Le référendum historique visant à abroger le huitième amendement à la constitution irlandaise, qui équivaut à une interdiction quasi totale de l’avortement, a lieu ce 25 mai. Les citoyens irlandais voteront  » oui  » pour un avenir progressiste où le droit de choisir est enfin reconnu par la loi irlandaise, ou  » non  » pour une société encore dans l’ombre dans l’Église catholique répressive et misogyne.

Par Keishia Taylor, Socialist Party (section irlandaise du Comité pour une Internationale Ouvrière) et ROSA – Dublin.

Le mouvement féministe très militant et jeune qui lutte pour l’abrogation rompt avec la répression du passé. À chaque fois, l’establishment politique s’est opposé au droit à l’avortement et au mouvement pro-choix.

Le gouvernement a tout fait pour tenter d’éviter l’organisation d’un référendum. Ensuite, ils ont tenté de diluer les revendications pro-choix pour n’autoriser l’avortement que dans les « cas difficiles » comme les anomalies fœtales graves et une grossesse résultant d’un viol.

ROSA – Mouvement socialiste féministe( campagne sœur de la campagne ROSA en Belgique) a joué un rôle extrêmement important en défendant une position pro-choix sans compromis. Au sein de ROSA militent des membres du Socialist Party, y compris la députée Ruth Coppinger, figure importante du mouvement pro-choix.

ROSA a mis en évidence la question de l’utilisation des pilules abortives, prouvant que l’avortement a lieu tous les jours, malgré l’interdiction. Mais il ne se réalise pas avec un avec un encadrement médical sûr. Cela a poussé le référendum sur la problématique du droit de choisir.

L’énergie et l’enthousiasme de la jeunesse pour un vote en faveur du OUI correspondent à l’état d’esprit dominant, en particulier à Dublin. Les jeunes, les femmes, les LGBTQI+ et les travailleurs sont très favorables à l’abrogation.

Cependant, les anti-choix les plus arriérés sentant que leur contrôle des femmes leur échappe font preuve d’une grande agressivité. Les derniers sondages suggèrent une victoire du camp des pro-choix face à l’interdiction de l’avortement sexiste, mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers et nous ferons campagne jusqu’à la fermeture des bureaux de vote.

Gagner le droit à l’avortement serait une énorme victoire. Elle porterait un coup dur à l’Église conservatrice et répressive et à l’establishment capitaliste et constituerait un pas en avant important vers une séparation complète entre l’Église et l’État.