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Après la manif, poursuivons avec un vrai plan d’action !

Photo : Socialisme.be

Aujourd’hui, la participation sera scrutée à la loupe. C’est aussi ici et maintenant que sera déterminé le rapport de forces entre les travailleurs et leurs syndicats d’une part et les patrons et leur gouvernement de l’autre. Une participation modérée ou faible rendra plus difficile l’application de “pensions décentes prises à un âge digne”. En cas de forte participation, tout restera possible, mais seulement si nous n’en restons pas là et continuons avec un plan d’action sérieux.

Tract du PSL qui sera distribué à la manifestation en défense de nos pensions de ce 16 mai

Avant même que cette manifestation ne soit terminée, son ampleur sera contestée. Le gouvernement et le patronat minimiseront la participation. Les médias se concentreront sur les embouteillages. Quant aux chiffres de la police, ils auront été décidés avant même que nous arrivions à Bruxelles. Aucun effort ne sera négligé pour saper la résistance au démantèlement des pensions.

Nous sommes néanmoins confiants que nous serons très nombreux. Le journal des pensions, tiré à plus d’un million d’exemplaires, fut une merveilleuse initiative ! Malheureusement, aucune formation syndicale spécifique, aucune concentration et aucune assemblée du personnel n’y a été couplée. Les inquiétudes sont pourtant nombreuses concernant nos pensions et, cette fois-ci, les syndicats agissent ensemble. Chacun présent aujourd’hui connaît des collègues qui auraient aimé être là, mais qui en ont été empêchés par une maladie, un congé ou quoi que ce soit d’autre. De plus, derrière chaque manifestant, il y en a des douzaines d’autres qui sont d’accord avec nous mais qui, pour une raison quelconque, ne manifestent pas (encore) à nos côtés.

Notre travail ne sera pas terminé après cette manifestation. Même avec une participation massive, le gouvernement, le patronat et leurs médias-amis nous bombarderont de propagande gouvernementale afin de renverser la pression. Nous ne pouvons pas rester sans réagir. Nous ne serons que peu – voire pas du tout – écoutés dans les médias, mais sur notre terrain, au travail, à la porte des entreprises, aux cantines ou au cours d’assemblées du personnel, nous pouvons nous-mêmes rendre compte de la manifestation et de la manière dont nous pensons que les choses doivent se poursuivre. Les syndicats peuvent nous soutenir avec un nouveau mot d’ordre et un tract de masse.

Si nous sommes vraiment nombreux, le gouvernement essayera d’apaiser les dirigeants syndicaux avec de petites concessions sur certaines périodes assimilées ou en augmentant légèrement le montant pour les professions lourdes. Ne nous laissons pas piéger. Le gouvernement et les patrons craignent surtout une réédition du plan d’action de 2014, avec réunions du personnel, concentrations syndicales, davantage de manifestations et, surtout, des grèves régionales et nationales. Cela avait fait vaciller le gouvernement en décembre 2014, mais les dirigeants syndicaux ont malheureusement reculé ensuite. L’espoir que le gouvernement se tempère s’est avéré n’être qu’une illusion. Depuis lors, nous avons dû avaler des mesures antisociales les unes après les autres. Les élections représentent un moment important, mais suspendre la lutte sociale en croyant que le gouvernement sera puni dans les urnes est une stratégie dangereuse et contre-productive.

Les mesures gouvernementales signifient essentiellement devoir travailler de plus en plus longtemps pour des pensions encore plus basses que les actuelles, déjà parmi les plus modestes d’Europe. Par conséquent, un tiers des pensionnés vivent sous le seuil de pauvreté. Le gouvernement belge dépense proportionnellement moins pour les pensions que ceux des pays voisins. Même si l’ensemble du programme des syndicats devait être mis en œuvre, la Belgique dépenserait toujours proportionnellement moins pour les pensions que la France ou l’Autriche par exemple. L’augmentation des profits des entreprises de l’an dernier suffit à elle seule à payer la totalité du programme des syndicats sur les pensions.

Le potentiel existe pour un puissant mouvement, non seulement en ce qui concerne les pensions, mais aussi contre la charge de travail insoutenable, comme en témoignent la victoire des grèves spontanées chez Lidl ou les grèves chez B-Post, Brussels Airlines, les fonctionnaires fédéraux et d’autres. La pleine réalisation de ce potentiel exige une préparation minutieuse à tous les niveaux.

Ce que veulent les syndicats :

  1. Le retour à l’âge légal de la pension à 65 ans ;
  2. Un régime solide et juste pour les métiers lourds et le travail pénible ;
  3. 1.500 € de pension garantie ;
  4. De meilleures pensions légales : 75 % du salaire moyen (au lieu de 60 % actuellement) ;
  5. L’alignement du plafond de calcul des salariés sur celui des indépendants ;
  6. Une meilleure prise en compte du travail à temps partiel pour la pension ;
  7. La liaison automatique des allocations au bien-être.

Les dirigeants syndicaux savent aussi bien que nous que l’obtention de ces revendications nécessite une majorité de gauche prête à rompre avec la politique d’austérité permanente de ces gouvernements et des gouvernements précédents et qui nous est imposée par l’Europe. Pour prendre ces revendications au sérieux, les syndicats doivent soutenir activement les partenaires qui veulent les traduire politiquement et rompre les liens entretenus avec ceux qui ne sont pas prêts à le faire. Cependant, pour consolider ces revendications, il nous faut également une société qui produit pour les besoins de la grande majorité de la population et non pour les profits d’une poignée de capitalistes qui récompensent généreusement leurs représentants politiques pour services rendus.

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