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Solidarité avec les grévistes de Ryanair !

Photo: Wikicommons

Déclaration de solidarité du Parti Socialiste de Lutte / Linkse Socialistiche Partij

(parti-frère du Socialist Party irlandais, de Socialistische Alternative Voran en Allemagne, de Socialistisch Alternatief au Pays-Bas et de Rättvisepartiet Socialisterna en Suède, tous membres du Comité pour une Internationale Ouvrière)

Le Parti Socialiste de Lutte suit avec grand intérêt et enthousiasme la lutte du personnel de Ryanair.

Ryanair abuse de chaque faiblesse dans la législation pour exploiter son personnel au maximum. La compagnie emploie son personnel selon le droit irlandais. Mais puisque la législation irlandaise ne permet aux travailleurs de se constituer de droits à la sécurité sociale que s’ils sont domiciliés en Irlande, les équipes belges travaillent sans se constituer de droits à la pension ou aux allocations de chômage. Le PSL soutient la revendication des syndicats et des associations de pilotes (Beca, EERC) en faveur de l’application de la législation du travail en vigueur dans le pays où on commence et finit le boulot et où on habite. C’est la seule manière de combattre la casse sociale des patrons qui font du shoping avec les différentes législations du travail. C’est aussi la seule manière de ne pas casser cette législation au niveau européen mais au contraire de l’harmoniser vers le haut.

Une multitude de statuts existent dans l’entreprise. Le moins attractif, selon le système des « contrats 0 heures », ne permet un salaire que si l’avion est en vol. Retard ? Nettoyage de l’appareil entre deux vols ? Pas de salaire. Presque 70% des pilotes travaillent sous statut d’indépendant. Parmi le personnel de cabine, qui doit essentiellement vendre, il s’agit surtout de contrats d’intérim, avec encore moins de sécurité et de protection. Des journées de travail trop longues mettent aussi en danger la sécurité des voyageurs. Le personnel, tant les pilotes que le personnel de cabine, en a marre des conditions de travail, de la pression extrêmement élevé et de la flexibilité. Le PSL soutient ces actions collectives, les tentatives réussies de les coordonner internationalement et l’obtention de droits syndicaux.

Sous pression de cette action et des précédentes, Ryanair et O’Leary ont déjà dû faire des concessions aux pilotes fin de l’année dernière et, après la grève du personnel de cabine, à « cette petite minorité avec ses revendications déraisonnables ». La menace de déplacer des avions d’Irlande vers la Pologne, ce qui menace 300 emplois, était l’un des détonateurs de cette grève au côté des mauvaises conditions de travail et de salaire ainsi que du refus de reconnaître les syndicats. Les provocations brutales d’O’Leary ne mènent plus à l’effet espéré, elles stimulent au contraire la résistance. Il a dû ravaler ses menaces contre le personnel de cabine en Belgique et sa tentative de faire interdire par un juge la grève au Pays-Bas a poussé l’association des pilotes du pays à rejoindre la grève. Le PSL est bien d’accord : il faut répondre à chaque provocation de la direction par l’action collective : la faiblesse stimule l’agression.

Après la grève des pilotes de l’an dernier, O’Leary s’est vu forcé de reconnaître les syndicats. Mais, ces 6 derniers mois, cette concession était peu visible, jusqu’à la grève du personnel de cabine. Il a alors promis de reconnaitre les syndicats en Belgique. Mais, depuis, les syndicats vont plus loin et le PSL soutient leur revendication d’également faire reconnaitre le syndicat au sein de Crewlink, pour que les conditions de travail du personnel employé via ce bureau puissent être améliorées. Dans la presse, on essaye de culpabiliser les voyageurs. « Consommer, c’est choisir » a ainsi écrit l’éditorialiste du Soir. O’Leary ne demande pas mieux : cela monte les voyageurs et le personnel les uns contre les autres. Lui-même peut s’envoler avec 3 millions d’euros de salaire et des bénéfices pour Ryanair qui augmentent d’année en année, jusqu’au montant incroyable de 1,5 milliard d’euros pour l’année passée ! Ce n’est pas le voyageur, mais la direction de Ryanair et ses actionnaires qui sont responsables des mauvaises conditions de travail ! Ryanair exploite le personnel, trompe le voyageur avec toutes sortes de frais non-annoncés et fait payer la collectivité en jouant les aéroports entre eux.

