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Soudan. Protestations grandissantes contre la dictature

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le Soudan mais, on ne mentionne qu’à peine la résistance croissante qui s’y développe contre le régime. Ces dernières semaines, plusieurs actions et manifestations ont eu lieu contre le nouveau cadre budgétaire, ce qui a poussé le gouvernement d’Al-Beshir à durement réprimer la population.

Par Thomas (Anvers), article tiré de l’édition de février de Lutte Socialiste

Le budget de 2018 n’a pas été présenté avant la toute fin de l’an dernier. Sans surprise, son contenu était désastreux pour la majorité de la population. Les subventions qui permettent de baisser les prix des denrées de base et de l’énergie devraient être progressivement supprimées. Malgré la fin de la guerre, 20 milliards de livres soudanaises sont réservés à l’armée et à la sécurité, contre 8 milliards seulement pour l’enseignement et les soins de santé. Dans un pays où le peuple aspire à enfin connaitre des améliorations de ses conditions de vie, ce budget est une insulte.

Nombreux sont ceux à avoir estimé que leur sort sortirait amélioré de la suppression des sanctions économiques des États-Unis et de la fin de la guerre. Les subventions des autorités pour le carburant avaient déjà été diminuées en 2012. Sous injonction du Fonds monétaire international (FMI), ce processus doit être renforcé et élargi à d’autres produits. D’autre part, le régime n’hésite pas à recourir à l’imposition d’amende de façon totalement arbitraire pour remplir ses caisses en fin d’année, particulièrement dès lors qu’il s’agit des tenues des femmes, sanctionnées pour ‘‘trouble de l’ordre public’’. Le problème est considérable: dans la seule région de la capitale, Khartoum, il y a eu 40.000 amendes pour ‘‘trouble de l’ordre public’’ en 2017.

Le gouvernement essaie d’améliorer sa position sur la scène internationale en louvoyant entre les grandes puissances. Al-Beshir s’est ainsi rendu à Moscou et a reçu le président turc, à qui l’on avait promis la gestion d’une ville portuaire sur la mer Rouge. D’autre part, les tensions entre le pays et l’Égypte ainsi que l’Arabie saoudite sont grandissantes. Le rôle brutal de l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen a déjà provoqué des troubles au Soudan.

Le président Al-Beshir entend rester à la tête du pays avec un troisième mandat en 2020, même si cela nécessite de changer la Constitution. L’énorme appareil répressif du régime tente d’écraser toute opposition ou acte de résistance. Les manifestations qui ont eu lieu au début de cette année, malgré les circonstances difficiles, ont déjà fait plusieurs morts. Les dissidents et militants syndicaux sont détenus sans procès. Les journaux critiques ont été fermés.

C’est avec ce régime que Theo Francken veut travailler pour identifier les réfugiés soudanais et les renvoyer là-bas. Nous défendons le fait d’assister les travailleurs et les pauvres en lutte contre la dictature d’Al-Beshir. La petite organisation-sœur que nous avons au Soudan défend la lutte indépendante des travailleurs et des pauvres pour un changement socialiste de société. Une bonne organisation de la résistance et un programme de changement réel sont nécessaires. Notre solidarité à l’égard de la lutte au Soudan peut contribuer à la renforcer.

 

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