La Poste. Lutter contre l’absentéisme ou contre les acquis sociaux?

Les négociations pour la nouvelle convention collective de travail vont bon train à La Poste. comme c’est trop souvent le cas de nos jours, c’est la direction qui tente d’imposer son propre cahier de revendications à des syndicats sur la défensive. Elle veut relever le taux d’emplois à La Poste par tous les moyens possibles.

Un correspondant

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Erratum Alternative socialiste septembre 2005 Un postier attentif a attiré notre attention sur 2 erreurs qui se sont glissées malencontreusement dans l’article sur La Poste. L’avant-dernier paragraphe se termine ainsi: "Elle oublie que La Poste a également profité du système: les agents décédés ou licenciés ont laissé à l’entreprise tous les jours de congé qu’ils avaient accumulés". Ce n’est pas vrai. Ces jours ont été payés aux membres du personnel concernés, y compris en cas de licenciement. Si un membre du personnel vient à décéder, ces jours sont payés aux héritiers.

On peut lire dans le paragraphe qui suit: "Non seulement l’âge minimal pour partir en prépension serait relevé de 56 à 57 ans, mais l’agent ne pourrait le faire qu’après 35 ans de carrière au lieu de 30 aujourd’hui". Ce n’est pas totalement correct non plus. La possibilité pour les postiers de partir en prépension à 56 ans moyennant 30 années de carrière était une mesure d’exception prévue dans l’accord-cadre 2001-2004, qui allait de pair avec l’introduction de georoute. Il n’y a rien de prévu pour 2005 en matière de prépension. Dans sa proposition d’accord pour la CCT 2005-2006, la direction veut accorder la prépension à 57 ans pour ceux qui ont 40 ans de service (dont 35 ans de distribution), ou à 58 ans pour ceux qui ont 35 ans de service (quel que soit le nombre d’années de distribution). La mesure d’exception, en vertu de laquelle certaines catégories du personnel pouvaient partir en prépension à 56 ans en 2004, n’est plus reprise.

Sous prétexte de lutter contre l’absentéisme, la direction propose d’instaurer une sorte de “prime de présence” pouvant aller jusqu’à 3000 euros bruts pour les agents qui n’ont jamais été malades.

Et de citer des chiffres alarmistes: le taux d’absentéisme est de plus de 9% à La Poste contre 5% dans le privé et moins de 4% dans une entreprise publique comparable telle que la SNCB. La direction veut réduire ce taux à 7%. Pour y arriver, elle alterne les mesures “douces” (campagnes de sensibilisation du personnel) et les mesures coercitives telles que des contrôles à domicile par une société privée.

Il y a pourtant des raisons objectives au taux d’absentéisme relativement élevé à La Poste. D’abord, il faut relever que les chiffres d’absentéisme de La Poste incluent toutes les absences, y compris les jours de grève. Si le privé appliquait la même méthode de comptabilisation, le taux d’absentéisme officiel y serait plus élevé.

Surtout, les conditions de travail se sont nettement dégradées à La Poste ces dernières années avec la libéralisation du secteur. La Poste doit désormais être rentable, ce qui implique de comprimer les coûts du personnel. Les agents qui partent à la retraite ne sont plus remplacés, les nouveaux engagés le sont sur base de contrats à durée déterminée, voire de contrats d’intérim.

La réforme du système de tournées des facteurs (géoroute) a considérablement augmenté la pression du travail. On supprime de plus en plus de services, de telle sorte qu’il n’est pas rare qu’un agent doive cumuler deux ou trois services. Le manque de personnel conduit l’entreprise à reporter sans cesse l’octroi des jours de congé auxquels le personnel a pourtant droit. La Poste totalise un arriéré de pas moins de 11 millions d’heures de congé. Plutôt que d’engager du personnel supplémentaire pour résorber cet arriéré, La Poste propose de… modifier le système des jours de congé. Aujourd’hui, le personnel statutaire a droit à 21 jours de salaire complet au titre de congés de maladie qu’il peut cumuler d’année en année. La direction de La Poste propose de le supprimer en échange de la prime ci-dessus. Un vrai marché de dupe qui verrait La Poste apurer à bon compte son arriéré de jours de congé en échange d’une misérable prime.

La direction a beau jeu de dénoncer le caractère pervers du système qui conduit des agents à économiser des jours de congé pour partir plus tôt à la retraite. Elle oublie que La Poste a également profité du système: les agents décédés ou licenciés ont laissé à l’entreprise tous les jours de congé qu’ils avaient accumulés.

De plus, la direction veut restreindre l’accès à la prépension. Non seulement l’âge minimal pour partir en prépension serait relevé de 56 à 57 ans, mais l’agent ne pourrait le faire qu’après 35 ans de carrière, au lieu de 30 au-jourd’hui. Autant dire que les agents qui n’ont pas travaillé toute leur vie à La Poste peuvent faire une croix sur tout départ anticipé.

Face à cette offensive de la direction contre les acquis du personnel, les syndicats doivent faire preuve de la même détermination à les défendre. Il faut refuser toute restriction au droit à la prépension; il faut refuser le marché de dupe sur les congés de maladie. Les syndicats devraient organiser des assemblées du personnel en septembre pour expliquer la véritable nature des propositions de la direction et proposer un plan d’action pour imposer l’engagement de personnel supplémentaire et la fin des contrats précaires.


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Un postier attentif a attiré notre attention sur 2 erreurs qui se sont glissées malencontreusement dans l’article sur La Poste. L’avant-dernier paragraphe se termine ainsi: "Elle oublie que La Poste a également profité du système: les agents décédés ou licenciés ont laissé à l’entreprise tous les jours de congé qu’ils avaient accumulés". Ce n’est pas vrai. Ces jours ont été payés aux membres du personnel concernés, y compris en cas de licenciement. Si un membre du personnel vient à décéder, ces jours sont payés aux héritiers.

On peut lire dans le paragraphe qui suit: "Non seulement l’âge minimal pour partir en prépension serait relevé de 56 à 57 ans, mais l’agent ne pourrait le faire qu’après 35 ans de carrière au lieu de 30 aujourd’hui". Ce n’est pas totalement correct non plus. La possibilité pour les postiers de partir en prépension à 56 ans moyennant 30 années de carrière était une mesure d’exception prévue dans l’accord-cadre 2001-2004, qui allait de pair avec l’introduction de georoute. Il n’y a rien de prévu pour 2005 en matière de prépension. Dans sa proposition d’accord pour la CCT 2005-2006, la direction veut accorder la prépension à 57 ans pour ceux qui ont 40 ans de service (dont 35 ans de distribution), ou à 58 ans pour ceux qui ont 35 ans de service (quel que soit le nombre d’années de distribution). La mesure d’exception, en vertu de laquelle certaines catégories du personnel pouvaient partir en prépension à 56 ans en 2004, n’est plus reprise.

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