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Solidarité avec Mounir et Jiyed! Contre le racisme du gouvernement, la solidarité des travailleurs

Lors de la journée de grève de la CGSP du 27 février, le piquet de grève de l’hôpital Brugmann à Bruxelles s’est montré solidaire de Mounir et Jiyed.

Vendredi 9 février, en fin d’après-midi, des artistes se trouvaient à l’ASBL Globe Aroma (maison des arts) pour préparer une exposition pour le soir-même au centre d’expo ‘‘Carte de visite’’, en plein centre-ville de Bruxelles. Sept sans-papiers ont alors été arrêtés et emmenés au Commissariat Fédéral, cinq d’entre eux seront relâchés dans la nuit, deux envoyés au 127bis, le centre fermé bruxellois.

Par Pietro, Bruxelles

Un cap supplémentaire a été franchi dans la lutte frénétique du gouvernement fédéral contre les personnes migrantes, les sans-papiers et réfugiés, ainsi que contre tous les travailleurs et maintenant contre les associations culturelles et sociales.

Ce soir-là, plusieurs combis de policiers ont débarqué dans l’ASBL, en prétextant une opération conjointe de la police fédérale, de l’office des étrangers et du ministère de l’intérieur nommé ‘‘belfi’’ dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

D’après les témoignages, il semblerait que l’attention de la direction ait été détournée par le contrôle administratif de l’inspection sociale ce qui a permis que les policiers puissent mener une opération de contrôles et d’arrestations des personnes à l’intérieur de l’ASBL.

Voilà la mise en pratique de la politique de ce gouvernement, qui utilise les contrôles sociaux des ASBL ou l’excuse de lutte contre le terrorisme pour criminaliser et terrifier les migrants et les travailleurs sociaux. Le gouvernement montre son vrai visage raciste via ses méthodes brutales contre les migrants.

Il s’agit là d’un changement qualitatif dans la politique de répression raciste envers les sans-papiers et les migrants. Alors que le gouvernement propose de faire voter une loi sur les visites domiciliaires, les sans-papiers ne sont déjà plus en sécurité dans les associations !

Pour appliquer leur politique, Michel et Franken utilisent les migrants comme boucs émissaires afin de diviser la population et de semer le racisme et la peur dans le but de poursuivre son offensive austéritaire contre les jeunes, les travailleurs et les pensionnés.

Pour le gouvernement, les seuls problèmes dans la société sont les immigrés, les syndicats et les plus démunis, pas la soif de profits ainsi que les actionnaires qui ne contribuent pas à la richesse collective.

Mounir : ‘‘Fier d’être travailleur’’

Parmi les deux sans-papiers enfermés, l’un est Jiyed, l’artiste qui devait présenter ses œuvres au centre d’exposition et qui n’a pas pu s’y rendre. L’autre est Mounir, un militant syndical du Comité des Travailleurs avec et Sans-Papiers de la CSC, actif en Belgique depuis une dizaine d’années.

Mounir, qui a participé aux mouvements de 2008, a été régularisé par la circulaire de 2009 via le critère travail. Il a travaillé pour Abay Construct, un sous-traitant d’Atalian Cleaning Services SA, un sous-traitant du Foyer anderlechtois de juin 2008 à décembre 2012. Il était payé en-dessous du salaire minimum et n’a pas perçu 4 mois de salaire. Il a perdu tous ses droits de séjour parce que l’employeur a profité des failles des procédures légales en matière d’occupation des étrangers.

Au téléphone, Mounir nous affirme : ‘‘Je suis fier d’être un travailleur. On se bat aux côtés des autres camarades, pour pouvoir aussi contribuer à la sécurité sociale comme tout le monde. Mais les patrons nous exploitent et le gouvernement nous traite comme des criminels. Enfermer une poignée d’entre nous et continuer à exploiter des milliers d’autres ne résout la situation de personne. Mais je garde espoir, grâce à la solidarité et la mobilisation’’.

Mounir est un cas parmi tant d’autres et nous dénonçons cette instrumentalisation des travailleurs ainsi que le dumping social inhérent au système de sous-traitance. C’est la logique du système capitaliste.

Le Comité des travailleurs et travailleuses sans-papiers de la CSC et Mounir avaient mobilisé les délégués du secteur pour exiger sa réintégration ainsi que l’obtention d’un permis de travail qui aurait permis de régulariser sa situation.

‘‘Ce système d’exploitation est monnaie courante pour les quelques 100.000 travailleurs et travailleuses sans-papiers qui vivent en Belgique’’ nous explique Eva Maria Jimenez Lamas, permanente à la CSC Bruxelles-Halle-Vilvorde. ‘‘Ça arrange beaucoup les patrons abuseurs, même des opérateurs publics, de profiter de la législation pour avoir recours à la sous-traitance de statuts précaires, de travailleurs détachés, d’intérimaires, voire de sans-papiers. Vu l’absence d’emplois en suffisance, la concurrence entre les gens est tellement forte que les patrons se permettent de baisser les salaires et d’exposer l’ensemble des travailleurs à des conditions indignes. Ils profitent de la précarité liée à l’absence de titre de séjour valable. Nous nous battons tous les jours pour les droits de tous les travailleurs, pour des salaires et des conditions de travail décents pour toutes et tous. Car c’est dans l’intérêt de tout le monde, travailleurs et travailleuses d’ici ou d’ailleurs, intérimaires et salariés, d’avoir des normes élevées qui garantissent des droits égaux. C’est la seule arme contre le dumping sociale.’’

Comment avancer?

La seule réponse possible pour lutter contre le racisme de la politique de droite de ce gouvernement est de coupler la lutte pour les droits civiques, la régularisation des sans-papiers et un vrai droit d’asile au combat pour arracher les moyens nécessaires pour satisfaire les besoins de la majorité de la population, des jeunes et des travailleurs de ce pays, sans distinction.

C’est sur cette base que le PSL a soutenu l’initiative du front commun syndical de mettre pression sur le premier ministre Charles Michel via un sit-in permanent au carrefour Arts-Loi à Bruxelles avec la présence des militants syndicaux et associatifs.

De plus en plus de délégués syndicaux doivent être impliqués dans la lutte contre cette politique migratoire pour stimuler la solidarité de classe et exiger la libération de Mounir et de Jiyed. Le PSL demande la libération immédiate des militants sans-papiers, la suppression des centres fermés, la régularisation de tous les sans-papiers et soutient une grève du secteur culturel en solidarité. Ce n’est qu’avec la construction d’un rapport de force contre le racisme et les politiques d’austérité de ce gouvernement que nous pourrons construire les bases d’une nouvelle société.