Pas touche à nos fins de carrière!

Le démantèlement de notre système de pensions est inscrit dans l’agenda politique depuis longtemps déjà. Politiciens, médias et représentants du patronat nous ont enfoncé dans le crâne que nos pensions sont impayables. Il est question de donner suite au Pacte des Générations de 2005, qui n’était selon eux pas assez fort. Entretemps, l’environnement économique a radicalement été modifié par la crise.

Tract du PSL

Pour les patrons, c’était l’occasion de claironner plus fort qu’il faudrait travailler plus longtemps. Cela ne les empêche pourtant pas de mettre à la porte des dizaines de milliers de personnes, dont bon nombre de plus de 50 ans.

Un quart des pensionnés sous le seuil de pauvreté

Notre système de pension doit être revu, c’est vrai. En octobre 2007, Le Soir écrivait déjà que l’allocation moyenne de pensions après impôts ne représentait plus que 64,4% du salaire moyen en Belgique. Un salarié pensionné reçoit en moyenne 976,13 euros par mois et, pour un indépendant, il s’agit de 767,91 euros, selon la FGTB. D’après l’enquête EU-Silc 2007 (portant sur les revenus 2006), 23 % des Belges de plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté, et disposent donc d’un revenu inférieur à 893€ par mois. Soit pas moins d’un pensionné sur quatre…

L’argument selon lequel ces retraites extrêmement basses sont impayables est un pur mensonge. La vérité, c’est que la multiplication des baisses de ‘‘charges patronales’’, a creusé des trous profonds dans les caisses de la sécurité sociale. Sans parler de la fraude fiscale, estimée à plus de 20 milliards d’euros au bas mot.

Nos fins de carrière sont en danger. Dans la note du formateur Di Rupo figure la déstructuration du système des pensions. Les périodes assimilées (chômage, prépension, maladie) risquent d’être remises en cause pour le calcul des pensions et l’âge de la pension est augmenté dans les faits par l’attribution de bonus par année de travail supplémentaire. Cette note comprenait aussi la proposition de diminuer l’enveloppe destinée à la liaison des allocations sociales au bien-être (de 400 millions d’euros à 240 millions).

Pour une riposte syndicale et politique

Récemment, lors d’une action de la FGTB wallonne devant le Parlement wallon, une lettre de protestation a été remise au secrétaire d’État à la lutte contre la pauvreté Jean-Marc Delizée et à la ministre wallonne de l’Action Sociale Eliane Tillieux. Tous deux sont membres du PS et ont affirmé qu’ils défendraient les pensionnés et les prépensionnés. Pourtant, le PS était lui aussi derrière le tristement célèbre  »Pacte de solidarité entre les générations ». D’autre part, le ministre des pensions Michel Daerden a prévenu dans son  »livre vert » sur les pensions qu’il était  »nécessaire » de s’en prendre aux fins de carrière. Il parlait de  »reporter l’âge effectif de la retraite de trois ans » en  »décourageant les mécanismes de départ anticipé à la retraite ».

La FGTB redoute l’austérité, et elle a bien raison. Il faut espérer que les actions de sensibilisation et de protestation qui ont pris place ces derniers temps ne soient que les premiers pas vers un plan d’action offensif destiné à repousser toute attaque contre notre niveau de vie et toute tentative de nous faire payer la crise. Mais ce ne sera pas suffisant. Tout comme la discussion avait été largement lancée en 2005, il faudra aussi sérieusement réfléchir au prolongement politique des revendications syndicales. Peut-on encore sérieusement croire que le PS se placera du côté des travailleurs ? Nous ne le pensons pas, et trouvons qu’il est dangereux d’entretenir la moindre illusion à ce sujet. Ce sentiment est d’ailleurs largement partagé. Mais, en l’absence d’une alternative de gauche combative, le PS pourra toujours jouer la carte du  »moindre mal ». La meilleure manière de riposter contre cet ‘argument’ est d’aborder la question de la construction d’un nouveau parti des travailleurs, d’une nouvelle force politique large et démocratique qui sera l’instrument politique de la base syndicale.

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