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Luttons pour l’égalité des personnes trans !

En Flandre, fin janvier, Bo Van Spilbeeck, personnalité connue du monde des médias, a déclaré ‘‘À partir de demain je serai Bo. J’ai pris la décision de dorénavant traverser la vie en tant que femme’’. L’attention médiatique et les réactions positives qui ont fait suite à cette annonce sont réconfortantes. Il y a quelques décennies, cela aurait été impossible. Un très clair changement a pris place dans l’opinion publique. Seuls quelques étudiants d’extrême droite se sont offusqués. Les problèmes que cela soulève sont cependant bien plus vastes. Le fait que Bo Van Spilbeeck reçoive tant d’attention indique en soi que la transition de genre est toujours considérée comme ‘‘inhabituelle’’. En outre, l’ouverture accrue dans la société n’élimine hélas pas la discrimination et d’autres problèmes. Intensifions le combat pour l’égalité des personnes trans !

Les personnes transgenres sont toujours constamment confrontés à l’incompréhension, aux discriminations et à la violence. Cela est évidemment source de stress et d’exclusion, ce qui se traduit notamment par des taux de suicide et de dépression extrêmement élevés. Les recherches menées en 2009 montrent que 62% des transgenres en Belgique ont eu des pensées suicidaires et que 22% ont attenté au moins une fois à leur vie. A l’échelle internationale, 30 à 60 % auraient tenté de se suicider. En outre, 53 % des transgenres sont victimes de discrimination dans leur recherche d’emploi. Dans le monde entier, une personne est assassinée tous les trois jours parce qu’elle est transgenre. Des mesures ont été prises contre les discriminations, mais il reste encore beaucoup à faire.

Si nous voulons améliorer la vie des personnes dont l’identité de genre ne correspond pas à celui assigné à la naissance, lutter contre la violence à l’égard des personnes LGTBQI+ (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes) et réduire les taux élevés de suicide parmi cette communauté, nous devons construire un mouvement social qui lutte activement contre la transphobie et peut ainsi remédier à l’exclusion. En Flandre, la reconnaissance officielle de groupes étudiants réactionnaires (KVHV, NSV,…) a permis à leur message transphobe de trouver une entrée dans les médias. Pourquoi des subventions publiques sont-elles accordées pour répandre un message de haine parmi les étudiants ? Nous refusons de laisser la haine et la discrimination s’exprimer ainsi !

Les écoles doivent disposer de ressources suffisantes pour dispenser une éducation sexuelle qui ne soit pas hétéro-normée et qui tienne compte des questions de genre et d’égalité entre les sexes. Cela nécessite davantage de moyens pour l’enseignement.

Il en va de même pour les soins de santé. Des investissements doivent être faits pour permettre le remboursement intégral du traitement par l’assurance maladie pour les personnes atteintes de dysphorie de genre (pour les hormones et les opérations nécessaires par exemple). Davantage de ressources doivent être investies dans l’assistance aux personnes qui connaissent une dysphorie de genre afin que les longues périodes d’attente au sein d’une ‘‘équipe de genre’’ puissent être prises en compte. Actuellement, des économies sont réalisées dans le secteur des soins de santé, ce qui a donné lieu à des actions de protestations de la part du personnel (ce que l’on appelle la ‘‘colère blanche’’). Nous ne voulons pas de transfert de moyens d’un secteur à l’autre, nous voulons davantage de ressources pour les soins afin qu’il y ait suffisamment de personnel pour prodiguer de bons soins.

La discrimination à l’encontre des personnes LGBTQI+ se poursuit sur le marché du logement, celui de l’emploi et dans la vie quotidienne. Le meilleur moyen d’y remédier est de trouver des réponses aux déficits sociaux: un projet massif d’investissements publics dans les logements sociaux, par exemple, peut réduire tous les loyers et donner le ton pour un marché du logement sans discrimination.
Pour vivre dans une société débarrassée de la transphobie, nous devons lutter pour l’acceptation de toute la diversité possible des formes familiales, et pas seulement de la famille nucléaire hétéro-normative. Cette bataille est inextricablement liée à la lutte contre le système capitaliste pour qui la cellule familiale traditionnelle est un moyen d’accroître la main-d’œuvre et d’individualiser les tâches domestiques qui pourraient être prises en charge par la société.

La lutte contre la transphobie est indissociable de la solidarité plus large avec la communauté LGBTQI+. Il s’agit d’un point de départ crucial pour la poursuite des discussions sur le programme nécessaire afin de combattre toutes les formes de discrimination.

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