Qu’est-ce que le PSL a à voir avec tout ça ? Toute la construction européenne et tous les partis de droite jusqu’à la social-démocratie sont ou bien d’accord avec le modèle de Ryanair ou laissent faire en soupirant. « C’est carrément scandaleux, et indigne de l’Union européenne que des gens doivent encore mener des actions pour cela. Nous espérons que l’Union européenne prendra ses responsabilités », déclare le syndicat à juste titre. Mais tant que ces partis de droite et la social-démocratie sont ceux qui dictent leur loi, rien ne se passera. Nous avons besoin d’actions collectives, de droits syndicaux mais aussi de représentants qui défendent les intérêts des travailleurs avec autant d’acharnement que la droite défend ceux des patrons. Cela signifie aussi l’imposition légale de droits du travail et de salaires convenables, y compris la possibilité de les arracher par la saisie et par l’exploitation d’une société aérienne publique sous contrôle démocratique de la communauté et des travailleurs.

Voici ci-dessous une déclaration conjointe des députés irlandais de Solidarity et membres du Socialist Party Mick Barry, Ruth Coppinger et Paul Murphy

Strike – force Ryanair to make real changes

Last December Ryanair said it would recognise trade unions. But since, it has ducked, dived, delayed and continued to decline the rights to collective bargaining or to make any serious concessions on key outstanding issues that affect all staff across Europe, including agency work, poor conditions and bogus self-employment.

Ryanair is not primarily concerned about cheap airfares or the public good. In reality they mistreat their staff and their passengers with the sole goal of maximising profits. Michael O’Leary’s wage is already way above €3 million a year and Ryanair’s profit last year was an incredible €1.5 billion!

Ryanair is a flagship for bullying and super-exploitative capitalism. So Friday 10 August sees the fifth day of industrial action forced on Ryanair staff because of the complete intransigence of Michael O’Leary and Ryanair management.

Unprecedented action across Europe – making history

Ryanair are under pressure from this spreading solidarity action spanning Ireland, Belgium, Sweden, the Netherlands and Germany.

A victory for Ryanair workers would show workers everywhere that you can fightback against vicious anti-union bosses, including multi-national corporations. This is a vital battle.

Ryanair is determined to hold out and will use every dirty trick in the book. That’s why Ryanair workers need to be united and be given the full support of the trade union movement throughout Europe.

As members of the Socialist Party and Solidarity TDs in the Dail, we offer our full support to the Ryanair workers. Will assist in whatever way we can. In addition as part of the international socialist movement, the CWI, our sister parties throughout Europe are actively supporting your campaign. In solidarity we raise the following ideas for consideration:

  • No meaningful response from Ryanair, points to the need to escalate the action
  • Increase the number of strike days, up to and including the possibility of all-out action
  • Unite the workers – ensure that all cabin crew and pilots strike together
  • Bring together a rank and file workers council for Ryanair staff across Europe
  • Continue the action throughout Europe to maximise the pressure and the benefit for all Ryanair workers
  • Avoid divide and rule tactics – don’t make deals separately on a country by country basis
  • “Nothing is agreed until everything is agreed” – make sure acceptable agreements are achieved for all Ryanair staff in every country before action is ended
  • Call on the Irish Congress of Trade Unions, the union federations in the Netherlands, Sweden, Belgium and Germany, as well as the European Trade Union Confederation, to organise a complete trade union boycott of all Ryanair operations when its workers are on strike

An injury to one is an injury to all – Unity is strength

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