joué un rôle particulièrement important dans la diffusion de cette histoire de l’attaque d’Allemandes où trois Allemands seraient ensuite intervenus. Même la police a été forcée de nier cela.

Des groupes de droite comme ‘‘Chaotisch Chemnitz’’ ou ‘‘NS Jongens’’ sont immédiatement entrés en action, mais les populiste de droite de l’AfD (Alternative für Deutschland) étaient également présents pour appeler à des manifestations de rue le dimanche, le jour du crime. Environ un millier de personnes ont rejoint ce rassemblement à partir duquel des migrants et des antifascistes ont été attaqués. La police n’a pratiquement rien fait pour les contrer. Le lendemain, plus de 5.000 manifestants d’extrême droite s’étaient nationalement mobilisés.

La mort d’un homme à Chemnitz peut difficilement être considérée comme la véritable raison de cette orgie de violence. L’homme lui-même avait des origines cubaines et n’était certainement pas partisan de groupes tels que “Chaotisch Chemnitz”, « NS Jongens » ou l’AfD. En fait, à parti de son profil Facebook, on trouve des liens avec des groupes tels que ‘Die Linke Chemnitz’’ (la page de la section locale du parti de gauche Die Linke) ou ‘‘FCK NZS’’ (Fuck Nazis).

Il est inconcevable que le décès de la victime soit la seule raison de cette violence incontrôlable de la part de l’extrême droite. Même le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Saxe, Wöller (CDU), a dû admettre que la violence d’extrême droite a atteint un nouveau stade.

Saxe : les incidents de violence d’extrême droite s’accumulent

Le mouvement raciste Pegida a commencé à descendre dans les rues de Dresde en octobre 2014. Aujourd’hui, ces marches n’attirent plus qu’une fraction du nombre de personnes initial. Mais les groupes d’extrême droite se sont sentis renforcés. Comme le souligne l’ancienne présidente de l’organisation de jeunesse de l’AfD Franziska Schreiber dans son livre, l’AfD s’est attiré de nouveaux sympathisants lors des manifestations de Dresde. Le succès électoral obtenu par ce parti de même que les discours racistes de personnalités de premier plan ont renforcés la confiance des brutes d’extrême droite.

Durant ce mois d’août, un incident a eu lieu avec une équipe de tournage de la chaîne ZDF lors d’une manifestation de Pegida contre la chancelière Angela Merkel. Un responsable de la police a encourager des agents à entraver le travail des journalistes sous prétexte de contrôle. Cela montre à quel point l’appareil d’État de Saxe a été infiltré par l’extrême droite et les racistes. Il y a eu aussi eu le cas du juge Jens Meyer, qui siège maintenant au parlement régional pour l’AfD. Dans un de ses discours, il a fait l’éloge du parti néonazi NPD, qu’il qualifie de parti ayant toujours défendu les intérêts des Allemands. De tels incidents se produisent tous les jours en Saxe.

Il est clair que la lutte contre les racistes, les nazis et les populistes de droite ne peut être remportée qu’en nous organisant nous-mêmes. Nous ne devons pas compter sur l’appareil d’État pour faire quelque chose. Pour stopper l’extrême droite, il faut s’organiser et se mobiliser sur son lieu de travail, à son école ou à l’université, dans son quartier, etc. Il nous faut aussi nous organiser pour nous défendre de la violence d’extrême droite. Pour cela non plus, nous ne pouvons pas compter sur la police.

Le ministre saxon de l’Intérieur a déclaré faire pleinement confiance à la police. Des villes saxonnes telles que Heidenau, Bautzen, Freital, Colditz, etc. sont connues pour des faits de violence raciste. Des refuges pour demandeurs d’asile ont été incendiés, des agressions physiques ont été commises, etc. La liste des actes de violence est longue et effrayante. La police n’a joué un rôle sérieux pour mettre fin à la violence dans aucun cas. La droite a eu carte blanche, tandis que des opérations impressionnantes ciblaient les contre-manifestations de gauche.

L’AdD peut particulièrement trouver un écho dans des endroits où Die Linke est davantage perçu comme faisant partie de l’establishment, ce qui est clairement le cas en Allemagne de l’Est. Selon les dirigeants de l’AfD tels que Meuthen et Alice Weidel, les pensions devraient être entièrement entre les mains du secteur privé, alors que les personnes à faible revenu n’ont guère accès aux régimes de pension privés. Weidel est membre de la Fondation néo-libérale Hayek, dont l’objectif est de supprimer tout ce qui peut faire barrage à la volonté des grandes entreprises. L’AfD ne vise pas à enrayer la démolition sociale, ce parti veut au contraire sa poursuite, de façon bien plus radicale.

Nous pouvons vaincre !

Tout espoir n’est cependant pas perdu. Lorsque le mouvement fasciste des identitaires a organisé une manifestation à Dresde le 25 août, 400 personnes seulement ont répondu à leur appel tandis que 2.000 personnes participaient à la contre-manifestation. A l’occasion des élections législatives, les scores de l’AfD étaient plus faibles là où les sections de Die Linke sont plus combatives et plus offensives contre le racisme.

Le dernier mot de la lutte contre l’extrême droite n’est pas encore tombé. Les syndicats, Die Linke et les mouvements sociaux doivent prendre à bras le corps le combat antiraciste et le combiner à la défense d’une véritable alternative. C’est sur cette base que de grandes mobilisations sont possibles. En combinant les luttes pour plus de personnel dans les soins de santé, de meilleures écoles et contre l’AfD, il est possible de mettre en évidence les intérêts sociaux communs des travailleurs, indépendamment de leur couleur de peau, de leur origine ou de leur religion. Face au coût de la vie sans cesse plus insupportable, ceux qui sont nés en Allemagne ont les mêmes intérêts que la famille qui a fui la Syrie. Le racisme nous divise et, par conséquent, nous affaiblit. La solidarité, par contre, nous renforce et ouvre la voie vers la victoire.

– Stoppons les nazis et les racistes !
– Luttons ensemble contre l’austérité et contre le racisme !
– Que les syndicats et Die Linke combattent le danger de l’extrême droite !
– Pour la création de comités réunissant les syndicats, les mouvements sociaux et les groupes de migrants afin de contrôler la police !
– Pas de racisme ! Solidarité !
– Assez de ce système qui conduit aux inégalités et aux pénuries sociales ! A bas le capitalisme !

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