Capitalisme = Crise – Leurs remèdes ne fonctionnent pas

Le spectre de la récession est de retour. Les milliards d’euros et de dollars consacrés aux stimuli et à la reprise de la dette des banques n’ont fait que repousser la crise. Une nouvelle phase de ralentissement de la croissance mondiale arrive, et risque de donner à nouveau de belles claques aux travailleurs, partout à travers le monde.

Par Els Deschoemacker

Le capital vogue vers de soi-disant refuges, que ce soient les francs suisses, l’or ou les obligations d’État américaines ou allemandes. La population n’a pas cette alternative. Elle fait face à un choix : accepter que les politiciens capitalistes éliminent la dette en compromettant gravement leur niveau de vie ou contre-attaquer.

Aucune perspective agréable ne nous attend. En août, les quartiers défavorisés anglais ont concrètement illustré à quoi peuvent conduire la pauvreté et le manque de perspectives d’avenir. Là-bas s’est produite une explosion de frustration et de violence de la jeunesse, avec des pillages dans des quartiers ouvriers où les ménages ont déjà bien du mal à nouer les deux bouts.

Depuis que la crise a éclaté en 2008, les capitalistes sont à la recherche de remèdes. Mais tout ce qu’ils ont trouvé pour tenter de soigner ce système malade a échoué. Les autorités ont massivement repris les dettes privées du monde financier, mais elles sont maintenante obligés – par ce même monde financier – à lourdement économiser sur les dépenses sociales afin de s’acquitter de leurs dettes. Ces économies entraînent une nouvelle récession, et davantage de dettes en conséquence. La patience de la société envers l’élite politique et financière touche progressivement à sa fin. Cette élite sent la pression. Quelques milliardaires, dont Warren Buffet, disent même qu’ils veulent payer plus d’impôts.

Cette réaction n’est pas spécialement inspirée par la frayeur d’explosions sociales telles que celles de Londres, mais surtout par la peur d’une riposte massive et organisée de la classe ouvrière américaine et européenne. Quand les milliardaires disent ‘‘ faites- nous payer’’, à vrai dire, ils disent surtout ‘‘ faites-nous AUSSI payer’’. Afin de mieux faire passer la pilule à la population, ils sont prêts à y aller un peu de leur poche.

Une contribution des riches et des super-riches pourrait, peut-être et temporairement, tempérer la pression, et nous ne sommes bien évidemment pas contre. Chaque euro que nous pourrons trouver, nous irons le chercher.

Mais nous ne pouvons pas nous laisser duper ainsi. Cela ne résoudra pas la crise ni ne préservera la classe ouvrière d’une destruction drastique et structurelle de ses acquis sociaux, au contraire. Cette mesure a pour but d’être un moyen d’éviter tout trouble social afin de préserver leur système tout en faisant finalement payer la classe des travailleurs. Celle-ci n’a pas d’autre choix que de se battre pour se défendre et de lutter pour de véritables solutions, comme la nationalisation de l’entièreté du secteur financier ainsi que d’autres secteurs-clé de l’économie.

Les ‘‘indignado’s’’ (les ‘‘indignés’’ qui ont occupé les places espagnoles) ont appelé à la tenue d’une journée d’action internationale le 15 octobre contre la dictature des marchés et la politique d’austérité imposée par la troïka de l’Union Européenne, du FMI, et de la Banque Centrale Européenne.

Les jeunes et les travailleurs de Belgique doivent se saisir de cette journée d’action pour assurer que le gouvernement, qu’il soit en affaire courante ou non, ne répercute pas la crise sur notre dos. Nous devons nous préparer, nous mobiliser et montrer au grand jour la force de la classe ouvrière, de préférence en un mouvement des travailleurs coordonné à l’échelle européenne, afin de mettre le holà à l’austérité de la troïka.

Pour cela, il est nécessaire de nous battre afin de faire des syndicats de véritables instruments de lutte, de construire et de développer nos propres instruments politiques, mais avant tout de ne pas éviter le débat concernant l’alternative au capitalisme, le socialisme, et la manière dont cet objectif peut être atteint.


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